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L'état
d'esprit des Français
à
100 jours du passage à l'euro
Le 3 octobre
2001 - A moins de 100 jours du passage à l'euro,
cette étude réalisée pour Le Revenu
montre que plus de 7 Français sur 10 approuvent
la manière dont il est organisé. Son impact
est d'ailleurs perçu comme positif tant pour la France
en général que pour son économie. L'étude
met toutefois en évidence un certain nombre de craintes,
notamment en matière de prix et de consommation.
L'organisation du passage à
l'euro est jugée favorablement par les Français
La perception
des Français à l'égard du passage à
l'euro reste dans l'ensemble très positive et reflète
une certaine confiance dans le processus de mise en place
de la nouvelle monnaie. Ainsi, pour 71% d'entre eux, le passage
à l'euro semble bien organisé. Travailleurs
indépendants et inactifs se montrent les plus confiants
dans le processus, à l'inverse des personnes âgées
de plus de 65 ans.
Au niveau
global, la perception d'un impact positif de l'euro se renforce
Les effets
bénéfiques du passage à l'euro pour le
pays et son économie semblent acquis par la majorité
des Français. Ils sont en effet 68% (contre 28%) à
penser que c'est une bonne chose pour la France. En outre,
48% d'entre eux (contre 23%) envisagent des conséquences
positives sur l'économie du pays.
Fait remarquable :
cette enquête marque une hausse sensible du niveau de
perceptions positives qui tendaient à décliner
depuis un an et demi, selon les enquêtes réalisées
pour le compte du ministère de l'Economie et des Finances
(51% de " positif " en octobre 1998, 44%
en 1999, 37% en 2000 et 48% aujourd'hui).
Dans le détail,
les différences de perception s'articulent autour des
critères de sexe, d'âge et de niveau socioculturel.
C'est ainsi que les plus optimistes se recrutent parmi les
hommes, les étudiants, les foyers dont le chef de ménage
est cadre ou exerce une profession intellectuelle. Inversement,
les femmes, les inactifs hors retraités et les foyers
dont le chef de ménage est ouvrier se montrent les
plus pessimistes. Notons qu'à cet égard les
populations les plus âgées (65 ans et plus, retraités)
se prononcent le moins sur ces points. On peut y voir là
le signe d'une plus faible implication ou d'une moindre appréhension
des enjeux de leur part.
Les Français ne redoutent
pas d'effets concrets du passage à l'euro sur leur épargne
Pour près
de la moitié des personnes interrogées (44%),
le passage à l'euro ne devrait pas avoir d'impact sur
leur épargne (pour 24% des effets positifs et pour
27% négatifs). Les nuances par profil sont les mêmes
que celles observées au niveau de l'impact sur l'économie
et sur l'avenir de la France.
Par rapport
aux précédentes études réalisées
pour le ministère de l'Economie et des Finances, on
observe un renforcement de ce sentiment (32% en octobre 1998,
29% en octobre 1999, 31% en il y a un an, 44% aujourd'hui).
En revanche,
leurs craintes se cristallisent très nettement sur le niveau des prix
et de la consommation
Sur le niveau
des prix et, de façon plus générale,
sur leur pouvoir d'achat, les Français expriment de
nettes inquiétudes. 72% craignent une augmentation
des prix au moment de la " bascule " et
50% pensent que les conséquences seront négatives
à plus long terme sur le pouvoir d'achat (contre 16%).
Ces craintes de dégradation du pouvoir d'achat font
écho à une tendance observable dans différentes
enquêtes réalisées ces dernières
années pour le compte du ministère de l'Economie
et des Finances. Si le sentiment que les prix vont augmenter
au moment du passage à l'euro est partagé par
tous les profils, la perception de l'impact sur le pouvoir
d'achat varie sensiblement selon l'âge et le statut
(actif vs. inactif).
Pour ce qui est
de la consommation, les résultats montrent là
aussi un certain pessimisme sur le court terme (70% pensent
que la consommation diminuera au moment de la " bascule ").
Ce sentiment est partagé de façon homogène
quelle que soit la perception de la qualité d'organisation
du passage à l'euro. À plus long terme, les
attitudes sont toujours majoritairement réservées
mais dans des proportions moins marquées (50% pensent
que l'euro aura un impact négatif sur la consommation
des Français contre 37% qui pensent qu'il n'y aura
pas d'effet). L'anticipation
d'une réduction de la consommation au moment du passage
à l'euro, est particulièrement sensible chez
les femmes (population plus impliquée dans les dépenses
courantes du ménage), les 35-49 ans, les inactifs hors
retraités, les étudiants et les foyers dont
le chef de ménage est cadre ou exerce une profession
intellectuelle. Quant aux personnes de plus de 65 ans, elles
se montrent plus sereines (ou se sentent moins impliquées ?) :
45% pensent qu'il n'y aura pas d'impact sur la consommation
au global contre 31% estimant qu'il y aura un impact négatif.
Conséquence :
une très large majorité des Français
(85%) se dit favorable à un blocage temporaire des
prix. Cette attente reflète avant tout les inquiétudes
qui accompagnent le passage à l'euro sur le court terme.
D'autant qu'un tel contrôle est a priori impossible :
les prix sont librement fixés par les professionnels
depuis l'ordonnance du 1er décembre 1986.
Enfin, si une
majorité des personnes interrogées (56%) ne
redoute pas le renforcement des contrôles fiscaux lors
du passage à l'euro, on peut toutefois relever qu'ouvriers
et inactifs se montrent un peu plus inquiets que les actifs
et les catégories socioprofessionnelles supérieures.
Sylvain LEFORT

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