Baromètre AXA Prévention - vague 1
Les comportements des automobilistes

Le 12 octobre 2004 - A l'occasion de la Semaine de la Sécurité Routière, AXA Prévention a demandé à TNS Sofres de mettre en place un baromètre annuel de suivi des comportements des automobilistes. Principal enseignement de cette première vague : si les mentalités des automobilistes progressent, les comportements à risques demeurent.



L'automobiliste 2004 relativise les dangers de la route

La moitié des conducteurs affirme avoir changé...
Les automobilistes confirment pour la moitié d'entre eux que les récentes mesures gouvernementales les font rouler plus prudemment. Pour la moitié, ils estiment ne pas avoir commis d'infraction depuis plus d'un an même celles qui n'ont pas été sanctionnées. Ils approuvent pour les 3/4 la sévérité avec laquelle les sanctions sont appliquées.

Les équipements de sécurité deviennent pour 26% des personnes interrogées une priorité et un élément déterminant pour choisir sa voiture, loin devant la solidité, le confort, l'esthétisme et la puissance du véhicule. Ils sont unanimes (près de 90%) à reconnaître que téléphoner en conduisant, rouler à vive allure sans respect des distances de sécurité ou prendre le volant après avoir consommé 5 verres d'alcool est dangereux en soi.

Un nouvel état d'esprit émerge parmi les automobilistes.

... mais les comportements à risque demeurent

Les Français ne connaissent pas leur code !

Le baromètre AXA Prévention - TNS Sofres révèle une connaissance très approximative du code de la route qu'illustrent des chiffres préoccupants. En effet, 1 conducteur sur 2 ignore la limitation de vitesse par temps de pluie sur route nationale (80 km/h), 41% ignorent que la limitation de vitesse par temps de brouillard est fixée à 50 km/h ; 36% ignorent que le nombre de verres de vin toléré pour conduire se limite à deux.

Leur conduite en ville est dangereuse :

Si 63% des sondés estiment dangereux de passer à l'orange, ils sont 71% à le pratiquer et pour la moitié, ils le font en toute connaissance de cause. Par ailleurs, la moitié des personnes interrogées déclare rouler à 65 km/h en ville soit 15 km/h de plus que la limite autorisée. Et 49% des sondés admettent doubler ou tourner sans clignotant.

La conjugaison de ces 3 comportements peut faire réfléchir (voire frémir) quand on sait que les 2/3 des accidents corporels se concentrent en ville : 1/3 des tués et 2/3 des blessés.

De toute évidence, les automobilistes sous-estiment les risques d'une conduite infractioniste en ville.

Les automobilistes relativisent les effets de l'alcool et des médicaments au volant :

Si la limite de 2 verres autorisés pour ne pas dépasser la limite de 0,5 g/l est bien retenue (ceci démontrant l'efficacité de nombreuses campagnes) et que 86% des personnes interrogées estiment dangereux de prendre le volant après avoir bu 4 ou 5 verres de bière ou de vin, ils restent encore 14% à reconnaître le faire.

Plus alarmiste : le fait qu'un conducteur sur 5 se fie à ses sensations pour juger de ses aptitudes à conduire après avoir bu. N'oublions pas que si la conduite en état d'ébriété est une infraction moins fréquente que celle liée à la vitesse, l'alcool reste en cause dans 30% des accidents mortels.

Il est à noter que près de la moitié des automobilistes ne vérifie pas si ses médicaments ont un effet sur la vigilance au volant.

L'excès de vitesse reste un comportement de masse

Si le principe de limitation de vitesse est aujourd'hui globalement accepté, l'excès de vitesse reste un comportement de masse.

Le décalage entre ce que les conducteurs pensent et ce qu'ils font a pour origine le comportement généralisé ; la plupart de ceux qui dépassent les limitations autorisées n'ont pas le sentiment d'être en infraction puisque tout le monde le fait.

Ainsi, la plupart des automobilistes ont-ils tendance à minorer l'excès de vitesse comme infraction et reconnaissent le pratiquer couramment que ce soit sur autoroute (pour 29% des sondés) comme en ville (pour 50% des personnes interrogées).

Les paradoxes soulevés par le baromètre

Le baromètre AXA Prévention - TNS Sofres met en lumière les contradictions qui caractérisent nombre d'automobilistes sur les questions de sécurité routière. En effet, la comparaison effectuée entre les comportements perçus comme dangereux par les personnes interrogées et leur propre comportement dans les mêmes circonstances est éloquente.

Les principales contradictions concernent le passage au feu orange, le non respect de la vitesse autorisée en ville et la non utilisation du feu clignotant pour doubler ou tourner, trois infractions lourdement condamnées par ceux-là même qui les commettent !

Il en va de même pour les excès de vitesse sur autoroute, l'usage du téléphone en conduisant (déclaré comme dangereux à 90% mais avoué être utilisé par 18% des personnes interrogées) et la conduite en état d'ébriété, dénoncée à 86% et pourtant avérée à 14% par les déclarants !

 

INFRACTIONS

% de personnes
les percevant
comme dangereuses

% de personnes
déclarant les commettre

- Passer au feu orange

63 %

71 %

- Rouler à 65 km/h en ville

69 %

51 %

- Doubler ou tourner sans clignotant

84 %

49 %

- Rouler à 160/170 km/h sur une autoroute

64 %

29 %

- Franchir une ligne blanche pour doubler

83 %

20 %

- Téléphoner en conduisant

90 %

18 %

- Prendre le volant après avoir bu 4 ou 5 verres de vin ou de bière

86 %

14 %

Typologie des conducteurs en 2004

Le baromètre AXA Prévention - TNS Sofres a permis d'établir la typologie des conducteurs en 2004 selon cinq profils : du " légaliste " (32% des automobilistes) au " fou du volant " (5% des conducteurs) en passant par le " respectueux " (37%), "l'inconscient" (7%) et "l'affranchi" (19%).

Pour AXA Prévention, il est important d'avoir une photographie des infractions que les automobilistes tolèrent ou reconnaissent faire.

Les " légalistes " : 32% des conducteurs

- Ayant une très forte conscience du danger que les infractions peuvent provoquer, ces conducteurs sont des fervents partisans du code de la route, dont ils respectent à la lettre l'ensemble des règles. Nombre d'entre eux jugent d'ailleurs insuffisantes les sanctions actuelles au code de la route.

- De l'avis des personnes qu'ils transportent, leur conduite est modérée et prudente.

- Profil type : seniors, retraités
- Parcourent moins de 5.000 km par an (petits rouleurs)
- 96% ne prennent jamais le volant après 4 ou 5 verres
- 80% ne doublent ou ne tournent jamais sans clignotant
- 77% ne roulent jamais à 65 km/h en ville
- 66% s'arrêtent toujours au feu orange

1 conducteur sur 3 fait partie de ceux qui participent aux bons résultats de la sécurité routière.

Les " respectueux " : 37% des conducteurs

- Vigilants, ces conducteurs respectent la plupart des règles, mais reconnaissent qu'il leur arrive parfois de ne pas s'arrêter au feu orange ou de doubler ou tourner sans clignotant. Ayant une perception aiguë du danger, ils sont conscients des infractions qu'ils pourraient commettre.

- Ils ne justifient certaines infractions graves (par exemple le franchissement d'une ligne blanche) que par le caractère exceptionnel et dérogatoire de la situation rencontrée.

- Globalement confiants dans la capacité de l'Etat à améliorer la sécurité routière, ils approuvent la politique actuelle de sanction des infractions au code de la route.

- Profil type : femme ou chargé de famille.
- 91% ne doublent jamais par la droite
- 78% ne roulent jamais à 160/170 km/h sur autoroute
- 54% roulent à 65 km/h en ville contre 62% des fous du volant !

Eux aussi contribuent aux bons résultats de la sécurité routière.

Les " inconscients " : 7% des conducteurs

- Ces conducteurs n'ont aucune conscience du danger que provoque le non-respect du code de la route ; ils relativisent systématiquement la gravité de toutes les infractions, sans forcément les commettre.

- Ils sont dans un rapport traditionnel à l'automobile, objet statuaire par excellence (signe de réussite sociale), pour autant ils ne correspondent pas à un profil socio-démographique ou automobile type.

Une cible qui peut être favorablement influencée par des actions de prévention.

Les "affranchis" : 19% des conducteurs

- Ces conducteurs adeptes de la conduite virile (rapide et sportive) ont parfois tendance à prendre la route pour un circuit. Ils commettent beaucoup d'infractions au code de la route, la dernière remontant généralement à quelques jours à peine. Ils ont tendance à s'énerver au volant, même en présence d'enfants.

- Ayant souvent perdu trois points ou plus sur leur permis, ils réclament plus de souplesse dans la définition et l'application des sanctions au code de la route. Ils considèrent d'ailleurs que les limitations de vitesse servent avant tout à remplir les caisses de l'Etat.

- Profil type : jeunes et hommes adeptes de la conduite rapide et sportive, souvent gros rouleurs.
- 56% doublent par la droite sur autoroute
- 43% changent de file, slaloment
- 33% téléphonent en conduisant
- 31% prennent le volant après 4 ou 5 verres

Ils sont nombreux : 1 sur 5 ; c'est la première population à risque pour elle-même et pour autrui.

Les " fous du volant " : 5% des conducteurs

- Ces conducteurs ignorent - sciemment ou inconsciemment ? - les règles élémentaires du code de la route et commettent régulièrement des infractions graves. Constituant de véritables dangers publics, ils roulent avec plus de passagers que le nombre prévu pour le véhicule, conduisent après avoir bu, franchissent la ligne blanche pour doubler et dépassent les vitesses autorisées.

- Profil type : possesseurs de véhicules utilitaires ; ils sont multimotorisés.

- 83% ne s'arrêtent pas au feu orange
- 62% roulent à 65 km/h en ville
- 61% franchissent une ligne blanche pour doubler
- 25% prennent le volant après 4 ou 5 verres

5% : ce sont les moins nombreux, mais particulièrement dangereux.

Différences de comportements selon le sexe, l'âge et la région

Le baromètre AXA Prévention - TNS Sofres compare les comportements selon le sexe et l'âge et distingue la conduite des Franciliens qui se révèle être beaucoup plus infractionniste que celle des Français en général.

Les femmes sont plus prudentes

Si dans l'ensemble, les femmes se révèlent être plus prudentes que les hommes (7 femmes sur 100 avouent prendre parfois le volant après avoir consommé 4 à 5 verres d'alcool, les hommes étant 3 fois plus nombreux), elles reconnaissent à 34% que leur dernière infraction est d'être passé au feu orange (contre 21% chez les hommes).

Les hommes reconnaissent commettre d'abord des excès de vitesse (42%, pour 32% chez les femmes) en particulier sur autoroute.

Plus " respectueuses " que les hommes, selon la terminologie du baromètre, les femmes approuvent à 81% la sévérité avec laquelle les sanctions sont appliquées ; un homme sur trois demande plus de souplesse dans la sanction des infractions.

Enfin, si un quart des hommes n'hésite pas à conduire sans s'arrêter pendant 4 ou 5 heures d'affilée, seul 12% des femmes admettent prendre ce risque.

Les jeunes prennent plus de risques

Le baromètre AXA Prévention - TNS Sofres confirme le comportement à risque des jeunes au volant. Ils n'hésitent pas à téléphoner en conduisant (42%) et à passer au feu orange (84%). Vulnérable, cette population l'est d'autant plus qu'elle utilise son véhicule très largement pour sortir le soir : les jeunes sondés le déclarent à 88%.

Les Franciliens sont plus dangereux que la moyenne des conducteurs

Si les Franciliens utilisent globalement plus les transports en commun pour se déplacer que l'ensemble de la population, ils prennent proportionnellement beaucoup plus de risques que les autres Français lorsqu'ils sont au volant. Ils n'hésitent pas à doubler par la droite sur autoroute (44% en Ile de France, contre 12% dans les autres régions).

La moitié ne considère pas comme dangereux le fait de passer à l'orange ; et d'ailleurs les 3/4 d'entre eux avouent commettre l'infraction !




Plus d'informations :

Muriel GOFFARD / Philippe LAUNAY
Département Automobile de TNS Sofres
Tél : 33 (0)1 40 92 27 47 / 28 60
Fax : 33 (0)1 40 92 46 60
automobile@tns-sofres.com

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