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Le 1er
mars 2003 - Confiance
des Français accrue envers Jacques Chirac (55%,
+5), stabilité envers Jean-Pierre Raffarin (53%)
qui se retrouve pour la première fois depuis son
entrée à Matignon à un niveau inférieur
au président de la République, tel est le
principal enseignement de la dernière vague de
notre baromètre mensuel réalisé pour
Le Figaro Magazine. Les développements
diplomatiques liés à la crise irakienne
ont pesé sur l'opinion, à un point tel que
plus d'une personne interrogée sur deux (52%) estime
que le rôle de la France se renforce dans le monde
- soit une hausse de 16 points par rapport à la
dernière vague. Un satisfecit global en matière
de politique étrangère, qui bénéficie
également en termes de popularité à
la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie
et à celui des Affaires étrangères,
Dominique de Villepin, testé pour la première
fois dans notre baromètre. Reste un scepticisme
persistant sur le front de la politique économique
et sociale : jamais l'action du gouvernement en matière
de lutte contre le chômage n'a été
jugée aussi inefficace (85%) depuis juin 1997.
Conséquence directe : pour la troisième
fois consécutive, la lutte contre le chômage
(44%) constitue aux yeux des Français le principal
domaine d'action assigné au gouvernement, devant
la lutte contre la violence et la criminalité (28%).
Jacques
Chirac : confiance record depuis novembre 2001
Avec 55%
de jugements favorables, la
confiance des Français envers Jacques Chirac
n'a jamais été aussi élevée
depuis novembre 2001 (56%), moment marqué par les
conséquences internationales de l'attentat du 11
septembre et au cours duquel le président de la
République avait pleinement exercé ses prérogatives
en matière de politique étrangère.
Toutes les catégories - à l'exception des
50-64 ans et des commerçants et chefs d'entreprise
- émettent des jugements à la hausse, et
principalement les sympathisants de gauche (35%, +8),
les professions intermédiaires (69%, +8) et les
plus de 65 ans (69%, +8).
Ce sont les
tensions internationales actuelles qui expliquent en partie
ce regain de confiance : polarisée sur le
déroulement de la crise irakienne, l'opinion adresse
donc un satisfecit à l'égard du président
de la République. Toutefois, il faut bien préciser
que la question porte sur les " problèmes
qui se posent en France actuellement ". L'opinion
semble donc davantage faire crédit à Jacques
Chirac des bienfaits de son action diplomatique plutôt
que de son action intérieure. Même si on
peut remarquer en même temps la hausse de la confiance
des Français envers Jacques Chirac (+5) n'est pas
aussi forte que celle enregistrée en octobre 2001,
juste après les attentats contre le World Trade
Center (57%, +10). L'opinion lui adresse à la fois
un satisfecit en matière de politique étrangère,
tout en émettant une confiance moindre à
son égard quant à sa capacité à
résoudre les problèmes internes.
Confiance
stable pour Jean-Pierre Raffarin
Institutionnellement
davantage tourné vers la politique intérieure,
son Premier ministre voit sa cote de confiance
se stabiliser au même niveau que le mois dernier
(53%), et ce malgré un contexte économique
national difficile (hausse du chômage, licenciements
et plans sociaux chez Air Lib, MetalEurop.). Néanmoins,
c'est la première fois depuis son entrée
à Matignon qu'il décroche par rapport à
Jacques Chirac, avec un niveau de confiance inférieur
de 2 points à celui du locataire de l'Elysée.
Entrée
remarquée de Dominique de Villepin
Légèrement
en retrait par rapport au Premier ministre et au président
de la République, Nicolas
Sarkozy conserve néanmoins sa place de
leader parmi les personnalités de droite que les
Français souhaitent voir jouer un rôle important
au cours des prochains mois (54%, -1), devant Jean-Pierre
Raffarin (52%, -1). Deux personnalités bénéficient
en termes de popularité de leur mise en avant dans
la crise irakienne : la ministre de la Défense
Michèle
Alliot-Marie (38%, +4), et surtout son collègue
du Quai d'Orsay Dominique de Villepin, qui effectue une
entrée remarquée dans notre baromètre
avec 34% de jugements positifs.
A gauche,
le trio de tête reste inchangé, Bernard
Kouchner (57%, =) demeurant solidement attaché
à la première place des personnalités
politiques que les Français souhaiteraient voir
jouer un rôle plus important au cours des prochains
mois, devant Bertrand
Delanoë (50%, +3) et Jack
Lang (44%, +1). La plus forte augmentation de
jugements positifs est enregistrée ce mois-ci par
François Hollande (36%, +6) et, dans
une moindre mesure, par Laurent
Fabius (34%, +3) - des évolutions que l'on
peut mettre sur le compte du soutien qu'ils ont apporté
à la diplomatie française et dont les Français
leur savent gré.
Le renforcement du rôle
de la France
dans le monde salué aussi bien à droite qu'à gauche
Conséquence
directe de la prédominance de l'actualité
internationale et de la position française défendue
par Jacques Chirac à propos d'une éventuelle
intervention armée américaine en Irak :
plus d'un Français sur deux (52%) estime que le
rôle de la France se renforce dans le monde, contre
32% - soit une hausse de 16 points par rapport à
la dernière vague. Une opinion majoritairement
partagée aussi bien parmi les sympathisants de
droite (60%, contre29%) que de gauche (49%, contre 35%).
Lutte contre
le chômage : l'action du gouvernement sanctionnée
Sur le front
intérieur, la lutte contre le chômage (44%,
+2) confirme sa place de priorité numéro
un que les Français assignent au gouvernement.
D'un niveau jamais vu depuis septembre 2000, c'est la
troisième fois consécutive que cette préoccupation
devance la lutte contre la violence et la criminalité
(28%, -4). Une inquiétude que partagent plus fortement
que l'ensemble de la population les hommes (48%), les
inactifs et retraités (48%), les cadres et professions
intellectuelles (49%) et les sympathisants de gauche (54%).
A cet égard, l'opinion sanctionne durement ce mois-ci
l'action du gouvernement en matière de lutte contre
le chômage : 85% la jugent inefficace, contre
12% - soit un niveau d'inefficacité jamais atteint
depuis juin 1997.
Pessimisme
persistant
Regain de
tensions sur le front international, inquiétudes
persistantes sur celui du chômage, pas étonnant
de voir la déprime gagner peu à peu l'opinion.
Deux Français sur trois (66%, contre 18%) émettent
un jugement pessimiste sur l'évolution du climat
général - soit une progression de 5 points
par rapport à la dernière vague. Parmi les
catégories qui broient du noir, on retrouve les
femmes (69%), les tranches d'âge les plus jeunes
(18-24 ans, 74% ; les 25-34 ans, 70% ; les 35-49
ans, 71%) ; les commerçants et artisans (81%) ;
les ouvriers (75%) ; et les sympathisants de gauche
(76%).
Sylvain LEFORT
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