L’état de santé des entreprises
Les PME sortent la tête de l’eau. Après les améliorations observées en septembre, la situation des entreprises est différente chez les PME et les TPE. Alors que les PME confirment l’embellie et retrouvent des niveaux comparables à septembre voire juin 2009, les TPE font état de situations plus difficiles et semblent toujours en situation de crise.
Le regard des dirigeants sur l’évolution de la situation de leur entreprise, au cours de l’année écoulée comme au cours des trois derniers mois varie fortement selon la taille de l’entreprise. Pour 30% des dirigeants de PME, la situation de leur entreprise est meilleure qu’il y a un an (+15 points) et moins bonne pour 34% (-23 points). Leurs perceptions retrouvent ainsi le niveau de mai 2008. Ils sont aussi beaucoup plus nombreux à juger que la situation de leur entreprise s’est améliorée au cours des 3 derniers mois (27%, +11 points). A contrario, les TPE ne sont que 12% à trouver la situation de leur entreprise meilleure qu’il y a un an (-8 points). 10% estiment qu’elle s’est améliorée au cours des trois derniers mois (-3 points) et 36% qu’elle s’est détériorée (+8 points). De même, les situations des TPE et PME en termes de trésorerie et de rentabilité sont différentes : en légère progression chez les PME, puisque respectivement 68% (+3 points) et 50% (+3 points) les considèrent satisfaisantes. En recul s’agissant des TPE : la trésorerie est satisfaisante pour 46% (-4) et la rentabilité pour 43% (-5 points).
Malgré leurs divergences de situations actuelles, les PME et les TPE partagent un manque d’optimisme à court terme. Le pessimisme gagne parmi les TPE, les PME étant quant à elles plutôt prudentes. En revanche, à plus longue échéance (six mois, un an), les perspectives semblent meilleures et les chefs d’entreprises plus optimistes.
Petite rechute de pessimisme, quelle que soit la taille de l’entreprise: 57% des dirigeants sont pessimistes quant à l’évolution de leur secteur d’activité (+3 points). Après les progressions enregistrées en septembre, 18% des dirigeants pensent que la situation de leur entreprise se détériorera dans les trois prochains mois (+4 points), et 12% qu’elle s’améliorera (-5 points)
En revanche, sur les perspectives à plus long terme, les chefs d’entreprise sont plus confiants. Leurs perspectives à un an sont globalement stables, puisque 60% des PME (-1 point) et 50% des TPE (-2 points) sont optimistes. Quant aux perspectives d’investissement elles croissent timidement mais sûrement depuis juin 2009 : 48% des PME (+19 points par rapport à juin 2009) et 17% des TPE (+3 points) ont prévu d’investir dans les six mois à venir.
Les entreprises et l’emploi
La position des PME et TPE par rapport à l’emploi reste frileuse. Les entreprises avec salariés envisagent moins de diminuer leurs effectifs mais restent prudentes et ne sont pas dans une dynamique d’embauche. Pourtant, on voit une certaine sensibilité à des facteurs externes (notamment les exonérations de charges sociales) qui pourrait présager d’une amélioration prochaine.
Les entreprises qui envisagent d’augmenter leurs effectifs sont encore très minoritaires. Parmi les entreprises avec salariés, 14% des PME (+1 point) et 7% des TPE (-1 point) pensent embaucher au cours des trois prochains mois. Il en est de même pour les entreprises sans salariés : seules 2% d’entre elles prévoient une embauche dans les trois prochains mois (-1 point), et à long terme, elles sont moins nombreuses qu’en septembre (24%, -9 points).
Malgré tout, les entreprises avec salariés ne prévoient pas plus de diminuer leurs effectifs (14%, -5 points). Les entreprises qui anticipent une baisse de leurs effectifs projettent davantage de licencier ou de mettre en place des plans de départs volontaires ou négociés. Tout se passe comme si elles avaient épuisé les moyens plus souples, tels que les départs en retraite ou des non renouvellement de CDD arrivant à leur terme (18%, -24 points).
Même si la situation économique actuelle reste perçue comme globalement peu propice à la création d’emplois, les dirigeants de PME et TPE sont plus sensibles à certains facteurs. Ainsi, les exonérations de charges sociales sont davantage considérées comme propices à la création d’emplois à la fois par les dirigeants de PME (46%, +7 points) et TPE (54%, +6 points). En revanche, la législation sur le travail est de plus en plus perçue comme un frein (13%, -7 points, la jugent propice à la création d’emploi).
Les entreprises sont sensibles à l’évolution même limitée du niveau de croissance, qui est aujourd’hui moins perçu comme un frein pour les PME (« pas propice » 38%, -13 points). Les TPE quant à elle sont moins nombreuses à considérer la fiscalité sur les entreprises comme un frein à l’embauche (« pas propice » 49%, -8 points).
Fiche technique : Étude réalisée par téléphone du 9 au 22 décembre 2009, auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés. Méthode des quotas.