Une Europe à deux vitesses

La bulle internet a tenté de faire croire aux investisseurs, que le monde n'était plus régi par des phases de cycles d'expansions et de récessions, mais que les gains de productivités générés par l'utilisation des nouvelles technologies propulseraient le monde sur un rythme de croissance soutenu sur plusieurs décennies.
Le retour à la gestion des cycles a permis aux gouverneurs des banques centrales ainsi qu'aux chefs des différents gouvernements d'exprimer leurs politiques monétaires et budgétaires.
Le desserrement des taux monétaires et les avantages fiscaux constatés outre-atlantique et en Europe prennent ainsi différentes ampleurs, s'accompagnant ou non de changements structurels.
En Europe, l'Allemagne et la France semblent diverger sur la vigueur avec laquelle les réformes doivent être menées. Gerhard Schröder demandant même à son homologue français de le remplacer au sommet européen à Bruxelles, afin de défendre ses réformes sociales au Bundestag.
Le gouvernement français espère sans doute quant à lui que la crise traversée par la France aujourd'hui n'est qu'une crise conjoncturelle et non structurelle.
Le résultat de notre enquête mensuelle est toutefois sans appel. Les analystes et gérants interrogés font ressortir une nette amélioration du sentiment des investisseurs pour l'économie d'outre-rhin, avec dans le même temps une dégradation de leurs sentiments pour la conjoncture française.
A l'aube de l'émergence de la Chine comme nouvel acteur incontournable sur l'échiquier mondial des échanges commerciaux, le monde économique tricéphale d'aujourd'hui (Etats-Unis, Europe, Japon) apparaît fragilisé par ses dissensions de gestion de la reprise économique.

Eric BRAMOULLÉ
Gérant Actions Européennes
SG Asset Management



Sur les perspectives économiques
en Europe, êtes-vous...
Très optimiste -
Plutôt optimiste 65%
Plutôt pessimiste 32%
Très pessimiste 1%


Quelle orientation des taux d'intérêt prévoyez-vous, dans la zone euro, au cours du trimestre à venir ?
  Courts Longs
Hausse 11% 54%
Baisse 8% 10%
Stabilité 79% 33%
Sans opinion 2% 3%


Toujours pour le trimestre à venir, par rapport au dollar, l'euro devrait-il plutôt s'apprécier, se déprécier or rester stable ?
 
FR
GB
All.
Ben.
Suisse
IT/Esp.
S'apprécier 40% 38% 47% 68% 39% 48%
Se déprécier 25% 25% 18% 12% 13% 30%
Rester stable 35% 35% 35% 15% 45% 22%
Ne se prononce pas - 2% - 5% 3% -


Plus des deux-tiers des gérants et analystes sont désormais sereins quant à l'amélioration de la conjoncture économique en Europe, contre seulement un quart d'entre eux il y a six mois. Cet optimisme de façade cache toutefois une scission au sein des investisseurs : Allemands et anglais redressent la tête tandis que français et belges font grises mines. Si une stabilisation des taux courts est consensuelle pour le trimestre à venir, 75% des anglais et allemands voient les taux longs remonter pour seulement la moitié des français et des belges.
Les raisons de cette dichotomie entre acteurs européens se trouvent sans doute dans la manière d'appréhender les impacts de l'évolution de l'euro/dollar sur leurs économies respectives, tous s'accordant sur une poursuite de la chute du billet vert.



Quel type d'investissement vous paraît le plus favorable à l'heure actuelle ?



Actions 81%
Obligations 6%
Marché monétaire 10%
Sans opinion 3%
  A quel type d'actions l'environnement actuel est-il le plus favorable ?



Blue Chips 56%
Petites et
moyennes valeurs
35%
Sans opinion 9%


Quels sont les trois secteurs en Europe au sein des valeurs européennes, qui devraient présenter le plus fort potentiel de valorisation à un an ?
Financières 59%
TMT 55%
Industrie 38%
 
Les actions sont à la fête une fois encore ce mois-ci, gagnant encore du terrain sur les obligations, dont les investisseurs interrogés restent quasiment absents aujourd'hui. Avec une stabilisation de la proportion des blue chips à un niveau moyen dans les intentions des sondés, il semble que la poursuite du rebond des marchés envisagée ne pourra se faire sans les valeurs de moyennes capitalisations. En matière de choix de valeurs, analystes et gérants portent leurs attentions sur les financières et les TMTs, les valeurs industrielles complétant le trio de tête.



Quels seront les niveaux respectifs du CAC 40, du Dow Jones et du DJ Euro Stoxx dans douze mois ?


Quelles places financières devraient offrir le plus fort potentiel de hausse pour le trimestre à venir ?
   
Rappel Sept.
Europe 43% 45%
Allemagne 19% 17%
France 5% 8%
Royaume-Uni 10% 11%
Etats-Unis 33% 34%
Asie 43% 44%
Japon 27% 28%
Pays émergents 9% 8%


Au difficile exercice des prévisions sur indices, près du tiers des personnes interrogées refusent de se prononcer ce mois-ci. Une confirmation des niveaux envisagés le mois dernier voit tout de même le jour, avec un potentiel de hausse sur la base d'un niveau médian à horizon douze mois de l'ordre de 7 à 10%. La difficulté réside aujourd'hui dans l'incertitude que fait peser l'évolution de l'euro/dollar sur le comportement des différents marchés européens. Il ne faut pas oublier que pour un investisseur américain, la baisse du CAC40 au mois de septembre de -5.3% se trouve plus que compensée par une hausse de l'euro/dollar de +6.37%.


Enquête réalisée par téléphone par TNS Sofres, pour Société Générale Asset Management et La Vie Française,
du 15 au 17 octobre 2003, auprès d'un échantillon de 230 intermédiaires financiers.

France R.-U. Allemagne Suisse Belgique/Pays-Bas Italie/Espagne
40 40 40 30 40 40






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Les précédents Eurobaromètres
Enquêtes réalisées mensuellement pour La Vie Françaiseet Société Générale Asset Management.



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