
Les Français
et le crédit à la consommation
Le
17 décembre 2004 - Notre étude
réalisée pour ASF (Association française des sociétés
financières) permet de mettre en évidence
l'opinion des Français à l'égard du crédit à
la consommation, et d'identifier les conditions de souscription de ces crédits
: critères de choix, destinations.
L'état
des lieux du crédit à la consommation en France
32%
des Français ont déclaré détenir au moment de l'enquête
un crédit à la consommation. 27% ont souscrit un crédit classique,
c'est-à-dire les crédits personnels à taux fixe et dont les
remboursements sont programmés dès le départ, hors crédits
immobiliers. 9% ont souscrit à un crédit renouvelable. Le crédit
classique représente donc 75% des crédits souscrits.
Par
ailleurs, 24% des Français qui ne détiennent pas aujourd'hui de
crédit à la consommation ont déjà eu recours à
cette forme de crédit par le passé. Enfin 44% n'ont jamais souscrit
à un crédit à la consommation.
En
définitive, le crédit à la consommation est utilisé
par 14 millions de Français ; plus de la moitié des Français
de 18 ans et plus ont recouru au moins une fois au crédit à la consommation.
Le
choix du type de crédit largement déterminé par sa destination
Les
Français utilisent le crédit classique pour financer l'achat de
leur voiture. C'est la destination de 2/3 des crédits classiques. En mineur,
le crédit classique est utilisé pour financer les travaux dans la
maison et l'équipement du foyer.
Pour
le crédit renouvelable, les destinations sont plus variées. Les
dépenses d'équipement du foyer - (meuble, électroménager
mais également l'équipement de loisir (informatique et audiovisuel)
constituent la principale destination des crédits renouvelables. Avec 17%
des crédits renouvelables, le financement des achats de vêtements
constitue la seconde destination des crédits renouvelables. Enfin, pour
une part des détenteurs, le crédit renouvelable est considéré
comme ligne de crédit permanente sans destination précise (combler
la trésorerie.).
Le
rapport des Français à la consommation
Avant
d'aborder la perception du crédit à la consommation par les Français,
il était nécessaire de replacer l'individu dans un contexte plus
large, celui de son rapport à la consommation, position qui détermine
fortement sa perception du crédit à la consommation.
Nous
avons donc fait réagir les Français sur une série d'assertions
révélatrices de différents comportements d'achat. Les enseignements
que nous pouvons en tirer sont les suivants.
Premier
enseignement : les Français aujourd'hui adhèrent à des positions
de principe basées sur la prudence : ils sont presque unanimes à
déclarer comparer et réfléchir avant d'acheter ; veiller
à la maîtrise de leur budget ; épargner (et surtout ne
pas dépenser tout leur argent).
Second
enseignement : un arbitrage davantage en faveur d'un meilleur rapport qualité-prix
plutôt que d'une recherche systématique des plus bas prix. 87% des
Français déclarent être prêts à payer plus cher
pour la qualité alors qu'ils sont moins de la moitié à privilégier
les plus bas prix.
Troisième
enseignement : la recherche du plaisir dans la consommation (attitude hédoniste)
est adoptée par un Français sur deux. On le souligne à travers
les items suivants : « j'aime acheter dès que je trouve quelque
chose qui me plaît » ; « Je suis prêt à
payer pour me simplifier la vie ».
Normalisation
du rapport des Français au crédit à la consommation
Dans
ce contexte de consommation, la position des Français vis-à-vis
du crédit à la consommation semble marquée par une normalisation.
Les indices de cette normalisation se révèlent à travers
plusieurs signes :
- Une affirmation de son caractère légitime : le crédit à
la consommation est utile (87% d'accord), voire indispensable (75% d'accord).
- Le sentiment partagé que son usage est en passe d'entrer dans les
habitudes de consommation des Français : 70% pensent que son usage est
plus fréquent.
- Ils sont une majorité (54%) à reconnaître son rôle
moteur pour l'économie. On peut penser que les dispositions prises par
l'ex-ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, en faveur du crédit à
la consommation ont influencé les Français sur ce point (à
défaut d'avoir eu les retombées économiques attendues).
- Cette normalisation se traduit par conséquent par une image moins
dégradée du crédit à la consommation chez les Français
(46% pensent que le crédit est fait pour les gens déraisonnables)
Les
indices de cette normalisation se confirment à propos de la perception
des Français des achats qui justifient un crédit. Tous, détenteurs
comme non détenteurs de crédit, jugent légitime de prendre
un crédit pour financer des dépenses d'investissement, c'est-à-dire
la voiture (qui n'est pas à proprement parler un investissement mais qui
est généralement considéré comme tel par les
Français) ; les travaux dans la maison ; le financement des études
des enfants.
Pour
les dépenses d'équipement du foyer, le recours au crédit
à la consommation est plus souvent considéré comme légitime
par les détenteurs de crédit à la consommation que par les
non détenteurs. Enfin, les dépenses d'agrément, qui regroupent
voyages, fêtes et vêtements sont rarement considérées
comme légitimes pour souscrire un crédit à la consommation.
Pour
les détenteurs de crédits à la consommation, le crédit
se justifie d'un crédit dans deux situations majeures : l'obligation, la
force majeure (c'est-à-dire en cas de dépenses importantes (82%),
en cas de dépenses imprévisibles (81%) et lorsqu'il ne peut pas
faire autrement (80%). Autre cas : la possibilité d'acquérir
immédiatement un bien, c'est-à-dire lorsque le crédit lui
permet d'éviter de différer un achat (72%)
Les
moteurs du recours au crédit à la consommation
Au-delà
de ces deux sources de légitimité, on peut également identifier
2 attitudes minoritaires :
- Une attitude opportuniste, c'est-à-dire vouloir profiter d'une
bonne affaire (23%) ou d'un taux attractif (29%) ;
- Une attitude décomplexée vis-à-vis du crédit
à la consommation, celui-ci faisant partie d'un mode de vie (je ne
pourrai pas vivre sans crédit à la consommation 19%), attitude plus
fréquente parmi les détenteurs de crédits renouvelables.
Les
deux moteurs principaux de la souscription d'un crédit (obligation et immédiateté)
expliquent l'attitude des détenteurs de crédit s'ils n'avaient pas
pu souscrire à leur dernier crédit. Ainsi, la moitié aurait
cherché coûte que coûte une autre source de financement, justifiée
sans doute par le caractère obligatoire de la dépense, tandis que
l'autre moitié aurait renoncé à la dépense.
La
volonté d'acquérir immédiatement un bien représente
par conséquent la moitié des crédits souscrits et souligne
l'importance de son rôle dans la consommation des ménages. En outre,
les souscripteurs d'un crédit renouvelable auraient été plus
nombreux à renoncer à la dépense et les souscripteurs d'un
crédit classique, plus nombreux à rechercher une autre source de
financement.
L'examen
des critères de choix d'un crédit confirme qu'à chaque besoin
correspond un type de crédit. Ainsi, le crédit renouvelable est
choisi en priorité pour sa facilité et sa rapidité d'accès,
bien avant le taux d'intérêt. A l'inverse, le principal critère
de choix d'un crédit classique est le taux d'intérêt.
On
relèvera qu'une part importante des détenteurs de crédit
(30%) raisonnent également en fonction de leurs capacités de remboursement
mensuelle.
En
définitive, le type de crédit est choisi en fonction du contexte
dans lequel s'inscrit la dépense. Ainsi le crédit renouvelable semble
être une réponse adaptée dans le cadre d'une intention d'acquisition
immédiate.
Typologie
des détenteurs et non détenteurs
Pour
conclure notre étude, nous avons réalisé une analyse typologique
des détenteurs et non détenteurs de crédits à la consommation
en fonction de leurs attitudes de consommation et leur image du crédit.
L'analyse sur les détenteurs de crédit nous a permis de déterminer
4 groupes distincts :
- les dépensiers (19%) se caractérisent par une plus forte
tendance à dépenser tout leur argent et à aimer acheter ce
qui leur plaît. Ils apprécient le crédit à la consommation
pour la faculté qu'il donne à obtenir ce qu'ils souhaitent
- les gestionnaires (27%) regroupent une population aisée qui s'intéresse
aux placements. Pour eux, le recours au crédit s'inscrit principalement
dans un contexte obligatoire mais ils adoptent plus souvent que les autres ne
attitude opportuniste vis-à-vis du crédit.
- les prudents (33%) sont des acheteurs précautionneux qui réfléchissent
et comparent avant d'acheter. Ils apprécient le crédit pour la possibilité
qu'il offre de ne pas différer l'achat mais il est souvent perçu
comme un danger
- enfin, les réfractaires (22%) sont des acheteurs qui réfléchissent
et comparent avant d'acheter et privilégient les plus bas prix. Pour eux,
le crédit est avant tout dangereux et fait pour les gens déraisonnables.
Les réfractaires sont
aussi nombreux que les dépensiers !
La
même analyse réalisée sur les non détenteurs de crédit
nous a permis d'identifier quatre groupes qui se structurent sur des attitudes
similaires et dans des proportions équivalentes :
- les dépensiers ont l'image la moins dégradée du crédit
à la consommation
- les gestionnaires conçoivent plus souvent que le crédit
est un moyen de bien gérer ses dépenses. Ce sont les plus nombreux
à considérer le crédit comme un moteur pour l'économie
- les prudents acceptent le caractère utile du crédit mais le considèrent
comme dangereux.
- enfin, pour les réfractaires, le crédit est avant tout fait
pour les gens qui ne sont pas raisonnables.
Cette
analyse permet de tirer deux types de conclusions. Les détenteurs de crédits
n'ont pas un profil particulier qui les inciterait plus que les autres à
souscrire un crédit ; les déterminants économiques tels
le niveau de revenu, le capital disponible et le cycle de vie de l'individu ont
un impact plus important sur la décision de prendre un crédit en
France que l'attitude vis-à-vis du crédit.
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