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Le couple et l'argent
Le 5 décembre 2000 - L'étude
réalisée par Taylor Nelson Sofres Département Finance
pour le compte du mensuel Mieux Vivre Votre Argent montre que si
l'argent constitue aujourd'hui encore un sujet de conflit pour près d'un
couple sur deux, les choses s'estompent avec l'âge et l'installation dans
la durée. Les personnes vivant en couple s'estiment aujourd'hui largement
satisfaites tant de leur autonomie financière que de la répartition
des rôles au sein du couple. Alors que monte en puissance l'individualisation
de la gestion de l'argent au sein du couple, cette étude vient combattre
un a priori souvent avancé : les femmes sont autant " fourmis "
que les hommes.
L'argent : un sujet de
moins en moins conflictuel
à mesure que le couple
s'installe
L'argent est
aujourd'hui un sujet de discussion pour presque tous les couples
(88%), et notamment pour les plus jeunes et ceux qui ont des
enfants. Les discussions sur ce thème sont d'ailleurs
une source de conflit pour près d'un couple sur deux
(45%, pour 51% en 1999). Ceci est plus souvent le cas pour
les couples avec des enfants à charge et les couples
moins "installés" (jeunes, couples vivant
ensemble depuis moins de 10 ans et concubins).À
l'inverse, le rapport à l'argent est de moins en moins
conflictuel au fur et à mesure que l'on avance dans
sa vie de couple (couples mariés, couples vivant ensemble
depuis plus de 10 ans) et que l'avenir semble assuré
(couples âgés, lorsque les enfants sont autonomes).
Le niveau des revenus, en revanche, n'a pas d'impact
sur le rapport à l'argent au sein du couple.
La gestion de l'argent dans
le couple :
une montée en puissance
de l'individualisation
Si la gestion
de l'argent est une nécessité pour presque tous
les couples interrogés (94%), elle est vécue
comme une contrainte (41%) plutôt que comme un plaisir
(25%), et par 20% des personnes interrogées comme un
moyen de s'affirmer dans le couple.
Au sein de
leur couple, les trois quarts des hommes et des femmes se
déclarent autonomes financièrement. La dépendance
(déclarée) est toutefois est un peu plus marquée
chez les femmes (29%) que chez les hommes (19%).
La majorité
des couples font aujourd'hui bourse commune (60% ont un seul
compte sur lequel ils retirent l'un et l'autre au fur et à
mesure de leurs besoins et des dépenses à faire).
Mais l'individualisation des budgets est de plus en plus répandue :
27% déclarent au contraire disposer de leur propre
budget " en dehors d'une somme commune qui sert
à régler les dépenses du ménage " ;
ils n'étaient que 7% en 1979. Ceci est notamment le
cas pour les couples les moins "installés"
(moins de 35 ans, vivant ensemble depuis moins de 6 ans, concubins),
mais aussi pour les couples ayant les plus hauts revenus (plus
de 20.000 francs par mois).
La mise en
commun des ressources se décline aussi en matière
d'économies, 67% des personnes interrogées estimant
qu'elles doivent être mises sur un compte commun. Les
couples concubins, les jeunes et les jeunes couples se montrent
toutefois plus réfractaires à la mise en commun
des économies.
Quelle que
soit l'organisation de la répartition de l'argent au
sein du couple, les hommes comme les femmes ont le sentiment
de bien connaître la façon dont leur conjoint
gère son argent (90%). Si les différences entre
couples mariés et concubin sont relativement ténues,
cette transparence est sensiblement moins marquée pour
les couples aux plus hauts revenus et décroît
linéairement à mesure que les revenus augmentent.
Répartition de l'argent
du ménage dans le couple :
une très large satisfaction
D'une manière
générale, les hommes (95%) comme les femmes
(92%) estiment que les rôles sont bien répartis
au sein de leur couple en ce qui concerne la gestion de l'argent
du ménage.
La plupart
des décisions de dépense et de gestion relèvent
de décisions communes. C'est le cas notamment pour
les gros achats d'équipement (83% prennent leurs décisions
à deux), les loisirs (65%), les ouvertures de crédit
(63%), l'automobile (60%), et dans une moindre mesure l'éducation
des enfants (56%) et l'achat de placements financiers (43%).
Notons toutefois
que les femmes sont plus largement décisionnaires que
les hommes pour ce qui concerne l'éducation des enfants
et qu'elles conservent des domaines d'influence propres :
les courses et les vêtements, que ce soit pour elles-mêmes
ou leur conjoint.
Les hommes,
s'ils restent prépondérants pour l'achat de
placements financiers ou l'automobile, sont plus fréquemment
demandeurs de l'avis de leur conjoint avant de réaliser
un " achat plaisir exceptionnel " (73%
des hommes contre 61% des femmes). Le " choix sans
consultation du conjoint " est plus marqué,
là encore, chez les couples moins ''installés''
(concubins, jeunes couples) ou ayant moins de contraintes
financières (hauts revenus, un enfant à charge).
Le rapport
à l'épargne et à la dépense :
fourmis avant tout
Enfin, cette
étude bât en brèche une idée reçue.
Si les couples interrogés, dans leur ensemble, ont
des comportements de " fourmis " (82%
se disent plutôt prudents dans leurs dépenses
et penser surtout à l'avenir), ceci est aussi vrai
pour les " soi-disant-hommes-fourmis "
(84%) que les " soit-disant-femmes-cigales "
(81%).

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