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Les actionnaires individuels européens
et les valeurs françaises
Le 12 juillet 2000 - L'enquête
réalisée par la Sofres pour PARISBOURSEsbfSA
permet de faire le point pour la première fois sur la détention
de valeurs étrangères par les actionnaires individuels européens,
et de mesurer le potentiel d'attractivité des valeurs françaises.
Parmi les 600 actionnaires individuels
européens interrogés (Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Espagne,
Italie, Pays-bas), environ un tiers (34%) déclare posséder des actions
étrangères. Et encore, ce niveau doit beaucoup à la proportion
de valeurs étrangères détenues par les actionnaires Belges.
Deux hypothèses pour expliquer le chauvinisme dont font preuve la plupart
des actionnaires. Une hypothèse économique tout d'abord. On peut
voir dans la propension de nos voisins Belges à traverser les frontières
le plus faible développement structurelde la place de Bruxelles et ses
mauvais résultats enregistrés l'an dernier. A contrario, quand la
Bourse va bien chez soi, pourquoi aller voir ailleurs ? Mais on peut aussi
y voir des éléments d'ordre culturels. Habitant un pays traversé
par des cultures diverses, les Belges montrent certainement ici leur ouverture
à l'égard des pays frontaliers, et notamment de la France. A ce
titre, la situation particulière des Anglais, dont on connaît le
caractère îlien et anglo-saxon, mais aussi la méfiance à
l'égard de l'Union Européenne - cf. l'Euro - pourrait bien confirmer
cette hypothèse culturelle, seuls 13% des actionnaires anglais détenant
des valeurs étrangères. Entre les deux, les plus ouverts aux investissements
étrangers sont les actionnaires Allemands (44%) et les Espagnols (36%),
et dans une moindre mesure les Hollandais (28%) et les Italiens (26%).
D'après une autre étude
récente réalisée par la SOFRES, les Français se situeraient
légèrement en dessous de la moyenne européenne.
En terme de profil, les actionnaires
investis en valeurs étrangères sont plutôt les gros portefeuilles
(52% d'actions de sociétés étrangères dans les portefeuille
supérieur à 500KF) et les plus actifs en Bourse (48% chez ceux qui
ont effectué plus de 5 opérations au cours du dernier trimestre).
Les actionnaires européens
peu tournés vers l'étranger
Dans ce contexte, les actions
françaises ne représentent qu'une part infime des portefeuilles,
puisque seulement 16% (soit 5% de l'ensemble des actionnaires interrogés)
des européens détenteurs de titres de sociétés étrangères
déclarent posséder des actions de sociétés françaises,
un chiffre une nouvelle fois largement expliqué par le comportement spécifique
des actionnaires Belges (27% de détenteurs de titres de sociétés
françaises). Ces titres proviennent essentiellement de transactions effectuées
sur la place boursière de leur pays de résidence.
Lorsqu'ils acquièrent
des valeurs étrangères, les actionnaires européens privilégient
les actions européennes. Mais on notera que dans les deux pays les plus
ouverts (Belgique et Allemagne), la proportion d'actions américaines ou
d'autres pays est également plus élevée que sur les autres
places. Une des surprises de cette enquête est la proportion élevée
d'interventions directes sur les places étrangères. Dans l'ensemble,
41% des détenteurs d'actions étrangères effectuent leurs
achats sur la place domestique. Mais 49% déclarent intervenir directement,
pour tout ou partie de leurs achats, sur les places étrangères.
Dans le processus d'achat ou
de vente de titres étrangers, on constate que c'est le banquier ou le conseiller
financier qui constitue la principale source d'information régulière
(60%). La presse nationale joue également un rôle prépondérant,
que ce soit la presse quotidienne nationale ou régionale (41%) ou la presse
économique et financière nationale (35%). Si les sites Internet
des établissements financiers sont moins importants (avec 20%), leur rôle
se révèle non négligeable, et sensiblement plus important
que les propres sites Internet des sociétés (14%). On constate quelques
nuances dans la pratique des différents actionnaires selon les pays. Si
les Belges, les Allemands, les Espagnols et les Italiens privilégient leur
banquier et leur conseiller financier ainsi que les médias, l'entourage
joue un rôle majeur en Belgique (2e rang). Au Pays-Bas
en revanche, le rôle du conseiller/du banquier est moins important que dans
les autres pays, les chroniques spécialisées audiovisuelles étant
citées plus largement qu'ailleurs comme une source d'information régulière.
Enfin, les anglais se distinguent le plus largement de leurs voisin européens :
c'est d'abord à l'entourage et aux services actionnaires des sociétés
- privilégiant ainsi l'information de proximité ou à la source
- qu'ils accordent leur priorité. Ceci peut d'ailleurs expliquer en partie
que seule une faible part détient des actions étrangères,
l'information de proximité sur des sociétés étrangères
ou cotées à l'étranger étant plus difficilement accessible.
Faible potentiel pour les sociétés
françaises
Parmi les actionnaires individuels
ne détenant pas de titres étrangers, seuls 8% déclarent envisager
d'acheter des actions de sociétés étrangères dans
les mois qui viennent. Ce faible potentiel, qui démontre une réelle
difficulté des actionnaires à s'éloigner du marché
domestique, est toutefois sept fois plus élevé en Italie (15%) qu'en
Grande-Bretagne (2% seulement).
Dans ce contexte, les sociétés
françaises ne figurent pas parmi les plus attractives. S'ils devaient acheter
des actions des sociétés étrangères, les actionnaires
européens actuellement non-détenteurs de titres étrangers
privilégieraient d'abord les sociétés américaines
(43%) ou Allemandes (31%), les entreprises françaises se situant au 5e
rang des intentions d'achat (8%) derrière les Japonaises (13%) et les Suisses
(10%), et juste devant les britanniques (7%) et les Suédoises (7%). Les
sociétés françaises ne se situent jamais dans les trois premiers
rangs dans l'ensemble des pays étudiés.
Le principal frein à l'achat
d'actions des sociétés françaises est le manque d'information,
que ce soit le manque d'information en général sur les sociétés
françaises (40%) ou sur la Bourse de Paris (29%). Les éléments
d'ordre technique et financiers (absence de Bourse européenne, coût
des transactions, délais) représentent des freins moins importants.
En matière d'information
sur les sociétés étrangères, les actionnaires européens
auraient une nouvelle fois tendance à s'appuyer sur leur banquier/conseiller
et les médias, mais dans une moindre mesure toutefois que pour les entreprises
nationales. Cela signifie que les autres moyens d'information ont un rôle
plus important à jouer ici, et notamment les sites Internet des établissements
financiers et des sociétés elles-mêmes. Une tendance qui confirme
le rôle nouveau d'Internet dans l'information des actionnaires ; comme
l'a récemment montré un sondage réalisé par la SOFRES
auprès des actionnaires français.
Stéphane MARCEL

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