Les professionnels dans l'incertitude


L'incertitude est bien le pire sentiment sur les marchés boursiers. La situation géopolitique que nous connaissons depuis plusieurs mois le confirme à l'évidence. Alors que l'issue de la question irakienne se rapproche, sans que l'on puisse dire ce qu'elle sera, les marchés enregistraient des variations exceptionnelles ces dernières semaines, au gré des rumeurs et des déclarations.
Au-delà de l'incertitude géopolitique, l'attentisme généralisé, allié au pessimisme et à la prudence affichés par les entreprises, laissent planer un doute sur l'ampleur et le calendrier d'un éventuel redémarrage économique, ce que corroborent des statistiques parfois contradictoires.

Le niveau extrêmement élevé atteint par le prix du baril de pétrole, ainsi que la baisse régulière du dollar US contre l'Euro depuis plusieurs mois, sont également de nature à affaiblir les perspectives de croissance économique, notamment en Europe. Dans ce contexte, on ne sera pas surpris de constater que le moral des investisseurs répondant à notre sondage reste à ses plus bas niveaux atteints le mois dernier : 75% de pessimistes sur l'environnement économique.

Souvenons-nous néanmoins que c'est souvent lorsqu'on a l'impression que tout va mal qu'il faut avoir le courage de prendre des positions longues. En effet, beaucoup de mauvaises nouvelles sont connues et beaucoup d'incertitudes prises en compte par les marchés, qui affichent en conséquence des primes de risque très élevées. Le pire n'est néanmoins pas sûr, et la levée de certaines incertitudes, en particulier celles relatives au conflit irako-américain, pourrait conduire à un rebond significatif et rapide des bourses mondiales. Il conviendra d'être positionné pour en profiter.

Eric VOELCKEL
Gérant d'actions européennes
SG Asset Management



Sur les perspectives économiques
en Europe, êtes-vous...
Très optimiste 1%
Plutôt optimiste 23%
Plutôt pessimiste 72%
Très pessimiste 4%


Quelle orientation des taux d'intérêt prévoyez-vous, dans la zone euro, au cours du trimestre à venir ?
Courts Longs
Hausse 2% 26%
Baisse 64% 30%
Stabilité 32% 43%
Sans opinion 2% 1%


Toujours pour le trimestre à venir, par rapport au dollar, l'euro devrait-il plutôt s'apprécier, se déprécier or rester stable ?
FR
GB
All.
Ben.
Suisse
IT/Esp.
S'apprécier 49% 54% 52% 70% 55% 30%
Se déprécier 13% 8% 16% 10% 6% 42%
Rester stable 38% 30% 32% 20% 32% 25%
Ne se prononce pas - 8% - - 7% 3%


Peu de variation de l'opinion des gérants sur l'environnement économique. Le pessimisme est très largement majoritaire, avec 75% des sondés. C'est en France que le moral est le plus faible avec 80% de pessimistes. A noter une amélioration en Allemagne, qui devient l'un des pays à l'optimisme le plus élevé en Europe.
Statu quo également sur les perspectives d'évolution des taux courts, attendus très majoritairement à la baisse, en ligne avec l'opinion pessimiste sur l'environnement économique.
Malgré la hausse de ces dernières semaines, les investisseurs continuent de croire majoritairement à l'appréciation de l'Euro contre le dollar US, à l'exception des italiens et des espagnols qui ont opéré un revirement par rapport au mois dernier.


Quel type d'investissement vous paraît le plus favorable à l'heure actuelle ?



Actions 27%
Obligations 25%
Marché monétaire 44%
Sans opinion 4%
  A quel type d'actions l'environnement actuel est-il le plus favorable ?



Blue Chips 27%
Petites et moyennes valeurs 25%
Sans opinion 4%


Quels sont les trois secteurs en Europe au sein des valeurs européennes, qui devraient présenter le plus fort potentiel de valorisation à un an ?
Financières 48%
TMT 43%
Santé 38%
 
Le sentiment envers les actions s'améliore légèrement, mais c'est toujours le cash qui est privilégié, les obligations étant la classe d'actifs considérée comme la moins attractive dans un contexte peu favorable à une baisse des taux longs. Partout sauf en Allemagne, on enregistre une amélioration des perspectives sur les actions, particulièrement en France ou l'on passe de 20 a 40% d'investisseurs privilégiant cet actif.
La préférence pour les grandes valeurs reste de mise dans le contexte d'incertitude actuel, avec sectoriellement une confirmation de la préférence pour les secteurs TMT et un renforcement de l'Energie, sans doute à mettre en parallèle avec les niveaux du cours du pétrole. On note également un faible intérêt pour les secteurs les plus cycliques, comme l'industrie ou les matériaux de construction, illustrant la crainte de voir repousser dans le temps le redressement de la croissance économique.



Quels seront les niveaux respectifs du CAC 40, du Dow Jones et du DJ Euro Stoxx dans douze mois ?


Quelles places financières devraient offrir le plus fort potentiel de hausse pour le trimestre à venir ?
Rappel Février
Europe 60% 47%
Allemagne 12% 8%
France 13% 12%
Royaume-Uni 15% 14%
Etats-Unis 29% 29%
Asie 21% 20%
Japon 7% 7%
Pays émergents 9% 6%


Les investisseurs restent peu optimistes dans leurs prévisions d'indices boursiers à 12 mois, en particulier pour les indices européens, dont les objectifs sont encore abaissés alors qu'ils se stabilisent pour les Etats-Unis.
Néanmoins, étant donné la sous-performance récente des bourses européennes, les investisseurs estiment qu'elles recèlent désormais un potentiel de hausse accru, alors que celui accordé aux bourses américaines et asiatiques n'évolue pas.


Enquête réalisée par téléphone par la SOFRES, pour Société Générale Asset Management et La Vie Française,
du 12 au 14 mars 2003, auprès d'un échantillon de 230 intermédiaires financiers.

France R.-U. Allemagne Suisse Belgique/Pays-Bas Italie/Espagne
40 40 40 30 40 40






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Les précédents Eurobaromètres
Enquêtes réalisées mensuellement pour La Vie Françaiseet Société Générale Asset Management.


2003 :
Fév. Jan.




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