Les élus et l'aménagement urbain

Le 18 février 2002 - Notre étude sur les préoccupations des municipalités urbaines en matière d'aménagement a été réalisée pour le Club Ville et Aménagement auprès de307 maires et maires adjoints, en charge des questions d'aménagement urbain, dans des communes de plus de 100.000 habitants. L'utilité de l'aménagement urbain est ainsi largement reconnue, en particulier pour améliorer l'image de la ville, protéger l'environnement et développer du lien social. Souhaitant inscrire l'aménagement dans une perspective globale de long terme, les élus jugent incontournable l'intercommunalité comme cadre de concertation. S'ils se sentent bien épaulés pour aborder les aspects techniques des projets d'aménagement, les élus réclament davantage de soutien sur les retombées économiques et sociales de leurs projets.

L'aménagement urbain, un moyen d'améliorer l'image de la ville

Pour la très grande majorité des élus interviewés, les fonctionnalités de l'aménagement urbain ne se résument pas à l'amélioration de l'habitat et du cadre de vie ou à la facilitation des déplacements.

C'est ainsi que 92% des élus voient dans l'aménagement urbain un moyen efficace de protéger l'environnement(et 43% y voient même un moyen très efficace de le faire) Or ce thème vient aujourd'hui en tête de toutes leurs préoccupations.

De la même façon, 86% des élus interviewés voient dans l'aménagement un moyen efficace de développer le lien social,et 85% un moyen efficace de lutter contre la marginalisation de certains quartiers.

Sur le problème de la sécurité, sujet sur lequel ils expriment de fortes préoccupations (71% ont le sentiment d 'être plutôt démunis pour l'aborder), 80% des élus interrogés ont cependant le sentiment que l'aménagement peut se révéler efficace, et 30% très efficace.

Autre élément encore, 51% des élus voient dans l'aménagement urbain une façon efficace d'améliorer l'image de la ville. Là encore l'aménagement répond à une préoccupation très importante d'une grande majorité d'élus .

Au total, l'enquête montre clairement que les élus des grandes agglomérations envisagent aujourd'hui l'aménagement comme un moyen de refaire de la ville une communauté, lui re-donner un sens et une image, assumer ses responsabilités collectives, et pas seulement de satisfaire les aspirations individuelles des habitants en matière de logement, transport et cadre de vie.

L'intercommunalité, un cadre de concertation incontournable

Cette volonté se traduit dès aujourd'hui par l'élaboration de projets structurants (révision du Plan Local d'Urbanisme, projet de ville, schéma de cohérence territoriale, etc.) pour plus du tiers des interviewés.

Parallèlement, l'intercommunalité leur paraît aujourd'hui un cadre de concertation incontournable, non seulement pour l'organisation du plan de transport et de circulation, mais aussi pour des questions comme la création d'équipements collectifs (66% jugent l'intercommunalité très importante sur ce sujet), la révision du plan local d'urbanisme (64%), voire le développement du parc de logements sociaux (56%) et le réaménagement des espaces publics (43%) : tous ces projets, qui pourraient sans doute être traités au niveau municipal s'il s'agissait seulement de régler des problèmes ponctuels, doivent être abordés en inter-communalité dès lors que l'on souhaite inscrire l'aménagement dans une perspective stratégique cohérente au niveau de l'agglomération.

Conséquence prévisible de cette volonté de long terme : la mise en oeuvre d'une opération d'aménagement leur apparaît comme une opération complexe (très complexe pour 50%, plutôt complexe pour 44%).

De nouveaux défis pour les professionnels de l'aménagement

L'émergence de nouvelles façons de penser l'aménagement génère chez les élus de nouvelles attentes, qui sont autant de défis pour les professionnels de l'aménagement.

Ainsi, si les élus se sentent bien soutenus pour aborder les aspects techniques des projets d'aménagement, 41% des interviewés se sentent en revanche mal épaulés pour la prise en compte des implications sociales de leurs projets, et 48 % mal épaulés pour la prise en compte des retombées économiques.

Par ailleurs, la volonté de construire un projet de moyen terme pose avec plus d'acuité la question du financement du projet, et soulève de multiples difficultés au plan juridique : deux sujets de préoccupation très importants et sur lesquels, là encore, une assez forte proportion d'élus ne se sent pas bien épaulé à l'heure actuelle.

A noter enfin que l'harmonisation européenne des réglementations ne fait encore partie des préoccupations que d'une minorité : 35% seulement disent en avoir entendu parler. Mais ces derniers se montrent pessimistes quant à ses conséquences : 72% estiment que cette harmonisation va plutôt leur compliquer la vie, et seulement 17% qu'elle va leur simplifier.




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Wandrille RIBLIER
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