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Les Français
et le piratage de logiciels
Le 29 novembre 2004
- La contrefaçon de logiciels, aussi appelée "piratage",
touche de plein fouet l'industrie du logiciel en France. En effet, aujourd'hui,
pratiquement un logiciel sur deux (45%) est une copie illicite, c'est-à-dire
installée et utilisée sans licence et sans rémunération
pour les auteurs. A l'occasion de la Semaine du logiciel professionnel, et à
partir ce constat, BSA France (l'association des éditeurs
de logiciels professionnels) a cherché à en savoir plus sur la perception
du piratage, en confiant à TNS Sofres, la réalisation d'une étude
auprès de Français actifs utilisant un ordinateur dans le cadre
de leur activité professionnelle. Principal enseignement de notre étude :
pour plus de deux tiers des personnes interrogées (68%), pirater, c'est
voler.
Pirater,
c'est voler
Pirater, c'est
voler (68%). Les deux tiers des répondants n'ont
aucun doute quant à la dimension immorale du procédé.
Les plus convaincus sont les plus âgés :
72% des plus de 35 ans contre 61% des plus jeunes. C'est
le cas aussi des PCS - (72%) par rapport aux autres catégories
socioprofessionnelles (63%).
Pour 58% des personnes interrogées,
le piratage doit être puni. Si la faute est assez largement reconnue, la
sanction apparaît néanmoins comme secondaire. Tout se passe comme
si l'on reconnaissait aux pirates des "circonstances atténuantes".
Elles tiennent sans doute à un sentiment général d'injustice
et d'inégalité, ainsi qu'à une image dégradée
des entreprises (en particulier des grandes) et de leurs pratiques.
On retrouve
ici le moralisme plus apparent des PCS - (66% sont favorables
à la punition contre 54% des PCS +). Les foyers ayant
des enfants se montrent aussi plus tolérants, probablement
parce que le piratage effectué par leur progéniture
ne leur semble pas être suffisamment grave pour être
sanctionné.
Savoir que
le piratage est puni n'empêche pas de continuer à
pirater (79%). Le scepticisme apparaît général
quant au risque de se faire sanctionner. Il est particulièrement
apparent chez les moins de 35 ans : 86%, pour 74% des plus
âgés. C'est le cas aussi des personnes appartenant
aux catégories modestes (ouvriers et employés) :
84%, pour 76%. Les Français se demandent en effet
comment on pourrait éradiquer des pratiques qui concernent
des millions de personnes et qui sont effectuées
le plus souvent à domicile, dans un anonymat supposé.
Guidés
par le souci de ne pas payer les logiciels
Principale
motivation des pirates : le désir de ne pas
payer (81%). La plupartdes personnes interrogées
estiment que les pirates sont avant tout guidés par
le souci de ne pas payer les logiciels. D'une part, parce
que le risque apparaît limité et, d'autre part,
parce qu'il est techniquement facile de copier. Le gain
de temps (25%), la volonté de transgresser les lois
et les règles (20%) et celle de protester contre
les éditeurs de logiciels (15%) arrivent loin derrière.
Il n'est pas étonnant de constater que les moins
de 35 ans sont plus nombreux à penser que le gain
de temps est une incitation : 30%, pour 22% des plus
de 35 ans.
Le piratage induit un préjudice
pour les éditeurs (67%). Tout vol entraîne obligatoirement un préjudice.
Des disparités sont notables en fonction de l'âge (72% des plus de
35 ans contre 60% seulement des plus jeunes) et de la profession (74% des PCS
- contre 64% des PCS +). Il s'y ajoute une distinction régionale :
les Franciliens ne sont que 58% à parler de préjudice, contre un
maximum de 79% dans l'Ouest de la France. Cet écart pourrait s'expliquer
par la composition socio-démographique plus urbaine de l'Ile-de-France
et par un "système de valeurs" dans lequel la "débrouille"
et l'individualisme tiennent une place particulière.
Pirater, c'est
pareil que voler dans un magasin (52%).Pour la moitié
des personnes interrogées, ces deux actes sont comparables
en nature. 42% considèrent cependant que le piratage
est moins grave. La surprise vient ici du fait que les PCS
+ sont plus nombreux que les catégories modestes
(48% pour 31%) à placer sur un même plan les
deux types de forfait, alors qu'ils sont généralement
plus tolérants à l'égard du premier.
Les catégories
modestes favorables à des actions de répression
L'amende maximale
en cas de piratage est estimée à 3 000
euros (34%) ! On constate que le montant de la sanction
encourue pour les actes de piratage informatique est mal
connu ou estimé par les Français. Il est révélateur
de constater que les plus aisés fixent le montant
de l'amende à un niveau plus élevé
que les plus modestes (12% à 300 000 euros contre
7%), comme si chacun avait sa propre échelle de référence,
corrélée à ses propres moyens. C'est
le cas aussi des femmes (30% l'estiment à 300 euros
pour 18% des hommes), ce qui s'explique par le fait qu'elles
disposent, en principe, de revenus moins élevés
que les hommes et sont moins concernées par le piratage.
Il n'y a rien à faire contre
le piratage. (54%). Le taux élevé de personnes favorables au "laisser
faire" apparaît comme la contrepartie logique de la réponse
à la question 2. Il s'explique aussi par la proportion encore plus élevée
(79%) de personnes convaincues du faible risque de se faire sanctionner. Ce sont
les plus jeunes (67% des moins de 35 ans, contre 46% des plus âgés)
qui sont les plus chauds partisans du statu quo, étant les plus concernés
par le piratage. Dans la ligne de leurs attitudes précédentes, les
PCS - sont les mieux disposés envers les actions de répression,
d'autant qu'ils sont les plus nombreux à penser qu'elles peuvent avoir
des effets.
| Plus d'informations
: |
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Julie BONNET
Département Consumer de TNS Sofres
Tél : 33 (0)1 40 92 33 10
Fax : 33 (0)1 46 57 44 59
julie.bonnet@tns-sofres.com
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