Le 21 septembre 2005 - Notre étude réalisée pour Télérama fait le point sur les rapports qu'entretiennent les Français avec la télévision. Principaux enseignements : par rapport à 2004, la part des personnes satisfaites de la télévision diminue (46% en 2005, pour 51% en 2004). Mais parallèlement, la part des individus qui jugent que la télévision est meilleure qu'avant augmente en 2005 par rapport à 2004 (38%, pour 32%). Enfin, s'ils ne devaient conserver qu'un seul média, les Français privilégieraient le téléphone portable (33%), devant l'accès Internet (28%), la radio (22%) et la télévision (17%).
Une insatisfaction croissante
Par rapport à 2004, la part des personnes satisfaites de la télévision diminue (46% en 2005, pour 51% en 2004). Parallèlement, la part des individus qui jugent que la télévision est meilleure qu'avant augmente en 2005 par rapport à 2004 (38%, pour 32%). Cela signifie que le niveau d'exigence envers la télévision s'est accru : certes, le niveau actuel est jugé meilleur, mais pas encore suffisant pour contenter les téléspectateurs.
Typologie satisfaction des programmes
Les typologies de téléspectateurs confirment ce constat peu enthousiasmant vis-à-vis du petit écran : "les frustrés" (pour qui les programmes actuels non seulement ne sont pas satisfaisants, mais continuent à se dégrader) représentent toujours la majorité des téléspectateurs (38%). De même, "les nostalgiques" (qui voient le niveau de la télévision se dégrader sans que des changements soient perceptibles depuis un an) représentent près d'un tiers des personnes interrogées.
Surtout, la part des "jamais contents" (qui admettent que le niveau s'améliore, mais de manière insuffisante pour les combler) augmente de 4 points, tandis que celle des "philosophes" (qui reconnaissent que le niveau se dégrade, mais continuent d'apprécier ce qu'on leur propose) diminue de 6 points.
Enfin, le quart des personnes interrogées peuvent être qualifiées de "déçues" dès lors qu'elles perçoivent des évolutions depuis 1 an, mais dans le sens d'une dégradation du contenu.
- Les frustrés (38%) : Les plus nombreux, et stables par rapport à 2004. Ils ne sont pas satisfaits des programmes actuels et trouvent qu'ils continuent à se dégrader.
- Les philosophes (20%) : Moins nombreux qu'en 2004 (-6). Ils reconnaissent que le niveau se dégrade, mais se font une raison et continue à apprécier ce qu'on leur donne.
- Les comblés (24%, +2): Ils sont satisfaits de ce qu'ils voient à la TV et estiment que le niveau s'améliore.
- Les jamais contents (13%) : Plus nombreux qu'en 2004 (+4). Ils admettent que le niveau s'améliore, mais reste insuffisant pour les satisfaire pleinement.
L'augmentation de la part des jamais contents au détriment des frustrés prouve que le niveau d'exigence envers la TV croît.
Typologie Satisfaction à l'égard de l'évolution des programmes depuis un an
- Les déçus (26%) : ils trouvent que la TV a changé depuis un an, mais ces évolutions ne leur conviennent pas.
- Les charmés (17%) : les changements qu'ils ont constaté depuis un an viennent combler leurs attentes.
- Les nostalgiques (32%) : ils regrettent le temps d'avant. Le niveau de la TV est non seulement pour eux moins bon qu'autrefois, mais en plus cette situation n'est pas prête de s'améliorer puisqu'ils ne constatent pas de changements depuis l'année dernière.
- Les bienheureux (20%) : ils n'ont pas constaté de changement par rapport à l'année dernière, mais ça ne les préoccupe pas vraiment, puisque malgré tout, la tendance est à l'amélioration par rapport à avant.
Jeunes et seniors plus tolérants
Parmi les plus tolérants, 2 groupes se dégagent :
- Les plus jeunes, les 18-24 ans. Ils sont légèrement plus satisfaits que l'ensemble (51%, pour 46% ensemble) tout en considérant de manière significative que le niveau de la télévision est moins bon qu'avant (70%, pour 58% ensemble). Leur niveau d'exigence est donc faible.
- Même constat pour les 65 ans et plus : satisfaits à hauteur de 53% (pour 46% ensemble), ils considèrent légèrement plus que l'ensemble que le niveau est moins bon qu'avant 59% pour 58% ensemble).
Cela s'explique en grande partie par le fait que ces cibles ont un rapport fonctionnel ou routinier à la télévision. Les anciens regardent significativement plus que l'ensemble la télévision pour combler des moments de solitude (85%, pour 72 %) et ensuite mieux parler échanger (50% pour 41%).Les deux cibles déclarent légèrement plus que l'ensemble regarder la télévision plus par habitude que par choix (61% pour les 18-24 ans et 59% pour les 65 ans et plus contre 58% ensemble). La qualité proposée par le petit écran importe alors moins que sa capacité à jouer les "fonds sonores".
25-34 ans et catégories socio-professionnelles supérieures parmi les plus sévères
Parmi les plus sévères, on relève 4 groupes :
- Les PCS + sont la catégorie socio-professionnelle la plus insatisfaite (60%, pour 53%) et la plus déçue de l'évolution du niveau de la télévision (63% moins bon qu'avant, pour 58 % ensemble).
- Les 25-34 ans correspondent à la tranche d'âge la plus critique (60%, pour 53% ensemble) et celle qui considère en majorité que le niveau de la télévision est moins bon qu'avant (70%, pour 58% ensemble).
- Les résidents de l'agglomération parisienne sont également des insatisfaits du niveau actuel de la télévision (62%, pour 53 % ensemble) et de manière non significative de son évolution (64% pour 58% ensemble).
- Les personnes bénéficiant d'un accès Internet : 58% sont insatisfaites de la télévision telle qu'elle est aujourd'hui et 61% estiment que son niveau se dégrade.
Le média Internet semble donc combler un certain nombre d'attentes auxquelles la télévision ne répond pas, qu'il s'agisse d'ailleurs des chaînes hertziennes, de celles du câble ou de la TNT, puisque l'accès à ce type d'offres ne vient pas améliorer le niveau de satisfaction et de perception d'évolution à l'égard du petit écran.
De même, dès lors qu'on dispose d'un accès Internet chez soi, on tend à passer moins de temps devant la télévision (56%), ce qui corrobore le fait que si les personnes interrogées ne devaient garder qu'un seul média c'est le portable (33%) puis Internet (28%) loin devant la télévision (17%) qui seraient gardés en premiers.
Ouverture, culture et éthique, principales attentes envers la télévision
Les exigences et les attentes à l'encontre de la télévision se situent au niveau du contenu. Les personnes interrogées aimeraient que la télévision fonctionne telle une fenêtre ouverte sur le monde et réponde à leur besoin de comprendre :
- 90 % considèrent que la télévision doit permettre de découvrir des choses inconnues.
- les trois quarts estiment que la télévision permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure. C'est encore plus manifeste chez les cibles âgées, rurales, peu instruites et celles ne disposant pas d'Internet.
On sent donc poindre cette année une volonté de voir la télévision redevenir un média culturel et pas seulement un outil de divertissement.
D'ailleurs, parmi les chaînes correspondant le plus aux attentes personnelles, Arte arrive en tête et devance désormais TF1, à l'inverse de ce que l'on observait en 2004. En outre, Arte progresse de 4 points dans la hiérarchie des Français tandis que M6 perd 5 points.
Même si TF1 progresse par ailleurs d'un point d'affinité avec les Français, ce double mouvement semble traduire une distance prise - ou tout au moins déclarée - face au contenu proposé (notamment la télé réalité) par les deux principales chaînes privées.
Ainsi, plus largement, les chaînes publiques recueillent plus l'adhésion en 2005 (55%) qu'en 2004 (47%). Elles sont perçues comme différentes (60%), par des personnes pour qui ces différences reposent en grande partie sur les programmes et en second lieu seulement sur le mode de financement et le volume publicitaire (35%).
C'est donc bien au niveau du contenu et de la qualité des programmes que se situent les exigences des Français envers la télévision aujourd'hui. Et le fait que la satisfaction envers le petit écran diminue plus encore auprès des personnes abonnées à une offre de télévision payante (- 8 points entre 2004 et 2005 ; - 3 points pour les personnes ne recevant que les chaînes hertziennes) prouve que c'est bien d'une exigence de qualité et non de quantité dont font preuve les Français.
Dans cette situation, on ne s'étonnera pas de constater que l'intérêt pour la TNT est relativement modéré (53%), seule une valeur ajoutée en termes de contenu pourrait permettre un plus grand enthousiasme envers ces chaînes.