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Le 5 novembre
2001 - La dernière
vague de notre baromètre politique réalisé
pour Le Figaro-Magazine connaît ce
mois ci de sensibles évolutions. Enregistrant une
baisse de 6 points après la hausse du mois dernier,
Lionel Jospin bénéficie désormais,
pour la première fois depuis 1997, d'une cote de
popularité moindre que celle du Président
de la République, qui conserve ses acquis du mois
précédent. Dans le même temps, les
indicateurs de popularité des partis et personnalités
de droite s'améliorent, alors que ceux des acteurs
de la majorité plurielle enregistrent des baisses
sensibles, la plus symbolique étant certainement
le plus bas niveau de popularité enregistré
par le PS depuis 1997. Ces évolutions favorables
à la droite ne doivent toutefois pas masquer les
niveaux, qui restent favorables aussi bien aux partis
qu'aux personnalités de la gauche plurielle.
Jacques
Chirac bénéficie pour la première
fois depuis 1997
d'une plus forte
confiance que son Premier ministre
Pour la
première fois depuis juin 1997, Jacques Chirac
bénéficie d'une plus forte popularité
que Lionel Jospin. 56% des interviewés font ainsi
confiance à Jacques Chirac pour résoudre
les problèmes qui se posent en France actuellement,
pour 53% à Lionel Jospin. Jacques Chirac, qui avait
fortement progressé le mois dernier, conserve donc
ses acquis (-1 point) ; alors que dans le même
temps le Premier ministre reperd les points de confiance
glanés le mois dernier(-6 points).
L'indice
de confiance (différence entre niveau de confiance
et niveau de défiance) du chef de l'Etat est donc
en conséquence plus élevé que celui
de son Premier ministre : +15 pour +9.
C'est le
deuxième plus mauvais indice enregistré
par Lionel Jospin depuis son arrivée à Matignon
en juin 1997, après celui d'octobre 2000 (+2),
et à égalité avec celui de mai 2001.
Parmi les catégories qui font le moins confiance
à Lionel Jospin, on trouve les sympathisants de
droite (71%), les commerçants et industriels (60%)
et les personnes âgées (49%).
Les personnalités
de gauche à la peine.
Autre enseignement
cette enquête : les personnalités de gauche
sont à la peine, tandis que la plupart de celles
de droite ont le vent en poupe. A l'exception de Dominique
Strauss-Kahn (28%, +1), la cote d'avenir des personnalités
de gauche recule, au mieux stagne-t-elle. Les plus fortes
baisses touchent Elisabeth Guigou (40%, -5), Lionel Jospin
(55%, -4), Laurent Fabius (37%, -4) et Dominique Voynet
(32%, -4).
Jean-Pierre
Chevènement reste stable, et se situe désormais
au deuxième rang à gauche, derrière
Lionel Jospin et à égalité avec Ségolène
Royal. On remarquera toutefois que la structure de ses
soutiens diffère sensiblement de celle de l'actuel
Premier ministre. Soutenu par la quasi totalité
des sympathisants de gauche (81%), Lionel Jospin est sanctionné
par ceux de droite (27%). Jean-Pierre Chevènement
bénéficie pour sa part d'un moindre soutien
à gauche (56%), mais suscite plus de sympathie
à droite (43%)... se situant chez ces derniers
à des niveaux proches de Philippe Douste-Blazy
(46%) et Nicolas Sarkozy (46% également)
La plupart
des personnalités de droite progressent ce mois-ci :
Nicolas Sarkozy enregistre un bond de 7 points à
30%, et fait quasi jeu égal avec Philippe Douste-Blazy
qui le devance d'un petit point (31, stable). Alain Madelin
(26%, +4), Charles Pasqua et Philippe de Villiers (respectivement
22% et 17%, +3) et Jean-Louis Debré ( 17%, +2)
enregistrent les plus fortes hausses, tandis qu'Alain
Juppé et Edouard Balladur baissent sensiblement
ce mois-ci (-3).
Reste qu'en
niveau, la première personnalité de droite
- Simone Veil - se situe loin derrière les principales
personnalités de gauche.
. alors que parallèlement
l'image des partis de la "Gauche plurielle" se dégrade
Même
constat pour ce est des partis politiques. Même
si le PS demeure le seul parti de toutes les formations
testées dans notre baromètre à bénéficier
d'un indice de popularité positif (+10), il enregistre
ce mois-ci son plus mauvais score depuis juin 1997. 49%
des répondants ont ainsi une bonne opinion du parti
de François Hollande, (-4 points par rapport au
mois dernier), contre 39%.
Autre évolution
notable: les Verts, dont l'indice de popularité
(-1) est négatif pour la première fois depuis
juin 1997 (45% de bonnes opinions (-5), contre 46% de
mauvaises (+7). Il certainement paye là les hésitations
qui ont entouré la désignation, puis la
démission d'Alain Lipietz à la candidature
à l'Elysée, au profit de Noël Mamère.
Le Parti
communiste subit le même mouvement : avec 26%
d'opinions positives (contre 58%), il recule de 3 points
par rapport à la dernière vague de notre
baromètre.
Inversement,
l'image des partis de droite s'améliore ce mois-ci,
même si elle reste négative en indice. Le
RPR obtient son meilleur niveau d'opinion positive (39%
contre 48%) après ceux de mars 98 (43%), avril
98 et juillet 2000 (40%). Le parti gaulliste améliore
ainsi de 3 points son image auprès de l'opinion,
et l'UDF progresse quant à elle de 2 points, avec
34% d'opinions positives(contre 47%).
L'opinion
gagnée par le pessimisme
Tout ceci
s'inscrit dans une conjoncture d'opinion gagnée
par le pessimisme. Notre indicateur de perception de la
situation de la France et des Français se dégrade
fortement ce mois-ci, 61% des personnes interrogées
(+5 points) se montrant pessimistes, contre 21% (-2) optimistes.
Les commerçants et artisans (80%), les femmes (68%)
et les ouvriers (65%) versent particulièrement
dans le pessimisme.
A cette
dégradation du climat s'ajoutent les inquiétudes
liées à la lutte contre le chômage.
L'action du gouvernement en la matière est de plus
en plus mal perçue : seul 27% l'estiment efficace
(-5 par rapport à octobre) contre 70% (+5).
Dans ce
contexte de fragilisation économique et sociale,
on notera également que l'insécurité
demeure un sujet fort d'inquiétude. La proportion
des personnes estimant que le gouvernement doit d'abord
s'occuper de la lutte contre la violence et l'insécurité
se renforce encore (50%, +2), reléguant la lutte
contre le chômage assez loin derrière (31%).
Sylvain LEFORT
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