Les dirigeants de PME-PMI repoussent
au dernier moment l'utilisation de l'Euro

Le 28 septembre 2000 - Taylor Nelson Sofres a réalisé au mois de mars dernier la quatrième vague du baromètre " l'Euro et les PME-PMI ". Cette étude permet de faire un point précis concernant l'utilisation de l'Euro par les entreprises de plus de 10 salariés, de mettre en évidence leurs échéances de basculement, d'évaluer leur satisfaction de l'aide apportée à ce jour par les banques ainsi que leurs attentes.

Les dirigeants se montrent de plus en plus confiants en ce qui concerne le basculement total de leur entreprise à l'Euro (13 % seulement sont inquiets) et il est vraisemblable que cette évolution est liée au passage réussi des systèmes informatiques le 1er janvier 2000.

Si 48% d'entre eux déclarent avoir déjà utilisé l'Euro pour payer des fournisseurs ou facturer des clients, cette utilisation reste toutefois exceptionnelle dans la grande majorité des cas. De plus, l'étude met en évidence la volonté de repousser au plus tard possible l'utilisation de l'Euro et parallèlement, on note l'absence de plan de basculement à l'Euro.

Ainsi, plus des trois quarts des interviewés disent vouloir payer les fournisseurs français en Euro " le plus tard possible d 'ici 2002 " et le chiffre est équivalent pour les facturations nationales. Les entreprises exportatrices elles-mêmes sont 58% à exprimer la même idée concernant le règlement des fournisseurs étrangers. Seule la facturation de clients étrangers incite les entreprises exportatrices à un calendrier plus précoce.

Parmi les vecteurs du passage à l'Euro avant fin 2001, l'incitation émanera désormais beaucoup moins de la maison mère (qui passe de 64 % à 26 % entre 1997 et 2000) que des partenaires économiques directs de l'entreprise, qu'il s'agisse de ses fournisseurs ou de ses clients.

Lorsqu'on leur demande quels sont les organismes qui ont le mieux informé sur l'Euro en 1999 en dehors de la presse, les dirigeants mettent en avant le rôle de leur banquier principal (64 %) suivi de celui de l'expert comptable (46 %) et du gouvernement (42 %). On peut saluer la bonne performance des banquiers car tant en 1998 qu'en 1997, les dirigeants voyaient dans les experts comptables les interlocuteurs les mieux à même de les aider, loin devant les banquiers.

A l'avenir, l'expert comptable demeure bien entendu l'acteur majeur susceptible d'accompagner la PME-PMI dans son basculement à l'Euro (55 % le citent en intervenant principal). Cependant, le second rôle est joué par le banquier qui gagne 10 points par rapport à 98 (et passe de 12% à 22 % en intervenant principal).

Parmi les informations attendues, figure en particulier la nécessité de communiquer sur les changements bancaires, mal compris. Ainsi, 17% des PME PMI déclarent avoir ouvert un compte en Euro. Cette proportion d 'ouverture de compte, très supérieure à ce que l 'on constate dans la réalité (taux autour de 2 à 3%), met en évidence les confusions existantes.

Enfin, un dirigeant sur cinq déclare que le basculement à la monnaie unique l'incitera à travailler avec de nouvelles banques, mais ce chiffre est en régression constante depuis 1997. En dehors de l'accès à de nouveaux crédits, ces dirigeants souhaitent pour les trois quarts d'entre eux, avoir des banques qui réalisent les opérations courantes sur la zone Euro des implantations commerciales ou de production.

Marie-Laurence Guéna




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Nathalie Léauté
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