La chute des marchés appelle à une vigilance accrue

La secousse de la semaine dernière est plus la correction d'un excès qu'un retournement de tendance. La prudencereste néanmoins de rigueur.

Depuis le mois d'octobre 1999, les marchés actions ont connu une hausse presque continue grâce à la conjonction de plusieurs phénomènes :
- un extraordinaire optimisme envers les secteurs de la nouvelle économie (technos, médias, télécoms) dont les valorisations ont explosé ;
- des facteurs économiques exceptionnels tels qu'une très forte croissance aux Etats-Unis (7.3% au 4ème trimestre 1999 en rythme annualisé et probablement de l'ordre de 5% au 1er trimestre 2000) et des injections des liquidités de la part des banques centrales pour assurer le pasage à l'an 2000.
Le 10 mars, date de son record historique, le Nasdaq affichait une performance de plus de 85% sur cinq mois. A partir de ce plus haut, l'indice phare de la nouvelle économie cédait peu à peu 34% de sa valeur, avec une chute de 9.7% au cours de la seule journée du vendredi 14 avril, entrainant dans sa chute le Dow Jones et tous les autres marchés. Le catalyseur de cette chute a été la publication de l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis, supérieur aux attentes, marquant une nette progression de l'inflation, ce qui a fait renaitre les craintes de surchauffe et d'un resserrement draconien de la politique monétaire de la Réserve fédérale.
Simple correction ou début d'un marché baissier ? Notre conviction est qu'uil s'agit plutôt de la correction d'un excès que d'un retournement de tendance. Les fondamentaux des marchés actions restent en effet favorables :
- les perspectives bénéficiaires des entreprises sont toujours très positives, avec des anticipations de croissance supérieures à 15¨% aux Etats-Unis et en Europe pour 2000 et 2001 ;
- le mouvement de fusion-acquisitions et les opérations de restructurations devraient se poursuivre ;
- les investissements croissants des nouvelles technologies devraient avoir un impact positif sur la rentabilité. Toute fois, cette brusque correction a rappelé aux investisseurs que la vigilance était plus que jamais de rigueur : les marchés continueront à être "volatiles" au cours des emaines à venir et seront très sensibles aux prochaines publications, qu'il s'agisse des résultats trimestriel des sociétés américaines et européennes ou des statistiques économiques aux Etats-Unis. Cela laise présager des rebonds, surtout sur les valeurs technologiques, suivi peut-etre par de brusques corrections, avant que les marchés retrouvent un certain équilibre et une nouvelle base pour repartir de l'avant.

Laura DELAUZUN
Gérant de SG Europe Opportunités
SG ASSET MANAGEMENT

Environnement

En ce qui concerne la situation économique de votre pays, êtes-vous...


Avril 2000
Actuellement, en ce qui concerne les taux, êtes-vous investi plutôt sur des produits...

Avril 2000
Rappel mars 2000
Très optimiste17%
Plutôt optimiste81%
Plutôt pessimiste1%
Rappel mars 2000
A court terme44%
A long terme35%


Quelle orientation des taux prévoyez-vous pour le trimestre à venir ?

 
Avril 2000
Rappel
mars 2000
Hausse79%78%
Baisse1%2%
Stabilité19%20%
Hausse32%35%
Baisse13% 13%
Stabilité54% 52%

Pensez-vous que le passage à l'euro a des effets positifs ou négatifs sur l'économie de votre
pays ?

  Allemagne R-U France
Positifs96%53%98%
Négatifs4%34%2%


près les hausses des taux courts décidées par la Fed et la BCE, tout le monde s'attend à des récidives : la Fed pourrait relever ses taux de 50 points de base d'ici au mois d'août, le contexte électoral aux Etats-Unis rendant par la suite la manouevre difficile. La BCE, de son côté, devrait continuer sa politique de petits pas à 25 points de base en trois fois d'ici à la fin de l'année. Au moment du sondage, la vigilance des banques centrales, conjuguée à un apaisementdes craintes d'inflation, faisait prévoir à une majorité des professionnels une stabilité des taux longs. Depuis la publication du chiffre de l'inflation aux Etats-Unis, ces propos semblent optimistes : les tensions sur les salaires, si elles devaient se prolonger, pourraient remettre en cause ce scénario.


Portefeuille

L'environnement vous praît-il plutôt favorable à l'investissement en...

 Avril 2000Rappel mars 2000
Actions72%76%
Obligations13%14%
Cash13%10%
  Concernant les actions, l'environnement actuel est-il, selon vous, plutôt favorable aux...

 Avril 2000Rappel mars 2000
Petites valeurs19%52%
Blue Chips75%43%

Sur les marchés allemand, britannique et français des actions, les cours vous semblent-ils plutôt...
Avril 2000 Allemagne R-U France
Surévalués38%20%18%
Sous-évalués12%13%21%
A leur prix46%66%60%


Quels secteurs économiques devraient présenter le plus fort potentiel de valorisation à un an ?

Avril 2000 AnalystesGérants
Banques37%28%
Télécoms 30%36%
Electricité21%-
Com. Média20%31%


es actions sont jugées à leur prix par la majorité des personnes interrogées, alors qu'elles étaient encore considérées comme chères en février et en mars. Les blue chips sont privilégiées contrairement aux mois précédents. Dans la hiérarchie des secteurs, analystes et gérants n'ont pas la même vision : pour les premiers, les banques arrivent en tête, suivies par les télécoms, alors que, pour les seconds, les télécoms et les médias sont encore à privilégier.



Stratégie

Quelles sont, selon vous, les places financières qui devraient offrir
le plus fort potentiel de hausse
pour le trimestre à venir ?

En %Avril 2000Rappel mars 2000
Allemagne2826
France3025
Zone Euro1624
Japon3316
Europe1312
Pays émergents912
Royaume-Uni 1112
Etats-Unis1411
Autres (Asie)2011
Espagne810
Italie109
Suisse66
Belgique35
Pays-Bas64
Finlande-2
Suède22
Danemark-1
Autres (Europe)3 1


e Japon est sans conteste le pays où il faut investir : si sa croissance économique semble encore fragile, la hausse des investissements laisse à penser que le pire est passé. Les restructurations entamées par les sociétés ont fait reviser à la hausseles estimations de bénéfices et le marché parait attrayant. La France et l'Allemagne viennent ensuite parmi les pays préférés : la France par sa croissance économique, et une haussedes résultats supérieure à celle des autres pays européens. De son coté, l'Allemagne, malgré une économie moins forte que celle de la France, entame une réforme fiscale très favorable aux entreprises.


La parité euro/dollar est-elle actuellement, selon vous, plutôt favorable ou défavorable à l'économie de la zone euro ?
 
En % France R-U Allemagne Bénélux Suisse/Italie
Plutôt favorable 85 74 98 92 91
Plutôt défavorable 1422 28 9
Sans influence 12 -- -
Ne se prononce pas -2 -- -



Enquête réalisée par téléphone par la SOFRES, pour Société Générale Asset Management et La Vie Française, du 12 au 14 avril 2000, auprès d'un échantillon de 206 intermédiaires financiers.

  France R.-U. Allemagne Bénélux Suisse/Italie
Analystes et gérants5647472828
 



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Les précédents Eurobaromètres
Enquêtes réalisées mensuellement pour La Vie Françaiseet Société Générale Asset Management.

1999 :
12/99
11/99
10/99
09/99
07/99
06/99
05/99
04/99
03/99
02/99
01/99

1998 :
12/98
11/98
10/98
09/98
07/98
06/98
05/98
04/98

 


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