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Le regard des enseignants
sur leur métier
Le 18 septembre
2002 - Heureux de leur
travail et de leur vie, pas assez bien formés à
leur métier, pas bien considérés par
la société : tel est l'état d'esprit
des enseignants tel qu'il ressort de notre enquête réalisée
auprès des professeurs du primaire et du secondaire
pour Le Guide des Profs du mensuel L'Etudiant.
Ainsi, près de deux enseignants sur trois (65%) affirment
exercer un métier de rêve. Dans le même
temps, ils sont 76% à estimer que leur formation n'est
pas assez adaptée à l'exercice de la profession
- dont 85% des enseignants de moins de 35 ans. Autre signe
de malaise que révèle notre enquête :
58% des enseignants s'estiment mal considérés
par la société, même si prédomine
dans leur esprit le sentiment d'une très forte utilité.
Un métier
de rêve
Globalement,
les enseignants sont satisfaits de leur situation : 65%
des professeurs affirment exercer le métier dont ils
rêvaient, contre 33% qui affirment l'avoir choisi par
raison. S'ils sont devenus enseignants, c'est d'abord par
envie de transmettre un savoir et des méthodes (64%),
puis de s'occuper d'enfants et d'adolescents (50%), bien loin
devant le temps libre (16%) et le statut de la fonction publique
(11%). Les enseignants du primaire sont globalement plus satisfaits
de leur métier que ceux du secondaire : 72%, pour
61%. Influencés dans leur choix, ils l'ont d'abord
été majoritairement par leurs propres professeurs
(52%). Signalons que, parmi les 23% qui ont été
influencés par leurs parents, moins de la moitié
(44%) avaient eux même des parents professeurs.
Un travail
et un salaire satisfaisants
Près de
80% des professeurs interrogés se déclarent
satisfaits de leur situation au travail et près de
70% de leur salaire. Ils sont 94% à considérer
que de la région dans laquelle ils exercent leur convient
(et seulement 2% à la rejeter totalement). Les enseignants
de province se déclarent d'ailleurs plus heureux que
les Parisiens: 75% sont tout à fait satisfaits de leur
région contre 51% à Paris. Seul bémol
à relever : le déroulement de la carrière.
Certes, 78% d'entre eux estiment qu'elle correspond à
leurs attentes quand ils ont débuté, mais seul
21% se disent tout à fait d'accord avec cette opinion
(pour 71% de très satisfaits à l'égard
de leur région, par exemple).
Un métier
pour la vie
82% des professeurs
estiment ainsi que leur métier leur permet de s'épanouir
dans leur vie professionnelle. Résultat : plus
des trois quarts (76%) veulent rester professeurs jusqu'à
leur retraite, alors que 22% veulent exercer différents
métiers. Néanmoins, notre étude pointe
un certain nombre de malaises à l'ouvre dans la profession.
Une formation
inadaptée
Plus des trois
quarts des professeurs interrogés (76%) considèrent
ne pas avoir reçu une formation adaptée à
l'exercice du métier d'enseignant au quotidien. Leur
part monte à 85% parmi les professeurs de moins de
35 ans, c'est-à-dire ceux qui sortent des IUFM (instituts
universitaires de formation des maîtres) pourtant créés
pour les former au métier d'enseignant. Un constat
de désaveu qui devrait appeler une véritable
réflexion sur la formation des professeurs.
Mal considérés
mais utiles
Les enseignants
expriment par ailleurs ressentir un manque de considération :
58% d'entre eux se sentent plutôt pas ou pas du tout
considérés. Seulement 6% affirment se sentir
tout à fait bien considérés, et 15% ne
se sentent pas du tout bien considérés !
Dans le même temps, la quasi-totalité - 94% -
affirment se sentir utile. Il existe parallèlement
une forte solidarité entre les professeurs au sein
des établissements scolaires : 93% de enseignants
affirment se sentir soutenus par leurs collègues (pour
77% qui se sentent soutenus par l'administration).
La discipline,
un problème important parmi d'autres
Lorsqu'on les
interroge sur le niveau de leur élèves, professeurs
du primaire et du secondaire répondent de façon
fort différente : 27% des enseignants du primaire
voient le niveau baisser (contre 51% rester stable) ;
59% des enseignants du secondaire voient le niveau baisser
(contre 35% rester stable). Cette différence d'appréciation
entre les enseignants du primaire et du secondaire se retrouve
lorsqu'on évoque les problèmes de discipline :
considérés comme le principal problème
des enseignants par 8% des professeurs du primaire, la proportion
des enseignants du secondaire partageant le même avis
s'élève à 17%. Pour autant, une grande
majorité (70%) se retrouve pour affirmer que c'est
un problème important mais pas le seul.
D'abord la
réduction des effectifs
Parmi les réformes
possibles testées lors de notre enquête, la réduction
des effectifs dans les classes est plébiscitée
par 89% des professeurs. Plus surprenant : l'introduction
d'une sélection arrive en seconde position (40%). Mais
rien ne peut se faire de bien sans un chef d'établissement
compétent, surtout dans le secondaire : 79%, pour
51% dans le primaire. Quant à avoir un ministre compétent,
c'est important pour un quart des professeurs.

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