La place de l'automobile dans la société

Le 16 septembre 2002 - L'édition 2002 de notre baromètre réalisé pour le Comité des Constructeurs Français d'Automobile (CCFA) sur les rapports entre l'automobile et la société met en évidence une tendance paradoxale. D'un côté, elle confirme le rôle primordial voire irremplaçable de l'automobile dans la mobilité des Français, qui se montrent de moins en moins disposés à se passer de leur voiture. Dans le même temps, émerge une sorte de raidissement vis-à-vis du danger et des nuisances attribuées souvent à tort à l'automobile. Ainsi, les embarras de la circulation et les difficultés de stationnement sont de moins en moins tolérés. Il en va de même pour les nuisances sonores, les risques d'accidents et, surtout, des dommages à l'environnement (pollution de l'air notamment).

Le rôle primordial de l'automobile dans la mobilité.

Lorsqu'on demande aux Français ce qu'évoque pour eux l'automobile, deux notions ressortent prioritairement et massivement : La mobilité et la liberté.

Comme les années précédentes, environ 90% des possesseurs d'automobiles (qui sont 89 % des Français) déclarent qu'elle leur manquerait s'ils devaient s'en passer, et les 3/4 disent qu'elle leur manquerait " beaucoup ". Même parmi les habitants de Paris et de la Petite Couronne, mieux desservis en transports en commun, 80% affirment que leur voiture leur manquerait. Les principaux motifs invoqués sont la perte de temps, la gêne pour faire ses courses, la diminution du confort des déplacements. A cet égard, il est à noter que 79% d'entre eux profitent de leurs déplacements en voiture pour combiner plusieurs déplacements (faire des courses et accomplir une démarche administrative .), quand ils ne sont que 35% à le faire lorsqu'ils utilisent les transports en commun. S'il n'y avait plus de voiture dans leur foyer, environ 80 % des Français affirment qu'ils sortiraient moins souvent, ou partiraient moins facilement en vacances ou en week- end.

Au total, 81% des possesseurs d'automobile déclarent avoir absolument besoin d'une voiture(et 63 % des habitants de Paris et de la petite couronne).

Les embarras de circulation sont de moins en moins tolérés

Les encombrements sont aujourd'hui une notion associée à l'automobile par 83% des Français, soit 18 points de plus que l'an dernier. Ils sont, corrélativement, jugés de moins en moins acceptables : 34 % seulement des Français estiment que les embarras de circulation ont été ramenés à un niveau acceptable, soit 4 points de moins qu'en 2001. L'intolérance est encore plus nette sur Paris et la petite couronne, dont 20% seulement des habitants jugent que les embarras de circulation ont été ramenés à un niveau acceptable, contre 79 % " inacceptable ". Ces chiffres marquent également une nette dégradation par rapport à 2001 (25% " embarras acceptables " il y a un an).

Dégradation de la perception de l'action des pouvoirs publics, notamment à Paris

Dans ce contexte, les jugements portés sur l'action des pouvoirs publics dans leur agglomération sont mitigés : si la moitié des Français estime qu'ils agissent efficacement pour améliorer les conditions de circulation, un quart pense qu'ils n'agissent pas, et un dernier quart pense qu'ils les compliquent. Ces chiffres sont stables par rapport à l'an dernier.

A Paris et dans la petite couronne, la tendance est en revanche à la dégradation : 38 % seulement des habitants, conducteurs ou non, estiment que les pouvoirs publics travaillent efficacement à améliorer les conditions de circulation. Ce chiffre est en retrait de 3 points par rapport à l'an dernier, tandis que la proportion de ceux qui jugent que les pouvoirs publics locaux compliquent plutôt les conditions de circulation augmente de 2 points.

Vraisemblablement en relation avec la dégradation des conditions de circulation, le sentiment prévaut que les difficultés de stationnement dans les villes s'aggravent : 71 % des Français partagent cette opinion. Face à ce problème, la solution préconisée par les 2 / 3 des Français est d'augmenter le nombre de places de stationnement et de parkings, plutôt que de les diminuer, pour inciter les gens à prendre les transports en commun.

Une sensibilité accrue des Français aux phénomènes de pollution

La pollution en France est davantage attribuée à la production industrielle qu'à la circulation automobile (et l'incrimination de la production industrielle augmente, d'année en année). Pour autant, la sensibilité aux pollutions générées par l'automobile augmente. Pour 87% des personnes interrogées, l'automobile est de plus en plus souvent associée à l'idée de " pollution ".

En outre, l'automobile est considérée comme le second responsable de l'effet de serre, derrière la production industrielle. Même si 81% des Français estiment que les voitures que l'on construit aujourd'hui sont plus respectueuses de l'environnement .

Les nuisances liées à l'automobile (bruit, pollution de l'air), sont jugées de moins en moins acceptables. Le bruit n'est toléré que par un Français sur deux à peine (48%), pour 59% il y a un an, et la pollution de l'air par à peine un Français sur trois (31%), pour 40% un an plus tôt.

Nouvelles voitures plus respectueuses de l'environnement

Autre indice de cette sensibilité accrue à l'environnement : 79 % des Français se déclarent aujourd'hui prêts à payer plus cher une voiture plus respectueuse de l'environnement (+ 6 points par rapport à 2001). Pour 65% des personnes interrogées, ce sont les constructeurs qui ont le plus contribué à la réduction de la pollution liée à l'automobile.

Enfin, la réduction des voies de circulation pour installer des couloirs de bus et de vélos est perçue comme facteur d'augmentation de la pollution dans les villes concernées. Ainsi, 58 % des Français estiment que la réduction du nombre de voies de circulation augmentera la pollution car il y aura plutôt plus d'embouteillages, tandis que 39% seulement estiment que ça la diminuera, car les gens prendront moins leur voiture. A Paris et dans la petite couronne, ces tendances sont plus marquées encore : 67 % des habitants estiment que la réduction des voies de circulation pour installer des couloirs de bus augmente la pollution, soit 10 points de plus que l'an dernier, lorsque l'expérience a été engagée.

Retirer de la circulation les véhicules de plus de 10 ans, une idée gagne du terrain

Les trois solutions prioritairement préconisées demeurent les mêmes que ces dernières années : améliorer la qualité des carburants ; interdire la circulation en ville les jours de pollution ; renforcer les contrôles techniques sur les véhicules.

L'idée de retirer de la circulation les véhicules de plus de 10 ans, qui polluent davantage que les véhiculent récents, est en revanche une idée qui gagne du terrain (62% des Français y seraient favorables, soit 5 points de plus qu'il y a un an, et 13 points de plus qu'il y a 2 ans ).

L'augmentation du prix du stationnement en centre- ville ne fait toujours pas recette : 8% seulement des Français y sont favorables - une proportion stable depuis trois ans.

La sécurité automobile : un enjeu de plus en plus prégnant

59% des Français estiment qu'il y a en France plus d'accidents de la circulation qu'il y a 10 ans, et 88% pensent qu'on n'a pas su ramener les accidents à un niveau acceptable. La faute en est principalement attribuée au comportement des conducteurs (par 94% des interviewés), alors que les voitures construites actuellement sont jugées plus sûres qu'il y a 10 ans par 84% des Français. Ces chiffres sont globalement stables depuis deux ans.

En revanche, le sentiment subjectif du danger augmente : aujourd'hui, 89% des Français associent l'automobile à l'idée de danger (+8 points par rapport à 2001). Et les Français sont un peu plus nombreux à déclarer qu'ils seraient prêts à payer plus cher pour une voiture plus sûre. En outre, la proportion d'interviewés estimant que les conducteurs se comportent de façon moins responsable qu'auparavant augmente sensiblement (46% en 2000, 47% en 2001, 54% en 2002).





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