
Indicateur mondial de la multigestion
vague 17
Le 25 septembre 2006 - L'Indicateur mondial de la multigestion suit et analyse l'opinion des plus grands gérants internationaux sur l'orientation
des marchés financiers. Il est réalisé chaque trimestre pour Natexis Asset Square (filiale de Natexis
Asset Management dédiée à la multigestion) et Investir. Dans cette 17e vague, 180 gérants européens et américains
ont été interrogés du 11 au 14 septembre 2006.
Grandes tendances
Le sentiment général est une moindre tension sur l'activité. La perception d'une inflexion aux USA est confirmée. L'Europe est cependant en léger décalage puisque l'activité continue de s'accélérer. La pause décidée dans la stratégie monétaire de la Fed est un signal de risque limité sur les taux d'intérêt de long terme.
Ce recul des taux longs doit aussi être perçu comme un facteur de stabilisation de l'activité. Cela crée également un regain d'intérêt sur le marché des actions, notamment aux USA où les résultats des entreprises sont bons. L'allocation d'actifs préconisée est donc à nouveau plus favorable aux actions.
Au niveau sectoriel, la santé a la préférence des gérants devant le secteur de la finance.
Près de 6 gérants sur 10 (principalement en Europe continentale) anticipent un impact positif sur le marché des actions de la hausse de la croissance européenne d'ici à la fin de l'année. Un peu plus de 3 sur 10 (principalement au Royaume-Uni) n'y voient aucun impact. Très peu de gérants y voient un impact négatif.
Activité : pas d'accélération, sauf en Europe
La situation de l'économie américaine reste préoccupante. La dégradation constatée en juin est confirmée mais pas accentuée. Il n'y a pas de rebond attendu de la croissance.
Dans les pays émergents, cette relative accalmie aux USA stabilise les perspectives qui restent néanmoins à un niveau élevé. Au Japon, l'activité, après une année 2005 remarquable, converge vers sa tendance de long terme.
Sur l'Europe, le sentiment positif sur l'activit é s'accentue encore. Cela reflète la plus grande homogénéité de la croissance européenne depuis le début de l'année 2006..
Politiques monétaires : pause aux Etats-Unis
Le changement d'orientation de la politique monétaire de la Fed le 8 août dernier est pris en compte. La stabilité des taux d'intérêt de court terme aux USA est désormais prédominante.
En revanche, en Europe, il y a toujours un biais haussier sur les taux d'intérêt de court terme. La BCE est plus inquiète sur l'inflation et ne veut pas donner un signal accommodant.
Taux d'intérêt de long terme : détente attendue
Mouvement de recul assez marqué concernant les anticipations sur les taux longs américains. Résultante possible du changement d'orientation de la politique monétaire et des attentes limitées concernant la croissance.
En Europe, le scénario des hausses de taux longs est moins dominant, signe que les taux longs américains sont perçus comme plus significatifs pour prévoir le profil des taux longs européens que la croissance ou la politique monétaire du vieux continent.
L'écart de taux longs entre les USA et l'Europe devrait se stabiliser.
Monnaie : stabilisation du dollar contre l'euro
Il n'est pas attendu de dépréciation supplémentaire du billet vert. La parité euro contre yen est relativement stable.
Matières premières : le pétrole à la baisse
Le sentiment a changé sur le prix du pétrole. La confirmation d'une croissance moindre aux USA suggère une demande moins dynamique et donc une tension moindre sur le prix de l'or noir.
Interrogation sur l'orientation que pourra prendre le cours de l'once d'or dans les prochains mois. Aucun consensus ne se dégage.
Actions : augmentation de l'exposition
Le changement observé aux USA sur la politique monétaire et sa conséquence sur les taux longs alors que les résultats des entreprises sont bons, incitent à retrouver un biais positif sur le marché américain.
Ce regain d'intérêt pour le marché américain profite à tous les marchés qu'ils soient émergents ou européens.
Pour l'Europe, il y a un vrai courant d'optimisme sur le marché porté par l'activité économique.En revanche, au Japon les bonnes surprises semblent désormais appartenir au passé. Il y a un désintérêt relatif pour ce marché.
Philippe Waechter,
Directeur des Études Économiques, Natexis Asset Management