Nous reproduisons
ici un point de vue de Muriel HUMBERTJEAN, DGA de TNS
Sofres,
présenté lors du Top
Com 2003 le 3 février 2003
Le 4 février
2003 - A l'occasion du Top Com 2003, Muriel HUMBERTJEAN,
DGA de TNS Sofres, a révélé les résultats
de programmes d'études menés par TNS Sofres
sur la gouvernance d'entreprise. Principal enseignement :
plus d'un Français sur deux (54%) n'a plus confiance
dans les chefs d'entreprise.
54 % des
Français n'ont plus confiance dans les chefs d'entreprise
On constate
aujourd'hui une profonde crise de confiance dans la direction
des entreprises.
Cette crise
n'est pas le simple contrecoup des turbulences de France
Télécom ou de Vivendi. Certes, ces événements
récents ont marqué la société
française. Mais ils n'ont fait qu'amplifier une
tendance lourde, observable depuis deux décennies :
En 1985, 25 % seulement des Français déclarait
ne pas faire confiance aux chefs d'entreprise ; aujourd'hui,
ils sont 54 %
La diminution
de la confiance dans les chefs d'entreprise
| |
1985
|
1993
|
Déc
2001
|
août
2002
|
Evolution
1985
/ 2002
|
|
- Confiance
|
56
|
55
|
52
|
45
|
-11
|
|
- Pas confiance
|
25
|
33
|
38
|
54
|
+
29
|
L'attente
d'une nouvelle gouvernance n'est pas seulement celle d'une
élite traumatisée par l'affaire Enron et
la disparition d'Andersen. Elle a atteint les profondeurs
de la société française.
La suspicion
concerne les grandes entreprises, les petites sont épargnées
71% des Français
font aujourd'hui confiance aux petites entreprises, mais
40% seulement aux grandes entreprises, tandis que 59%
ne leur font pas confiance.
Les dérives
de la mondialisation sont à la source de cette
défiance :
marchés financiers et entreprises multinationales
semblent complices et les Français redoutent leur
puissance :
Près
de 60% des Français estiment que les marchés
financiers et les entreprise multinationales ont trop
d'influence sur l'économie mondiale.
Qui
a trop ou pas assez d'influence sur l'économie
mondiale ?
| |
Trop
|
Ce
qu'il faut
|
Pas
assez
|
|
Les entreprises multinationales
|
58
|
24
|
10
|
|
Les marchés
financiers
|
59
|
23
|
8
|
|
Les Etats
|
21
|
33
|
39
|
|
Les syndicats
|
16
|
32
|
48
|
|
Les associations de
citoyens et de consommateurs
|
6
|
24
|
67
|
Pour 93%
des Français, les grandes entreprises sont surtout
attentives
aux intérêts particuliers de leurs dirigeants
L'effet de
" l'affaire Messier " et de quelques " scandales
des stock options " a été ravageur
A quoi
les grandes entreprises sont-elles surtout attentives ?
|
Aux
intérêts de leurs dirigeants
|
93%
|
|
A
leur réputation
|
92%
|
|
A
la satisfaction de leurs clients
|
80%
|
|
A
la sécurité de leurs sites industriels
|
35%
|
|
A
la satisfaction de leurs salariés
|
21%
|
|
A
l'environnement
|
18%
|
Pour autant,
les Français demeurent peu " activistes ",
par rapport aux populations des autres pays développés
20% seulement
déclarent avoir " puni " une entreprise
jugée irresponsable, en boycottant ses produits
ou en en disant du mal (pour 58% des Américains
ou des Allemands, et 52% des Anglais).
Et c'est
plus que jamais de l'Etat que les Français attendent
un rôle de garde-fou : Ainsi 76% d'entre eux
déclarent qu'il n'y a pas suffisamment de règles
dans l'économie pour protéger les individus;
ils n'étaient que 60% en 2000.
La mise
en ouvre de règles de nouvelle gouvernance, avec
des engagements clairs
et fortement communiqués, apparaît aujourd'hui
indispensable pour les entreprises.
L'adoption
de chartes éthiques est le premier signe attendu
dans cette perspective : 51% des Français
font confiance aux entreprises qui les développent.
Les engagements
sur le développement durable apparaissent également
porteurs, notamment auprès des actionnaires :
les trois quarts d'entre eux déclarent qu'au moment
d'investir dans une société, les mesures
qu'elle a prises en matière de développement
durable constituent un critère de choix important.