Les Français
et la qualité de vie
dans les villes moyennes
Le 1er juillet 2005 - Notre étude réalisée pour la Fédération des Maires de Villes Moyennes, auprès d'un échantillon de
1 000 personnes représentatif de la population des 204 villes moyennes françaises permet de faire le point sur l'image qu'ont les
habitants de leur ville ainsi que des services offerts par la municipalité. Principal enseignement : la très grande qualité de la vie offerte par les
villes moyennes est largement soulignée par une majorité de leurs habitants. Toutes les catégories
de population, y compris les catégories populaires et les habitants de logements
HLM s'accordent sur ce point, attestant ainsi de la réalité de la qualité de vie pour
tous.
Des villes agréables à vivre
89% des habitants des villes moyennes considèrent que leur ville est agréableà vivre contre 11% seulement qui expriment une opinion contraire.
Ce taux de satisfaction élevé est le résultat d'un consensus dans toutes les classes
d'âge mais également, ce qui est beaucoup moins fréquent, dans l'ensemble des
catégories sociales, des plus aisées aux plus populaires. Il se vérifie également quel
que soit le type d'habitation : aussi bien en maisons individuelles (91% de satisfaits)
qu'en logements HLM (85% de satisfaits).
Les éléments concourant à faire des villes moyennes des lieux agréables à vivre
sont nombreux, et concernent tout d'abord la ville en elle-même, son cadre de vie en
général. 84% de leurs habitants trouvent que leur ville est belle, et 75% affirment
qu'ils aiment s'y promener, y flâner. Les villes moyennes sont également
considérées comme dynamiques et conviviales : 63% pensent que le centre ville est« actif et vivant », et 56% que c'est un endroit où les gens se connaissent. Ce
résultat varie avec la taille de la ville considérée. Enfin, les villes moyennes ont une
identité propre aux yeux de leurs habitants : 66% ne sont pas d'accord pour dire que
leur ville est « sans âme » (contre 32% qui pensent le contraire).
Une qualité de vie très élevée
Cet agrément général trouve également sa traduction dans les situations
individuelles et leurs perceptions. La force des villes moyennes tient non seulement à la valeur intrinsèque de leur cadre qui est très appréciée et valorisée, mais également à la qualité de la vie et des services qu'elles offrent plus directement aux
habitants.
Et tout d'abord en terme de sécurité, thème qui d'une façon générale est une
préoccupation importante des Français. Les villes moyennes sont perçues comme
des villes sûres par les trois quarts de leurs habitants, contre un quart qui les
considère comme dangereuses. Les personnes les plus vulnérables face à la
violence se sentent en sécurité dans leur ville : les femmes et les personnes âgées
sont par exemple 73% à trouver leur ville sûre. De même, les différences d'opinion
sont ténues sur ce point entre les habitants de logements sociaux et les autres, ce
qui est une situation relativement atypique.
En ce qui concerne leur vie personnelle, les habitants des villes moyennes expriment
un grand contentement par rapport à leurs conditions de vie. 89% se déclarent
satisfaits de leur situation personnelle en terme de logement. Sur ce point, le type de
logement reste peu discriminant : 90% et 98% des répondants habitant
respectivement un appartement du secteur privé ou une maisons individuelle sont
satisfaits, contre 71% des habitants de HLM. Si la différence est importante, ce
chiffre reste élevé par rapport à ce que nous observons habituellement. La qualité de
l'environnement des villes moyennes est également source de satisfaction pour 84%
des répondants, avec peu de variations en fonction de la catégorie d'agglomération,
même dans les plus grands ensembles urbains de notre étude, alors même que
ceux-ci sont les plus susceptibles d'être affectés par les nuisances de la pollution.
Les habitants de logements sociaux restent un peu moins satisfaits de la qualité de
la l'environnement, avec une différence de 10 points (74%) par rapport à l'ensemble
des personnes interrogées.
Un autre aspect de la qualité de la vie dans les villes moyennes concerne les
déplacements domicile / travail des habitants. En effet, 81% des individus exerçant
un emploi sont satisfaits de leur temps de trajet entre leur domicile et leur travail.
Plus ce temps de trajet augmente en théorie, plus la satisfaction diminue, mais reste à des niveaux élevés : 90% des actifs travaillant dans la ville sont satisfaits de ce temps de déplacement, comme 86% des actifs travaillant dans l'agglomération et
68% de ceux travaillant hors de l'agglomération. Le point qu'il semble en revanche
nécessaire d'améliorer parce qu'il est jugé plutôt négativement par les habitants des
villes moyennes est celui de la circulation : 65% pensent qu'il est difficile de circuler
et sa garer dans leur ville, et ce quel que soit la taille de l'agglomération.
Une offre de services importante
Les villes moyennes offrent également à leurs administrés un haut niveau de
services avec des équipements de qualité et la possibilité de profiter de nombreuses
activités : aussi bien le sport, les services publics, les transports en commun, que la
vie culturelle ou encore l'animation de la ville satisfont les habitants dans des
proportions importantes.
Aux yeux de leurs habitants, les villes moyennes sont particulièrement adaptées aux
parents et aux mères de famille (76% des répondants partagent cette opinion). Ils
expriment leur satisfaction aussi bien sur les écoles primaires (85%), les collèges et
les lycées (82%), les loisirs pour les enfants de 6 à 11 ans (72%), mais également
sur les équipements pour la petite enfance (63%) ce qui est beaucoup plus rare. La
qualité des écoles est soulignée par l'ensemble des parents interrogés : 78% s'en
déclarent satisfaits, et ce avec une grande intensité (45% sont très satisfaits).
Un problème majeur : l'emploi
Les villes moyennes sont toutefois confrontées à un problème majeur - l'emploi - qui
s'il est partagé avec l'ensemble de la population française est ressenti avec une très
forte acuité par les habitants de ces villes. D'une part quant à la possibilité d'y trouver
du travail, et d'autre part quant à l'évolution de la situation de l'emploi elle-même.
17% seulement des habitants des villes moyennes considèrent que l'on trouve du
travail sans trop de difficultés dans leur ville. Ce résultat est à peu près le même
dans toutes les catégories sociales, même si les employés et les ouvriers sont
encore plus sensibles que les autres à cette problématique. Les habitants des
grands agglomérations de notre étude, sont un peu moins nombreux (22%) à penser
que l'on y trouve du travail sans trop de difficultés.
Autre indicateur des craintes des habitants sur l'emploi, 41% estiment que la
situation de l'emploi s'est plutôt dégradée au cours des dernières années, et 37%
qu'elle n'a pas changé. Sur ce point encore les ouvriers sont plus pessimistes que
les autres catégories (47% pensent que la situation s'est dégradée), alors que les
habitants des grandes agglomérations de l'étude pensent majoritairement que la
situation est restée la même (39%).
Un défi : convaincre les moins de 35 ans de rester
Outre l'emploi, un autre défi pour les villes
moyennes est celui de leur attractivité auprès
de leurs propres jeunes, pour que ceux-ci ne quittent
pas la ville. En effet, les moins de 35 ans sont très
nombreux à se montrer tentés par un départ
vers la campagne ou vers une plus grande ville. Alors
que 63% des habitants des villes moyennes déclarent
envisager rester dans leur ville à l'avenir,
65% des 18-24 ans et 62% des 25-34 ans affirment considérer
un départ.
Parmi les 18-24 ans, 34% seulement envisagent de rester
dans leur ville tandis que 18% souhaiteraient habiter
la campagne et 31% une plus grande ville. Parmi les
25- 34 ans, on trouve également plus de 60% de
candidats au départ, dont 35% pour la campagne
et 15 % pour une plus grande ville. On constate que
pour ces deux catégories d'âges –
les 18-24 ans préfèrent la plus grande
ville à la campagne ; les 25-34 ans la campagne
à la ville – les logiques qui sous-tendent
les volontés de départ ne peuvent être
identiques, même si d'une manière générale,
les 18-34 ans sont majoritaires à penser que
leur ville n'est pas adaptée aux jeunes (54%
des 18- 24 ans, et 60% des 25-34 ans). Il n'apparaît
pas que ce soit le manque de services, ou d'animation
qui puisse expliquer ces dispositions au départ
de la ville.
Il semble que les 18-24 ans soient plus sensibles à
la question de leurs perspectives d'études dans
la ville moyenne : alors que l'ensemble de la population
se déclare satisfaite de l'enseignement supérieur
dans leur ville à hauteur de 52%, les 18-24 ans
sont 59% à déclarer le contraire. D'où
peut-être la volonté de quitter la ville
moyenne pour une ville plus grande où ils pourront
suivre un cursus universitaire avec plus de facilités
et de choix de filières.
En revanche, les 25-34 ans sont les plus insatisfaits
quant à la situation du logement dans la ville.
Les habitants restent partagés sur cette question,
puisque 52% la jugent satisfaisante et 46% insatisfaisante
; mais il apparaît que les 25-34 ans sont plus
critiques : 55% en sont insatisfaits. La difficulté
de se loger dans les villes moyennes, expliquerait peut-être
les attitudes des personnes désireuses de quitter
la ville moyenne pour la campagne, où les possibilités
de se loger - de surcroît à un moindre
coût – sont plus nombreuses.
Au
total, et malgré des inquiétudes sur l'emploi
et sur l'enseignement supérieur et le logement,
la qualité de vie pour tous est un trait qui
caractérise de façon adéquate les
villes moyennes au travers des opinions de leurs habitants.
Et pour l'avenir et le développement futur de
leurs villes, ceux-ci témoignent d'une grande
confiance dans leurs municipalités : 66% des
habitants vont dans ce sens, et ce avec une grande constance
quelles que soient les catégories d'âges,
sociales, d'agglomération ou d'habitat.
Voir
l'ensemble des résultats de cette étude....
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Carine
Marcé / Clément Nicola
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