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La
situation politique à Marseille
à moins de trois semaines
des élections municipales
Le 1er mars
2001 - L'enquête
réalisée par la SOFRES pour Marseille
L'Hebdo montre que le maire sortant, Jean-Claude Gaudin,
devrait conserver la mairie conquise en 1995. Toutefois, l'écart
entre la liste de la majorité sortante et la liste
de gauche conduite par René Olmeta semble se resserrer
légèrement en fin de campagne.
Précisons
d'abord que l'enquête a été réalisée
auprès de l'ensemble des marseillais. Afin d'améliorer
la qualité des intentions de vote recueillies, chacune
des listes proposées faisait apparaître le nom
de la tête de liste dans l'ensemble de la ville et le
nom du candidat dans chacun des secteurs concernés.
Les habitants ont donc été interrogées
sur les candidats de leur propre secteur.
Les listes
Gaudin en tête au premier tour et majoritaires au second
A moins de
trois semaines du premier tour (l'enquête a été
réalisée les 19 et 20 février derniers),
Jean Claude Gaudin domine encore nettement son rival socialiste.
Au premier tour, les listes du maire sortant, soutenues par
l'UDF, le RPR, DL et Génération Ecologie, obtiendraient
40% des intentions de vote. Elles amélioreraient donc
sensiblement leurs résultats de 1995 (36,2%).
Les listes
de gauche seraient en revanche stables par rapport à
la précédente élection. Les listes du
candidat de gauche d'alors, conduites par Lucien Weygand,
avaient obtenu 28,7% des suffrages au premier tour, et l'ensemble
des listes de gauche et écologistes 41,6%. Les listes
conduites par René Olmeta et soutenues par le PS, le
PC, le MDC, le PRG et les Verts obtiendrait 38% des voix,
et les listes d'extrême gauche 3%, soit 41% au total.
Les autres
listes telles que " Marseillais tous ensemble "
conduite par Jacques Balouzat (1,5%), celles du RPF conduite
par François Franceschi (1%), ou celles de Hyacinthe
Santoni (" La Force des convictions ",
0,5%) ne seraient pas en mesure de se maintenir au second
tour et atteindraient des niveaux particulièrement
faibles.
Les listes
du Front National conduites par Maurice Gros et du MNR conduites
par Bruno Mégret, quant à elles, ne retrouveraient
pas leurs scores moyens des municipales de 1995 (22%). Avec
un total de 16% des voix au premier tour, elles confirment
cependant leur ancrage dans un de leurs bastions traditionnels,
un score d'autant plus remarquable que l'extrême droite
est actuellement en baisse dans la plupart des villes de France.
Cela signifie que même divisée l'extrême
droite devrait être en mesure de se maintenir au second
tour dans certains secteurs. Les listes du FN conduites par
Maurice Gros feraient aujourd'hui jeu égal avec celles
du MNR de Bruno Mégret, ce qui constituerait à
la fois une déception pour le leader du MNR, mais une
particularité locale tant les listes de son mouvement,
dans les autres villes de France, sont dominées par
celles du FN.
Au second tour,
dans une hypothèse de duel, le rapport de force reste
aujourd'hui nettement favorable au maire sortant. Ses listes
sont créditées de 55% des intentions de vote
et celles de René Olmeta de 45%. En cas de triangulaire,
la droite obtiendrait une majorité relative des voix
(45%), améliorant sensiblement son score de 1995 :
4,5 points de plus. Mais les listes de gauche progresseraient
elles aussi ; quoique dans une moindre mesure :
elles sont aujourd'hui créditées de 42% des
intentions de vote, pour 40,4% lors de la dernière
élection. Les listes d'extrême droite, qu'elles
soient conduites par le FN ou le MNR, créditées
de 13% des intentions de vote, enregistreraient une baisse
sensible, de 6 points.
Légère
progression de la gauche et du FN en fin de campagne
Par rapport
à notre précédente enquête (1er
et 3 février) réalisée pour La
Provence, et à moins de trois semaines du premier
tour (celle-ci a été réalisée
les 19 et 20 février), les listes de gauche enregistrent
une légère progression des intentions de vote
en leur faveur, de même que les listes du FN. En conséquence,
les listes conduites par Jean-Claude Gaudin, tout en restant
majoritaires, se tassent.
Au premier
tour, les listes conduite par René Olmeta et celles
de l'extrême gauche progressent chacune d'un point,
celles du FN de 1,5 points, et celles Jean-Claude Gaudin baissent
de 2 points. Au second tour et en cas de triangulaire, les
listes Gaudin perdent 2 et 3 points, l'écart entre
la liste du maire sortant et celle de son rival socialiste
n'étant plus que de trois points dans ce cas de figure.
Les évolutions sont de moindre ampleur dans une hypothèse
factice de duel.
Ces évolutions
décrivent certes une tendance plus favorable pour la
gauche qu'il y a trois semaines, mais elles ne reflètent
qu'imparfaitement le rapport de force dans chaque secteur
de la ville, et ne doivent pas cacher à la fois la
domination actuelle de la majorité sortante, et sa
progression par rapport à 1995 : lors de la précédente
élection, Jean-Claude Gaudin l'avait emporté
avec un score de 40,61% des voix au second tour (40,37% pour
les listes de gauche et 19,02% pour le FN).
Un bilan positif et consensuel,
des attentes différentes dans chaque électorat
Il ne faut
pas non plus perdre de vue le fait que Jean-Claude Gaudin
a su élargir les soutiens traditionnels de la droite
classique pour empiéter sur un électorat aujourd'hui
plus favorable à la gauche : les jeunes, les cadres
supérieurs et les catégories populaires. Cette
situation atypique, il la doit certainement beaucoup au travail
de l'équipe municipale en place, aujourd'hui créditée
d'un très bon bilan, comme le montrait notre enquête
réalisée par La Provence.. 68%
des habitants jugeaient " excellent ou bon "
le travail accompli par la municipalité au cours des
dernières années (contre 30%). A l'exception
des sympathisants du PC (48%), son action y était jugée
positivement par la totalité des catégories
de la population, et notamment par les personnes âgées
(71%), les retraités (72%) et les commerçants
(77%). Elle est saluée par 66% des sympathisants socialistes
et 56% de ceux du FN-MNR.
Si le maire
sortant a su fabriquer un consensus sur son action, il n'en
reste pas moins que les attentes des marseillais varient sensiblement
en fonction des électorats. Trois des principaux projets
qu'ils souhaitent voir réalisés correspondent
à leurs attentes d'amélioration de la sécurité,
du cadre de vie et de la circulation : le prolongement
du tramway (39%), l'augmentation des effectifs de la police
municipale (34%) et la réhabilitation du centre ville
(34%), auxquels ont peut ajouter l'amélioration du
problème de stationnement dans le centre (27%). Mais
l'on constate que si les questions du prolongement du tramway
(44%) et de l'augmentation du parc de logement sociaux (36%)dominent
dans les attentes des électeurs potentiels de René
Olmeta, ceux de Jean-Claude Gaudin souhaitent d'abord l'augmentation
des effectifs de police (40% pour 25% aux électeurs
potentiels de René Olmeta), puis la réhabilitation
du centre ville et les aménagements en matière
de transports (38% pour ces deux projets).
Stéphane Marcel

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