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Les
femmes et l'emploi
Le 12 janvier
2004 - Notre étude
réalisée pour l'Observatoire des discriminations
du Cergors (Centre d'étude et de recherche sur les
organisations et les relations sociales) de l'Université
de Paris I-Panthéon-Sorbonne permet de mesurer les
discriminations dont sont victimes les femmes dans le déroulement
de leur carrière. Ainsi, un salarié sur deux
(50%) estime qu'une femme n'a pas les mêmes chances
qu'un homme d'être embauchée ou d'avoir une
promotion, 45% qu'elle a les mêmes chances d'être
embauchée, et 39% qu'elle a les mêmes chances
d'avoir une promotion.
Les femmes obtiennent moins parce
qu'elles demandent moins.
et demandent moins parce qu'elles ont moins
D'après
notre étude, il ressort que les femmes formulent
moins de demandes que les hommes. Ainsi, 15% des hommes
ayant un travail ont demandé une promotion dans l'année
écoulée, pour seulement 7% des femmes. Par
ailleurs, 23% des hommes ayant un travail ont demandé
une augmentation de salaires, pour 13% des femmes. Enfin,
29% des hommes ayant un travail ont demandé une formation,
pour 24% des femmes
Pour motiver
le fait de ne rien demander, les femmes mettent en avant
le fait que demander ne sert à rien. 25% des femmes
qui ne demandent rien le font parce que ça ne sert
à rien, c'est inutile, alors qu'il n'y a que 19%
d'hommes qui avancent cette explication.
Elles considèrent
qu'il vaut mieux changer d'emploi pour obtenir quelque chose :
7% des femmes pensent qu'il vaut mieux changer de travail
plutôt que de demander quelque chose - seulement 3%
des hommes partageant cet avis.
La crainte
d'un refus concerne 6% des femmes au travail mais seulement
4% des hommes. La timidité, 4% des femmes et seulement
2% des hommes.
Les hommes
qui n'ont rien demandé le font parce qu'ils ont déjà
obtenu quelque chose ou l'obtiennent automatiquement (16%)
alors que les femmes ne sont que 9% dans ce cas.
Les femmes
ont-elles les mêmes chances que les hommes ?
La perception
de l'inégalité des chances au travail par
les salariés français est particulièrement
instructive. Un salarié sur deux (50%) estime ainsi
qu'un femme n'a pas les mêmes chances qu'un homme
d'être embauchée ou d'avoir une promotion,
45% qu'elle a les mêmes chances d'être embauchée,
et 39% qu'elle a les mêmes chances d'avoir une promotion.
Les femmes
se perçoivent comme très défavorisées,
mais les hommes se montrent également lucides. 60%
des femmes pensent ne pas avoir les mêmes chances
au travail qu'un homme, pour 40% des hommes.
Plus d'une
femme sur trois (35%) des femmes pense qu'une femme à
les mêmes chances qu'un homme d'être embauchée
sur le même poste. Les hommes sont 53% à partager
cette opinion.
Enfin, au sujet
des promotions, le constat dressé par les hommes
et les femmes est sans équivoque : 32% des femmes
pensent que les chances des femmes sont égales à
celles des hommes, pour 47% des hommes.
Les salariés
les plus jeunes perçoivent la situation comme beaucoup
plus égalitaire que les plus âgés (39%
des -de 35 ans pensent que les femmes n'ont pas les mêmes
chances au travail, pour 54% des plus de 35 ans). Et 56%
des retraités pensent que les femmes n'ont pas les
mêmes chances.
Le poids
des atouts physiques et du charme au travail
56% des femmes
et 44% des hommes pensent que les atouts physiques sont
nécessaires aujourd'hui. Les femmes, par ailleurs
conscientes des inégalités hommes/femmes,
sont aussi plus lucides que les hommes à propos de
l'impact de l'apparence physique.
L'âge
apparaît également comme un facteur discriminant.
Ainsi, 57% des salariés de plus de 50 ans pensent
que les femmes ont besoin d'atouts physiques, pour 40% des
15-24 ans.
Une femme sur
4 pense que sans charme une femme ne pourra jamais réussir,
pour20% des hommes. 31% des +de 65 ans sont convaincus
que le charme est décisif, pour 17% des -de 35 ans.
Les avances
sexuelles au travail
Pour 44% des
hommes et 39% des femmes, les femmes sont la plupart du
temps confrontées à des avances sexuelles.
Au-delà
des avances, selon 9% des hommes et 7% des femmes, les femmes
doivent céder à des avances sexuelles pour
évoluer dans leur carrière. 13% des plus de
65 ans le pensent alors que les - de 35ans ne sont que 4%
à le déclarer.
Le déroulement
de carrière : les femmes moins positives que
les hommes
62% des salariés
en exercice ont l'espoir de progresser mais 35 % d'entre
eux craignent de plafonner.
Les femmes ayant un emploi (37%)
redoutent davantage de plafonner que les hommes (33%) et ont moins d'espoir de
progresser (59%) que les hommes (65%).
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