La situation dans le 5ème arrondissement
de Paris : politique et vie locale


Le 3 février 2001 - Bastion de la droite parisienne et fief du maire sortant, Jean Tibéri, le 5e arrondissement pourrait connaître quelques surprises, et tomber dans l'escarcelle de la gauche. Le résultat dépendra notamment de l'attitude, au second tour, de Jean Tibéri et d'Henri Guaino, candidat séguiniste, dont la tache s'annonce particulièrement difficile. En cas de triangulaire, la socialiste Lyne Cohen-Solal l'emporterait confortablement. En cas de duel, elle ferait jeu égal avec Jean Tibéri et devancerait nettement le candidat officiel RPR-UDF-DL. Tels sont les principaux enseignements de l'étude réalisée par la SOFRES pour le Figaro-Magazine.

Gagné aisément par Jean Tibéri au premier tour des élections municipales de 1995 (57,1% des voix), le 5e arrondissement enregistre, lui aussi, une poussée sensible de la gauche. La liste de Lyne Cohen-Solal, soutenue par le PS, le PC, le PRG et le MDC, est en effet créditée de 36% des intentions de vote au premier tour, soit 12 points de plus qu'en 1995. La liste des Verts, conduite par Aurélie Filipetti obtiendrait 11% des voix (pour 9,6 en 1995) et celle de LO (Jean-Pierre Dalmas) 1,5. Soit un total de 48,5% pour ces trois listes largement supérieur à celui de 1995 (37,7%), mais toutefois minoritaire.

En baisse sensible par rapport à 1995, le droite républicaine resterait de peu majoritaire (50%), totalisant 37% des intentions de vote pour Jean Tibéri et 13% pour Henri Guaino, candidat séguiniste. L'extrême droite, traditionnellement faible dans cet arrondissement (5,3% en 1995 et 5,1% pour les listes Le Pen et Mégret aux européennes de 1999), ne recueillerait qu'1,5% des voix.

Jean Tibéri fait mieux que résister

En dépit d'une baisse considérable par rapport au premier tour de 1995 où il se présentait seul, Jean Tibéri confirme, dans son arrondissement d'élection, sa capacité de résistance. En premier lieu, il devancerait nettement son rival séguiniste (23 points d'écart) au premier tour. Ensuite il bénéficie toujours du soutien d'une partie de l'électorat (46% des habitants (et 71% des sympathisants de droite) en ont une bonne opinion, contre 45%) et son image s'est même légèrement améliorée depuis notre précédente enquête réalisée au mois de mai 2000. Enfin, si 58% des habitants ne le jugent pas honnête (contre 30%), 74% l'estiment compétent et 69% " proche des préoccupations des gens ".

Dans ce contexte, si Henri Guaino, deuxième des listes de droite, se retirait au second tour conformément à la stratégie de Philippe Séguin pourtant difficile à appliquer en l'espèce, Jean Tibéri étant le symbole pour lui du système avec lequel il veut rompre, le maire sortant ferait jeu égal avec la candidate de gauche Lyne Cohen-Solal : 50/50. La dynamique semble aujourd'hui légèrement favorable à la tête de liste socialiste, celle-ci progressant de 2 points par rapport au mois de mai 2000, où elle était donnée battue (48% contre 52).

Le maintien de l'ex Commissaire au Plan, en revanche, ferait le jeu de la candidate socialiste. Elle l'emporterait avec 46% des voix, devant Jean Tibéri (39%) et le candidat soutenu par le RPR, l'UDF et DL (15%).

Les souhaits et pronostics des électeurs de droite témoignent, une fois encore, de leur attachement à Jean Tibéri : 40% (et 68% des sympathisants de droite) des habitants du 5e souhaitent sa victoire (pour 38% à Lyne Cohen-Solal) et 41% (57% à droite) l'envisagent. Il en va tout autrement pour l'ensemble de la capitale, 60% pronostiquant aujourd'hui la victoire de Bertrand Delanoë alors que 42% la souhaitent (pour 34% Jean Tibéri et seulement 14% Philippe Séguin).

La tache d'Henri Guaino, dans cet arrondissement, apparaît donc des plus difficiles. D'autant plus qu'à sa faible notoriété (30%) s'ajoute l'image de son leader, Philippe Séguin, qui s'est sensiblement dégradée au cours des derniers mois : seulement 34% des habitants du 5e déclarent aujourd'hui en avoir une bonne opinion, pour 56% en mai dernier (-22 points).

Une qualité de vie incontestable

Très attachés à leur arrondissement (80% y resteraient s'ils avaient la possibilité d'en partir), les habitants du 5e bénéficient d'une qualité de vie particulièrement agréable. Seuls 16% citent le manque d'espaces verts comme un des problèmes les plus importants de l'arrondissement, leurs préoccupations, au demeurant classiques pour la capitale, se focalisant sur les questions de nuisances liées à la circulation automobile (50%) et de stationnement (49%). Ces deux problème devancent celui, spécifique à cet arrondissement (cité par 46%), du prix des loyers, dont se plaignent particulièrement les jeunes (60%, première préoccupation). De nombreux lieux permettent à ses habitants de bénéficier d'un environnement favorable : la rue Mouffetard et la place de la Contrescarpe (72%), le Jardin des Plantes (68%), les rues de la Montagne-Sainte-Geneviève (53%) ou les quais face à l'île de la Cité (44%).

Seul un point noir ne permet pas de dresser un tableau idéal de la qualité de vie dans cet arrondissement que l'enquête de L'Express " Où vit-on le mieux à Paris " classait en deuxième position : la faculté de Jussieu, que 46% des habitants souhaiteraient voir détruite.

Stéphane Marcel


Nom expéditeur :

Email expéditeur :

Nom destinataire :

Email destinataire :


Newsletter


Dossier

Municipales 2001


Toutes les enquêtes sur le thème :
Politique & Elections


Les 10 dernières enquêtes


L'ensemble des analyses et des résultats par thème
et par cible


© TNS