Les Français
et la prévention du suicide

Pour la première fois en France une enquête d'opinion d'importance vient d'être réalisée pour faire le point sur ce que pensent les hommes et les femmes de notre pays du problème du suicide, de ses tentatives et de sa prévention.
Ce sondage a été effectué par TNS Sofres sur un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogés en face à face à leur domicile, à l'initiative de l'Union Nationale pour la Prévention du Suicide en partenariat avec le S.I.G. (Service d'Information du Gouvernement) et le soutien du laboratoire LUNDBECK.

Des réponses aux questions posées, nous retenons 5 points essentiels.

1. Plus d'un tiers des français interrogés a été ou est directement concerné par la mort par suicide ou ses tentatives à travers ses proches.

2. Dans leur ensemble les personnes questionnées ont tendance à sous-estimer l'incidence réelle du suicide et encore plus nettement lorsqu'il s'agit des tentatives.

3. Pour une grande majorité le suicide est d'abord l'expression de la souffrance des personnes. L'acte de folie, de lâcheté ou le choix personnel ne sont retenus que par une faible minorité.

4. Les ruptures sociales et familiales sont considérées comme les causes premières de comportement suicidaire. Les français sont nettement plus sensibilisés au suicide des adolescents et ignorent que le risque de mourir par suicide concerne surtout les adultes et encore plus les personnes âgées.

5. Dans leur grande majorité les français pensent qu'il est possible d'agir et ainsi éviter l'issue fatale. Pour eux la prévention du suicide passe d'abord par la parole et l'information y compris auprès des jeunes et notamment dans l'institution scolaire.
Rapport des français au suicide
35% des français ont eu à connaître la douloureuse expérience de la mort par suicide d'un proche dont 18% d'un membre de leur famille et 5% de leur famille directe (père, mère, frère, soeur ou enfant), événement qui les a très certainement fortement marqués.

Cette proportion constitue à elle seule la confirmation que le suicide atteint notre société en profondeur.

En ce qui concerne les tentatives de suicide nous retrouvons des chiffres très voisins.

Perception du suicide et connaissance du suicide
Des questions concernant le nombre des tentatives et des morts par suicide il ressort que les français sous-estiment largement le nombre des tentatives de suicide qui, rappelons-le, est évalué à 160 000 par an.
Ils sont 30% à apprécier correctement le nombre des morts par suicide et 36% de ceux qui répondent, là-encore, le sous-estiment.

Par ailleurs, les français paraissent particulièrement préoccupés par la mort suicidaire chez l'adolescent (77%) alors que dans la réalité les adultes et les personnes âgées sont le plus concernés.

Il méconnaissent également la surmortalité masculine.

Pour les français c'est la région parisienne qui est le plus touchée par le suicide après le Nord Pas-de-Calais, ce qui traduit le sentiment que le suicide est d'abord un phénomène urbain qui toucherait les zones les plus peuplées et défavorisées, alors que dans la réalité c'est l'Ouest de notre pays qui connaît la plus forte mortalité.

Interprétation du geste suicidaire
Peu de français ont une approche philosophique ou morale du fait suicidaire (acte de lâcheté 10%, de courage 7% ou de choix personnel 5%), très peu le rattachent à la folie (9%).
Pour une forte majorité le suicide est d'abord l'expression d'une détresse personnelle qui renvoie à la fois à la pathologie (dépression 66%, maladie 29%), aux échecs de la vie (ruptures 25%, solitude 40%), mais aussi à la réalité sociale (chômage 40%, problèmes d'argent 22%).

A l'inverse l'alcoolisme 6% et la vieillesse 5% ne constituent pas à leurs yeux des causes importantes d'une conduite suicidaire, c'est pourtant une réalité connue.

Dans leur grande majorité ils considèrent que c'est le lien familial 67% qui peut le plus faire hésiter une personne à accomplir son acte.

Les Français et les principales causes du suicide
Pour 62% des personnes interrogées le suicide met d'abord en cause notre société à travers notamment l'exclusion sociale (28%), l'environnement familial défectueux n'est retenu que dans 21% des réponses, l'héritage génétique n'étant pratiquement retenu.

Les Français et la prévention
86% des français estiment qu'il y a toujours une autre alternative à l'acte suicidaire, 54% de ceux qui répondent se trouvent cependant démunis pour venir en aide à une personne en risque de se suicider.

C'est pourquoi 60% d'entre eux orienteraient le suicidaire vers un médecin généraliste (21%), un psychiatre (20%), un responsable d'une association spécialisée (16%), un service hospitalier (3%).

Dans leur grande majorité (77%) ils considèrent que l'expression d'une idée suicidaire est toujours à prendre au sérieux, enfin 70% des sondés pensent qu'il est nécessaire de parler du suicide dans les médias ou les manifestations publiques et ils considèrent que cela peut prévenir et limiter le nombre de tentatives.

Ils sont plus nombreux encore et principalement dans la tranche des 18/24 ans à souhaiter que ce sujet soit abordé avec les adolescents dans les établissements scolaires dans une perspective de prévention.

Conclusion
En conclusion nous pourrions dire que les français sont conscients et concernés par ce grave problème de santé publique même s'ils sous-estiment son importance.
Convaincus qu'une politique de prévention peut diminuer le nombre de tentatives, ils ne savent pas toujours comment se comporter et comptent sur l'intervention de spécialistes professionnels ou associatifs.





Plus d'informations :
Brice Teinturier
Directeur
Tél : 33 (0)1 40 92 40 92
Fax : 33 (0)1 40 92 46 60
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