Le
2 septembre 2005 - Les Enjeux du Quotidien, réalisés par TNS
Sofres, sont une série d'études portant sur des sujets se situant
au cour de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Le troisième volet porte sur l'opinion des Français à l'égard de l'enseignement en France et est publié le 2 septembre 2005 dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale et gratuite. Principaux enseignements : le regard des Français sur l'enseignement est majoritairement critique (en termes de fonctionnement et d'évolution) ; des attentes et des missions différentes selon les catégories sociales, mais qui portent en priorité sur l'apport de connaissances (attentes), puis la discipline et l'éducation civique (missions).
Un
regard critique porté sur le fonctionnement de
l'enseignement en France
51% des Français estiment que l'enseignement en France fonctionne mal à l'heure actuelle (contre 48% qui
déclarent le contraire). Ce jugement s'avère majoritairement négatif dans presque toutes les catégories de la
population, même si certains se montrent légèrement plus indulgents que les autres : les salariés (ou anciens salariés)
de l'Etat ou d'une collectivité locale, les habitants du Nord-Pas de Calais ou de Bretagne, les diplômés de l'école primaire
mais aussi – et il s'agit ici d'un point rassurant – les « publics cibles » de l'Education nationale que sont les 15-24 ans et
les parents d'enfants de moins de 15 ans.
Au contraire, certains apparaissent particulièrement sévères : les artisans,
commerçants et les chefs d'entreprises, les plus diplômés, les plus hauts revenus mais aussi les habitants d'Alsace,
d'Aquitaine, de Midi-Pyrénées, de PACA et de Corse.
Globalement, cette sévérité est plus forte qu'il y a quelques
années (en 2001, ils n'étaient en effet que 42% à porter ce jugement négatif) mais cache une disparité en fonction des
niveaux d'enseignement : en effet, tandis que le collège, le lycée et, dans une dimension moindre, l'enseignement
supérieur sont perçus dans l'opinion comme les « maillons faibles » du système éducatif français, les jugements sont
traditionnellement largement satisfaisants concernant la maternelle et le primaire.
Les critiques apparaissent encore plus vives sur l'évolution puisque près de six Français sur dix (57%) estiment que le
niveau des élèves s'est dégradé depuis une dizaine d'années. Seuls 16% estiment à l'inverse qu'il s'est amélioré,
25% optant pour le statu quo (« est resté à peu près le même"). Dans le détail, toutes les catégories de Français déclarent
majoritairement que le niveau des élèves s'est dégradé, surtout les femmes, les personnes âgées de 60 ans et plus, les
habitants d'Ile-de-France, Lorraine, Picardie, Auvergne, Languedoc-Roussillon, PACA et Corse, et ceux qui estiment que
l'enseignement fonctionne mal en France.
De fortes attentes à l'égard de
l'école qui apparaissent très éclatées
et différentes en fonction des milieux sociaux
Les Français témoignent d'attentes importantes et éclatées à l'égard de l'école : ils estiment en effet qu'elle doit en
priorité apporter aux enfants le minimum de connaissances et une bonne culture générale (64%), les préparer à la vie
professionnelle (53%) ou leur apprendre à vivre en société (50%), avant de développer leur esprit critique et leur
autonomie (33% de citations).
Si l'attente d'un « socle de connaissances » arrive en tête chez presque tous (et surtout chez les femmes et les plus âgés), on relève des différences sociologiques très nettes dans les perceptions : tandis que les catégories
populaires (les employés, les ouvriers, les moins diplômés et les revenus les plus faibles) attendent surtout que
l'école préparent les enfants à la vie professionnelle, les catégories supérieures (les cadres et les professions
intellectuelles supérieures, les professions intermédiaires, les plus diplômés et les revenus les plus élevés) espèrent
plutôt que l'école développe l'esprit critique et l'autonomie des enfants. Ainsi, l'école se trouve confrontée à un défi impossible : être unique pour tous pour assurer l'égalité des chances en répondant à des attentes
spécifiques et différentes selon les milieux sociaux.
Par ailleurs, les missions assignées à l'école sont nombreuses. Les attentes se concentrent surtout sur la
discipline (respectivement 95% et 85% des Français estiment qu'apprendre le respect et la discipline ou signaler aux
autorités les délits tels la violence, la drogue ou le racket entrent dans les missions de l'école, dont 69% et 56% qui
déclarent même qu'elles en font « tout à fait » partie), et sur l'éducation civique (95% affirment en effet qu'il s'agit là d'une mission de l'école, dont 61% qui sont catégoriques sur le sujet). Viennent ensuite des sujets plus intimes
comme le fait d'apporter un soutien médical ou psychologique aux enfants en difficulté ou de donner des cours
d'éducation sexuelle (82% et 79%, dont 44% et 31% de jugements catégoriques). Au contraire, près de sept
personnes sur dix (68%) considèrent que donner des cours sur les religions ne fait pas partie des missions de l'école.
Des priorités pour l'avenir de l'école
centrées sur le soutien aux élèves
en difficulté,
la sécurité dans les écoles et
la diminution du nombre d'élèves par classe
Les attentes des Français pour l'avenir de l'école se concentrent beaucoup plus sur les élèves que sur les
enseignants : ainsi, 46% estiment qu'il faut s'occuper du soutien aux élèves en difficulté, 41% de la sécurité dans lesétablissements scolaires, 39% du nombre d'élèves par classe, largement devant les effectifs d'enseignants (21%), la
revalorisation du métier d'enseignant (17%), la relation parents- enseignants (17%) ou encore le calendrier, les
horaires et les rythmes scolaires (14%).