Le
3 février 2001 - Le
baromètre que réalise la SOFRES
pour le Figaro-Magazine n'enregistre
que de faibles variations par rapport au mois dernier.
Le climat et la popularité du Président
restent stables, le Premier ministre progressant quant
à lui légèrement. Dans ce contexte,
marqué par la médiatisation de la bataille
des élections municipales à Paris, la
forte dégradation de la cote d'avenir de Philippe
Séguin mérite d'être soulignée.
Pour
le deuxième mois consécutif, la lutte
contre la violence et l'insécurité (40%,
+1 point par rapport au mois dernier) devance la lutte
contre le chômage (38%, +2) dans la liste des
priorités assignées au gouvernement
par les Français. Cette vague d'enquête,
réalisée les 24 et 26 janvier 2001,
ne mesure toutefois pas totalement l'ampleur de la
couverture médiatique de ce thème au
cours des derniers jours autour de trois événements :
l'échange entre le Président et le Premier
ministre durant le déplacement de ce dernier
à La Réunion, l'affrontement entre deux
bandes rivales de la région parisienne à
La Défense, et la présentation par le
gouvernement des statistiques de la violence et de
la délinquance pour l'année 2000.
Ceci
n'a donc aucune conséquence directe, pour l'instant,
sur le climat général. Le moral des
Français reste particulièrement stable,
32% d'entre eux estimant que la situation s'améliore
(stable), 49% qu'elle se dégrade (+2 points)
et 18% (-1) qu'elle reste sans changement. Les conflits
sociaux de ces dernières semaines trouvent
quant à eux leur traduction concrète
dans notre indicateur de climat social : 64%
des personnes interrogées (+11 points) estiment
qu'il va y avoir " beaucoup de conflits
sociaux dans les mois à venir ".
Cet indicateur, à faible valeur prédictive,
ne retrouve toutefois pas son niveau record de l'automne
(73%), à l'occasion du conflit des routiers
et des protestations sur la hausse du prix des carburants.
Stabilité du Président,
légère amélioration
de la popularité du Premier ministre
Dans
ce contexte, la cote de popularité du Président
de la République reste stable, 50% des personnes
interrogées lui accordant leur confiance (=),
contre 48% (+1). On peut noter que la passe d'armes
entre le Président et le Premier ministre lors
du voyage de Lionel Jospin à La Réunion
au sujet de l'insécurité ne semble pas,
pour l'instant, profiter à Jacques Chirac (le
terrain de cette enquête a été
réalisé au moment de la polémique).
A l'opposé, le Président semble préservé
des difficultés de la droite parisienne dans
la bataille des municipales de Paris, dont il a longtemps
été le maire.
Le
Premier ministre, quant à lui, enregistre une
légère amélioration de sa popularité :
60% lui font confiance (+3 points), contre 38% (-2).
Il retrouve ainsi sont niveau de la fin de l'été
2000 et de l'an dernier à la même époque,
confirmant ainsi sa résistance à l'usure
dont ont souffert l'ensemble de ces prédécesseurs.
Majoritaire dans l'ensemble des catégories
de la population à l'exception des sympathisants
de droite qui restent toutefois encore très
consensuels (41% lui font confiance), Lionel Jospin
bénéficie du soutien sans faille des
sympathisants de gauche : 82%.
Par
comparaison, Jacques Chirac est aujourd'hui moins
largement soutenu par ses partisans (70%) et souffre
de la défiance des sympathisants de gauche
(63% ne lui font pas confiance, contre 35%). Ceci
explique les différences actuelles de niveau
entre les deux têtes de l'exécutif. Par
ailleurs, si Lionel Jospin a retrouvé ses niveaux
de popularité du début de l'année
2000, le Président ne regagne pas, quant à
lui, la confiance perdue à l'automne, au moment
des révélations de l'affaire Méry,
puis de la mise en cause de Michel Roussin dans le
cadre des marchés de l'Ile-de-France.
Dominée
par les conflits sociaux, les questions d'insécurité
et, surtout, par la perspective des élections
municipales de mars prochain, et notamment à
Paris, l'actualité laisse peu de place aux
personnalités politiques de droite et de gauche.
Philippe
Séguin en baisse sensible
Dans
l'ensemble, à quelques exceptions près,
les cotes d'avenir des différentes personnalités
restent stables. La principale évolution de
ce baromètre concerne Philippe Séguin.
Sa campagne pour l'élection, contestée,
et les sondages réalisés par les différents
instituts dans les arrondissements de la capitale
qui le donnent en mauvaise posture, lui font subir
une baisse conséquente de 7 points dans notre
baromètre. Seulement 29% des personnes interrogées
souhaitent aujourd'hui lui voir jouer un rôle
important à l'avenir, pour 36% le mois dernier.
Sa popularité chute aussi bien chez les sympathisants
de droite (-10 points à 45%) que de gauche
(-8, 24%). Les autres leaders de droite n'enregistrent
que de faibles évolutions, seul Alain Juppé,
au bénéfice de son appel à l'union
de la droite, progressant chez propres sympathisants :
50% (+6 points). Ils est désormais celui qui
bénéficie de la meilleure cote d'avenir
chez les sympathisants de droite. Notons également
que Charles Pasqua, mis en cause dans le cadre de
l'affaire Falcone, enregistre une baisse de 4 points,
à 24%. Au total, hormis Simone Veil, l'ensemble
des personnalités de droite testées
dans ce baromètre ne bénéficient
de la confiance que d'une faible partie de la population :
moins d'un tiers.
A gauche,
Lionel Jospin bénéficie toujours de
la meilleure cote d'avenir (60%, -1). L'évolution
la plus marquante concerne Ségolène
Royal, en progression de 3 points à 48%. Elle
rejoint ainsi Jack Lang, stable à 48%, et devance
désormais Martine Aubry (45%, -2).
Stéphane Marcel
