Le 31 août 2001 - Réalisée avant l'intervention télévisée de Lionel Jospin sur TF1, cette vague de rentrée de notre baromètre politique n'enregistre que de faibles évolutions par rapport à la fin du mois de juillet. Un Président et un Premier ministre stables, un climat économique sans évolution également après la dégradation de la fin du mois de juillet, et des personnalités politiques qui n'enregistrent pas d'évolution majeure. Seuls indicateurs à connaître un mouvement significatif, le pronostic sur le climat social, sensiblement plus pessimiste que celui de la précédente rentrée ; et les jugements sur l'action du gouvernement en matière de lutte contre le chômage et d'inflation. Tels sont les principaux enseignements de notre enquête réalisée tous les mois pour Le Figaro Magazine.

En dépit des annonces répétées sur le ralentissement de l'économie et après les mauvais résultats du chiffres du chômage, notre indicateur de perception de la situation de la France et des Français reste stable entre juillet et août. Il est vrai toutefois qu'il avait connu une nette dégradation fin juillet, et qu'il se situe aujourd'hui à son plus bas niveau depuis un an. 25% des personnes interrogées jugent aujourd'hui que la situation s'améliore (=) et 54% que les choses vont plus mal (+1). Dans le même temps, deux autres indicateurs de mesure de l'action gouvernementale subissent une dégradation : l'action en matière de lutte contre le chômage, l'indice (différence entre les jugements positifs et négatifs) s'établissant à -27 pour -3 fin juillet ; et l'action en matière de lutte contre la hausse des prix (indice -49 pour -37 fin juillet).

L'autre indicateur sur lequel on peut s'arrêter en cette rentrée, est le pronostic des Français sur les conflits sociaux. Certes cet indicateur enregistre traditionnellement une hausse à la fin du mois d'août, l'automne étant traditionnellement une période de revendication. Certes sa capacité prédictive s'est toujours montrée toute relative. Mais en cette fin août, 63% des personnes interrogées pronostiquent de nombreux conflits sociaux pour les mois et années à venir, alors qu'ils n'étaient que 50% l'an dernier à la même époque. Au delà, on constate que cet indicateur enregistre son niveau le plus haut, pour une rentrée, depuis l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon. Quel que soit sa valeur prédictive donc, il témoigne de l'état d'esprit des français - peut-être habitués depuis deux ans à voir se multiplier les conflits sociaux à l'automne ou aptes à se mobiliser pour faire entendre leurs revendications - à la veille de cette rentrée.

Dans ce contexte, le Président et le Premier ministre abordent la dernière ligne droite qui les conduit à l'élection présidentielle de 2002 dans une situation légèrement plus défavorable que l'an dernier à la même époque - au regard de leur popularité - et identique à celle de la trêve estivale. En dépit des événements de l'été (Corse notamment), Lionel Jospin comme Jacques Chirac n'enregistrent aucune évolution significative de leur cote de confiance. Le Premier ministre reste majoritaire avec 55% de confiance (-1 point), contre 42% (+1) ; alors que le Président voit les jugements positifs en sa faveur s'améliorer de 2 points à 47%, mais les réponses négatives l'emportent toujours (50%, -1).

On ne peut voir dans les résultats enregistrés par le Premier ministre - si tant est que cet indicateur puisse le faire - les effets de sa récente intervention télévisée, le terrain de cette enquête ayant été réalisé une semaine avant, du 23 au 25 août.

En niveau, la cote de popularité des deux têtes de l'exécutif se situe 5 points en deçà de celle enregistrée l'an dernier à la même époque.

Enfin, Lionel Jospin bénéficie toujours de jugements plus favorables, dans notre baromètre, que le Président de la République : 8 points de confiance exactement.

A l'exception de Jack Lang dont la cote personnelle d'avenir s'améliore de 5 points à 48%, de Charles Pasqua (22%, +4) et, en sens inverse, de Robert Hue qui enregistre une baisse de 5 points (23%), les autres personnalités de droite et de gauche n'enregistrent que de faibles évolutions.

Parmi les candidats déclarés ou pressentis à l'élection de 2002 dont nous mesurons la cote d'avenir Charles Pasqua (22%, +4), Jean-Pierre Chevènement (40%, +2), et dans une moindre mesure Jean-Marie Le Pen (10%, +1) enregistrent une évolution positive, alors que Lionel Jospin (55%, -2) et Robert Hue (23%, -5) voient la leur se dégrader.

Les partis politiques, quant à eux, voient leur cote de popularité se détériorer, à l'exception du RPR dont les " bonnes opinions " progressent de 2 points à 35%. Les Verts (53%, -2) et le Parti socialiste (53%, -2 également) demeurent les partis qui bénéficient de la meilleure image, le PC (34% de bonnes opinions), avec une forte de baisse de 5 points, étant désormais moins bien jugé que l'UDF (32%, -2) ou le RPR (35%, +2).

Stéphane Marcel


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