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Risque industriel
:
perceptions, craintes et attentes
Le 4 juillet
2002 - Frappé
par la catastrophe du 21 septembre 2001 à Toulouse,
ATOFINA a décidé d'engager un
programme d'actions et d'information sur la sécurité
de ses sites. Afin de préparer ces programmes, une
enquête a été confiée à
la Sofres, qui permet de cerner l'état de l'opinion
et les questions que se pose la population en matière
de risque industriel. D'un caractère exceptionnel par
son ampleur et sa méthodologie - une enquête
au niveau national a été réalisée
auprès de la population française avec sur-représentation
des régions toulousaine et lyonnaise, doublée
d'une enquête auprès d'échantillons représentatifs
des populations résidant à proximité
de 18 sites industriels ATOFINA - cette étude montre
que la sécurité des sites industriels est une
préoccupation réelle dans l'opinion et que le
besoin d'information est considérable.
La
sécurité des sites industriels :
une préoccupation réelle, mais pas de climat
de panique
L'explosion de
l'usine AZF a un fort retentissement sur la perception qu'ont
les Français du risque industriel : cet événement
a sensibilisé les trois quarts de la population. Pourtant,
la sécurité industrielle continue de ne figurer
qu'au 7ème rang des préoccupations (67%), loin
derrière la délinquance des jeunes, la violence
en milieu urbain, le chômage ou la pollution, soucis
beaucoup plus immédiats.
La principale
crainte : des pollutions insidieuses
La catastrophe
du type "explosion" est, en dépit du contexte
créé par l'accident de Toulouse, beaucoup moins
redoutée que les pollutions insidieuses, (la pollution
de l'air, de l'eau, ou du sol, émanation de substances
toxiques pour la santé). Toutefois, la crainte de l'explosion
est plus présente dans les zones riveraines des sites.
L'évaluation
de la sécurisation des sites est très clivante :
une moitié des Français juge qu'il y a peu de
risques d'accidents, ou qu'on est attentif à limiter
les risques de pollution liés aux activités
industrielles, tandis qu'une autre moitié pense le
contraire.
Dans le même
esprit, on constate un scepticisme sur l'application des réglementations.
Près des 3/4 des Français pensent qu'il existe
des règles de sécurité précises
pour prévenir des risques d'accidents, protéger
la santé des employés travaillant sur les sites,
et limiter les risques de pollution. Mais la moitié
seulement pense qu'il existe des règles précises
pour protéger la santé de ceux qui résident
à proximité.
Surtout, ces
règles sont perçues comme mal appliquées
: le tiers des Français pense que les règles
sont bien respectées. De même, moins d'un Français
sur deux pense que les acteurs institutionnels et industriels
agissent efficacement pour assurer la sécurité
des sites.
Le discrédit
maximum concerne l'Etat, les instances européennes,
et les industriels : moins d'un tiers des Français
pense qu'ils agissent efficacement. Les élus locaux
sont plus crédibles, mais aux yeux de seulement 44%
des Français.
L'industrie
chimique plus inquiétante que le nucléaire
Lorsque l'on
compare les industries " à risque ", l'industrie
nucléaire apparaît comme la plus rassurante,
même si ses effets de long terme demeurent redoutés :
la politique de communication offensive, conduite sur la durée,
a porté ses fruits. L'industrie nucléaire remporte
la palme des industries apparaissant comme les plus sécurisées,
tant pour ses salariés que pour les riverains. Elle
distance nettement l'industrie pétrolière et,
surtout, l'industrie chimique, et ceci dans toutes les catégories
de population.

Information
et communication sur le risque industriel :
un déficit criant qui alimente le climat d'inquiétude
Plusieurs indicateurs
convergent pour souligner le manque d'information, tant au
niveau national que local. Moins du tiers des Français
se sent bien informé sur la nature et les conséquences
des risques industriels. Ce déficit d'information se
retrouve chez les riverains.
Les principales
attentes d'information portent logiquement, sur les aspects
pratiques : conséquences possibles sur les habitants
et surtout, la conduite à suivre en cas d'accident
- une demande particulièrement forte chez les habitants
de l'agglomération lyonnaise.
Source et crédibilité
de l'info : fort attachement à la proximité
Les médias
constituent logiquement la principale source d'information
sur les questions de sécurité industrielle,
devant le bouche-à-oreille et les associations. Les
pouvoirs publics et, surtout, les industriels, ne constituent
qu'une source d'information mineure. Cependant,
autour des sites ATOFINA, les pouvoirs publics et les industriels
ont un impact analogue à celui des associations.
La confiance dans les différentes sources d'information
met en avant des acteurs locaux. Le
seul acteur suscitant une confiance massive est le corps des
pompiers. Viennent ensuite les acteurs locaux " de terrain " :
les associations locales et les gens qui travaillent sur les
sites, puis la mairie, à égalité avec
les experts indépendants. Tous ces acteurs suscitent
la confiance de plus des 2/3 des Français. Les médias,
les syndicats, et l'Etat, ne suscitent la confiance que d'environ
un Français sur deux.
Les industriels,
qu'il s'agisse des responsables des usines ou des entreprises
concernées, sont considérés avec défiance
: moins d'un tiers les considère comme une source fiable.
Cependant, les résidents des zones proches des sites
ATOFINA, et ceux de la région lyonnaise, accordent
davantage de confiance aux responsables des sites.
Les actions de communication
de proximité ayant la plus forte résonance,
auprès des populations exposées, sont
les parutions avec un contenu rédactionnel (presse
ou magazines municipaux) : plus d'un riverain sur deux a lu
des articles sur les sites ;
les plaquettes expliquant la conduite à suivre en cas
d'accident : plus d'un riverain sur trois en a reçu
une. Les autres initiatives
sont plus ou moins connues mais très minoritairement
expérimentées directement par les interviewés.
Une communication
de proximité qui rassure
Les initiatives
de communication sont très bien accueillies par ceux
qui y ont pris part : quelle que soit leur forme, elles sont
appréciées par plus de huit riverains sur dix.
Les initiatives les plus rassurantes sont celles qui concrétisent
le site et le rendent plus familier, que ce soit en le rendant
plus accessible et transparent (journées portes ouvertes
ou réunions d'information) ou en proposant des exercices
de sécurité. La diffusion d'une information
auprès des enfants via les opérations de sensibilisation
dans les écoles est également très appréciée
(79%).

Méthodologie
de l'enquête
Cette
enquête réalisée du 2 au 10 avril
2002 comporte deux volets :
- un volet national, comprenant un échantillon
national de 1004 personnes, représentatif de la
population française âgée de 15 ans
et plus, et deux sur-échantillons de 250 personnes
chacun représentatifs des populations toulousaine
et lyonnaise
.
- un volet local, réalisé auprès
de 18 échantillons représentatifs des populations
âgées de 15 ans et plus, résidant
à proximité de sites industriels ATOFINA.
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