Une situation paradoxale


Bien qu'optimistes quant aux perspectives économiques en Europe, les gérants et les analystes interrogés préfèrent le cash et les obligations aux actions.

Alors que les derniers chiffres économiques publiés aux Etats-Unis sont plutôt encourageants et laissent entrevoir une amélioration de l'activité, certes modeste, mais réelle, les Bourses américaines et européennes peinent à retrouver une tendance haussière. Cette crise de confiance s'exprime bien dans notre Eurobaromètre du mois de juin où, même s'ils sont largement convaincus de la reprise économique, les professionnels se montrent très prudents dans leurs recommandations d'investissement.

Ce paradoxe s'explique, d'abord, par le scandale des pratiques comptables et fiscales indélicates qui, d'Enron à Tyco jusqu'au plus récent, ImClone Systems, ont entamé la réputation du système financier américain. Mais les tensions internationales et les menaces, toujours présentes, d'attentats terroristes participent aussi à cette baisse de confiance. Dans ce contexte, il semble que les intervenants ne s'intéressent plus à la croissance des bénéfices à venir mais valorisent les actions uniquement en fonction de la solidité financière de leur bilan.

Les mesures proposées par les autorités boursières, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, afin d'améliorer le gouvernement d'entreprise et de régler les conflits d'intérêt au sein des banques d'investissement et des cabinets d'audit et de conseil seront une premier pas vers la confiance retrouvée. De bonnes nouvelles sur les résultats des sociétés amèneront les investisseurs à regarder à nouveau les perspectives bénéficiaires des titres. Enfin, une ou plusieurs OPA de la part d'industriels attirés par les faibles niveaux de valorisation pourraient être le catalyseur d'une nouvelle hausse des marchés.

Laurence HENAFF
Gérante Actions Européennes
SG Asset Management


ENVIRONNEMENT

En ce qui concerne les perspectives économiques en Europe, êtes-vous...
JUIN 2002
RAPPEL MAI 2002
Très optimiste 2%
Plutôt optimiste 78%
Plutôt pessimiste 19%
Très pessimiste 1%

Dans la zone euro, quelle orientation prévoyez-vous au cours du trimestre à venir pour les taux à court terme ? Les taux à long terme ?
JUIN 2002
COURTS
LONGS
Hausse 32% 45%
Baisse 3% 8%
Stabilité 65% 47%
NSP - -
 
MAI 2002
COURTS
LONGS
Hausse 30% 52%
Baisse 1% 8%
Stabilité 69% 40%

Toujours pour le trimestre à venir, par rapport au dollar, l'euro devrait-il plutôt s'apprécier, se déprécier or rester stable ?
JUIN 2002
FR
UK
DE
Ben.
CH
IT/SP
S'apprécier 60% 71% 63% 66% 53% 53%
Se déprécier 10% 3% 2% 5% 17% 10%
Rester stable 30% 26% 35% 29% 30% 37%
Ne se prononce pas - - - - - -

Le sentiment négatif concernant l'environnement économique en Europe continue à se diffuser. Cependant, les optimistes représentent toujours les trois quarts des personnes interrogées. Celles-ci n'envisagent pas de modification de la politique monétaire de la BCE dans le trimestre à venir et les professionnels anticipant une hausse des taux longs sont désormais minoritaires. Pour autant, l'Euro devrait continuer à s'apprécier face au dollar.


STRATEGIE

Actuellement, l'environnement vous paraît-il plutôt favorable à l'investissement en...

JUIN 2002

RAPPEL MAI 2002
Actions 62%
Obligations 15%
Marché monétaire 22%
Ne se prononce pas 1%
  Concernant les actions, l'environnement actuel est-il, selon vous, plutôt favorable au...

JUIN 2002

RAPPEL MAI 2002
Blue Chips 47%
Valeurs moyennes 46%
Ne se prononce pas 7%

Au sein des valeurs européennes, quels sont les trois secteurs économiques qui devraient présenter le plus fort potentiel de valorisation à un an ?
JUIN 2002  
Financières 33%
TMT 30%
Energie 30%
 
RAPPEL MAI 2002
Financières 55%
Biens de consommation 41%
TMT 36%

Pour la première fois depuis octobre 2001, l'investissement en actions n'est plus majoritairement recommandé par les gérants et les analystes interrogés. Le marché monétaire est, en effet, privilégié par plus d'un tiers d'entre eux, traduisant clairement la grande prudence des professionnels face à l'orientation des marchés.
Au sein des actions, les investisseurs continuent à se tourner vers les petites et moyennes capitalisations ; celles-ci étant plus résistantes à la baisse depuis le début de l'année. Au niveau sectoriel, les valeurs financières sont toujours recherchées. On note une nette désaffection des valeurs de consommation au profit des secteurs de l'industrie et de l'énergie.


MARCHÉS

Quel sera, selon vous, dans douze mois, le niveau du CAC 40, du Dow Jones et du DJ Euro Stoxx ?



Quelles sont, selon vous, les places financières qui devraient offrir le plus fort potentiel de hausse pour le trimestre à venir ? *
 
JUIN 2002
MAI 2002
Allemagne 11% 14%
France 13% 16%
Royaume-Uni 13% 15%
Japon 17% 12%
Etats-Unis 22% 36%
Asie 34% 26%
Pays émergents 7% 8%
(*) Total supérieur à 100 car plusieurs réponses sont possibles.


Les niveaux médians des indices, anticipés par les financiers à un horizon de douze mois, sont revus à la baisse d'environ 10 % par rapport au mois dernier. Mais, alors que les niveaux hauts baissent dans les mêmes proportions, les cours planchers du CAC 40 et du DJ EURO STOXX abandonnent respectivement 23 % et 25 %. Il faut y voir, à nouveau, la perplexité des investisseurs, qui malgré de bonnes perspectives économiques, voient le climat de méfiance vis-à-vis des comptes des entreprises et, plus généralement, le contexte géopolitique actuel entraîner les marchés actions à la baisse. Dans ce contexte, les Etats-Unis et dans une moindre mesure l'Europe perdent de leur attrait au profit de la zone asiatique.


Enquête réalisée par téléphone par la SOFRES, pour Société Générale Asset Management et La Vie Française,
du 12 au 14 juin 2002, auprès d'un échantillon de 228 intermédiaires financiers.

France R.-U. Allemagne Suisse Belgique/Pays-Bas Italie/Espagne
40 40 40 28 40 40







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Les précédents Eurobaromètres
Enquêtes réalisées mensuellement pour La Vie Françaiseet Société Générale Asset Management.



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