Les Européens
et leur préparation à la retraite



Le 27 janvier 2006 - Notre étude réalisée pour Fidelity International dans 8 pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Italie) porte sur la façon dont les Européens se préparent financièrement à la retraite. Principaux enseignements : les attitudes des Européens vis-à-vis des questions financières et de la préparation de la retraite varient fortement d'un pays à l'autre ; les Européens ont besoin d'être conseillés pour préparer « leurs vieux jours ».

Une proportion significative d'Européens prévoit de se contenter uniquement de la retraite par répartition (environ 1/4 en France)

En Europe septentrionale (UK, Allemagne, Pays-Bas, Suède), entre la moitié et les deux tiers (qui sont en mesure de prendre leur retraite) ont déjà commencé à préparer financièrement leur retraite.

En Europe méridionale (France, Italie, Espagne, Portugal), seulement un quart à un tiers ont commencé à anticiper cette échéance, soit environ deux fois moins qu'en Europe septentrionale. Ils sont également plus nombreux à prévoir de se contenter d'une pension publique : environ un quart en France, en Italie, en Espagne et 44 % au Portugal !

Dans tous les pays d'Europe, que ce soit dans le Nord ou dans le Sud, la majorité de ceux qui ont l'intention de mettre de l'argent de côté pour préparer financièrement leur retraite prévoient de le faire à moyen terme. Très probablement parce qu'ils ne peuvent pas se permettre actuellement d'épargner plus qu'ils ne le font déjà.

Lorsqu'on leur demande s'ils pourraient «mettre de côté 100 euros supplémentaires chaque mois», dans tous les pays, la majorité de ceux qui n'épargnent pas encore pour leur retraite répondent que cela leur serait difficile. Les chiffres sont particulièrement élevés au Royaume-Uni, en Allemagne, au Portugal et en France (respectivement 75%, 74%, 73% et 70% estiment que ce serait difficile). Dans les autres pays étudiés, ce sont environ 60% des personnes interrogées qui déclarent que ce serait difficile.

Il n'est pas surprenant de constater que ceux qui ont commencé à épargner pour leur retraite sont plus nombreux dans les catégories « aisées », et chez les personnes de plus de 35 ans.

Préparation financière de la retraite :
sous-utilisation de la recherche de performance
et notamment de l'investissement dans les valeurs mobilières

Il existe plusieurs façons de préparer financièrement sa retraite : s'appuyer sur les pensions publiques, investir dans un compte ou livret d'épargne, dans un contrat d' assurance-vie, dans les valeurs mobilières, ou encore dans l'immobilier. Chaque pays a tendance à privilégier une ou plusieurs de ces options, et les préférences varient fortement d'un pays à l'autre, vraisemblablement pour des raisons psychologiques et culturelles.

Dans l'ensemble, l'investissement dans les valeurs mobilières est sous-utilisé dans la plupart des pays, à l'exception de l'Allemagne et de la Suède où presque la moitié des personnes qui ont commencé à épargner pour leur retraite ont investi dans ces placements. Il convient cependant de remarquer que, même dans ces pays, les personnes qui ont prévu de préparer financièrement leur retraite envisagent moins de recourir aux valeurs mobilières que ceux qui le font déjà (35% contre 45% en Suède ; 18% contre 48% en Allemagne).

Dans l'ensemble, une perception juste de l'âge « légal » de départ à la retraite, mais pas d'anticipation quant à l'allongement des années de travail

Les Européens ont une perception relativement juste de l'âge « légal » actuel de la retraite (entre 60 et 65 ans selon les pays d'Europe), mais dans la plupart des pays, ils ne semblent pas anticiper les futurs changements susceptibles de modifier ce seuil :
- Seuls les Allemands sont sensibilisés aux changements futurs : 27% des personnes qui sont en mesure de prendre leur retraite (actifs, hors retraités) pensent qu'elles la prendront après l'âge de 65 ans (qui est actuellement l'âge légal de la retraite en Allemagne). Et ce pourcentage grimpe jusqu'à 41 % chez les jeunes (18-24 ans).
- Dans les autres pays, 11% au plus pensent qu'ils prendront probablement leur retraite après l'âge de 65 ans, même parmi les plus jeunes. La Suède et la France sont les seuls pays dans lesquels on observe une légère sensibilisation chez les jeunes : 19% des Suédois âgés de 18 à 24 ans et 17% des Français âgés de 25 à 34 pensent qu'ils prendront leur retraite après 65 ans.
- Il convient de faire remarquer qu'en Italie, il semble régner une grande confusion : 44% des personnes interrogées ne savent absolument pas quand elles prendront leur retraite.

Pour ce qui concerne les revenus que les Européens espèrent percevoir via les pensions publiques, les perceptions varient fortement d'un pays à l'autre (de 36% du dernier salaire en Grande-Bretagne à 77% en Espagne) et reflètent souvent les systèmes actuellement en vigueur.

Sources d'information très variées sur les placements financiers : d'abord l'avis des professionnels, mais aussi en nombre important celui des familles et amis

Les conseillers financiers restent la source d'information la plus fréquemment utilisée pour le choix d'un placement financier, et ce dans tous les pays, mais ils sont confrontés à plusieurs sources concurrentes :
- L'avis de la famille et des amis est souvent sollicité, d'autant plus lorsqu'il s'agit de choisir des placements financiers plus risqués tels que des valeurs mobilières (plus particulièrement en Europe septentrionale). En toute logique, dans la plupart des pays étudiés, ce sont principalement les jeunes (moins de 25 ou 35 ans) qui demandent conseil à leur famille et à leurs amis.
- Internet (sites d'information générale, économique et financier ou des banques) est souvent utilisé pour choisir un produit financier en Europe du Nord (25 % à 28 %), mais moins en Europe du Sud (de 5 % en Espagne à 17 % au Portugal). L'écart se creuse lorsqu'il s'agit de placements financiers « à risque » : en Europe septentrionale, entre un quart et un tiers des individus utilisent Internet comme source d'information tandis que, en Europe méridionale, cette proportion chute à moins d'un cinquième (de 9 % en Italie à 16 % au Portugal et en France). Il est intéressant de constater que, lorsque Internet est utilisé, il l'est par tous les groupes d'âges : l'Allemagne et la Suède sont les seuls pays dans lesquels on observe une proportion plus élevée de jeunes parmi les personnes qui utilisent Internet comme source d'information financière.
- Bien sûr, la presse reste une source d'information non négligeable, en particulier lorsqu'il s'agit de produits financiers « à risque » (à l'exception des Pays-Bas et du Portugal, où elle est peu utilisée).

Les Européens consacrent moins de temps à la prise de décision pour acheter des placements financiers que pour acheter une voiture

Lorsqu'on leur demande d'estimer le temps qu'ils consacrent au processus d'achat de plusieurs biens et services, les Européens répondent clairement qu'ils consacrent davantage de temps à l'achat d'une voiture qu'à la recherche de placements financiers : ils ont besoin en moyenne d'un mois pour se décider à acheter une voiture, il leur faut environ 1 semaine pour ouvrir un compte d'épargne et environ 2 semaines pour investir dans des placements financiers « à risque ».

Il est intéressant de comparer les différents comportements à travers l'Europe :
- Globalement, les Britanniques semblent se décider plus rapidement : il leur faut généralement à peu près une semaine de moins pour prendre une décision que pour la plupart des autres Européens.
- Lorsqu'il s'agit d'ouvrir un nouveau compte d'épargne, les Français et les Allemands prennent davantage de temps que les citoyens des autres pays : presque 2 semaines, contre 1 semaine dans les autres pays.
Lorsqu'ils décident d'investir dans des placements financiers « à risque », les Allemands et les Néerlandais sont les plus prudents : il leur faut 3 semaines pour se décider, contre 10 à 14 jours dans les autres pays.


Fiche technique

Étude réalisée pour Fidelity International par téléphone en octobre et novembre 2005 auprès de 8 échantillons d'invidus représentatifs des populations nationales âgés de 18 à 60 ans. Taille des échantillons : France, 706 ; Royaume-Uni, 730 ; Allemagne : 695 ; Suède : 1033 ; Pays-Bas : 824 ; Espagne : 761 ; Portugal : 792 ; Italie : 749.


Plus d'informations :
Nathalie Léauté / Fabienne Cadenat
Département Finance
Tél : 33 (0)1 40 92 45 51 / 31 17
Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
nathalie.leaute@tns-sofres.com
fabienne.cadenat@tns-sofres.com

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