Le profil
des participants aux réunions publiques se caractérise
par les points suivants :
- Une forte
proportion d'enseignants, puisqu'ils représentent
presque la moitié des participants (47%) ;
- Une
présence significative des parents d'élèves
(non enseignants) qui forment plus du tiers des participants
(36%). Les parents d'élèves impliqués
dans le Débat sont principalement des parents
d'enfants scolarisés au collège (pour
la moitié d'entre eux), 42% en ayant à
l'école élémentaire et 31% au lycée.
Mais ce qui caractérise le plus la population
des parents ayant assisté au Débat est
la catégorie sociale ainsi que le niveau de diplôme.
En effet, 28% d'entre eux sont cadres et 27% de profession
intermédiaire, alors que la population ouvrière
ne représente que 4% de l'ensemble. Surtout,
60% ont suivi des études supérieures (pour
comparaison, moins de 25% de la population française
possède ce niveau de diplôme) ;
- La quasi
absence des élèves du débat (8%
des participants) ;
- Le reste
du public (9%) est enfin composé de personnes
n'ayant pas de lien direct avec l'Ecole.
Deux motivations
principales se révèlent nettement à
la lecture des résultats. D'une part, les participants
semblent animés par un intérêt pour
l'école et l'éducation en général,
et veulent ainsi se tenir au courant (42% de citations).
D'autre part, c'est réellement le désir
de s'exprimer, de donner son avis au sujet de l'école
qui a poussé 33% des participants à venir
assister aux réunions publiques.
Le jugement sur
le déroulement des réunions publiques :
un réel sentiment de participation
Invités
à juger le déroulement lui-même
des réunions publiques, les participants expriment
majoritairement leur satisfaction - 68% déclarent
être satisfaits de la manière dont s'est
déroulée la réunion - qui se fonde
sur les points suivants :
- Les modalités
d'organisation de la réunion : celle-ci
s'est tenue " dans un lieu accessible à
tous " (96% des répondants le pensent)
et " l'horaire de la réunion n'était
pas trop contraignant " (71% de citations) ;
- L'intérêt
: 84% des participants ont trouvée la réunion
intéressante ;
- Le caractère
réellement participatif et transparent du débat :
" chacun pouvait prendre la parole "
(96% des participants sont d'accord là-dessus),
et si tel était le cas " on l'écoutait
et on lui répondait " (94% le disent).
82% des répondants au sondage ont d'ailleurs
pris la parole au cours de la réunion. Les problèmes
de l'Ecole étaient de plus directement traités,
sans évitements : " le débat
était clair et direct, sans langue de bois "
(selon 84% des répondants) et pour 78%,
le Débat National " aborde les vrais
problèmes de l'école ".
Au final, plus de trois quarts (79%) des participants
estiment que la réunion publique " a
permis de faire entendre le point de vue de gens comme
eux ".
Les
finalités du débat : entre scepticisme
et envie de croire
La compréhension
des objectifs du débat est tout d'abord politique :
67% pensent que le débat " n'est
fait que pour améliorer l'image du gouvernement "
et 50% " pour calmer le mécontentement
des enseignants ", et plus encore chez
les enseignants que chez les parents. Mais en même
temps, 56% des participants pensent également
que le Débat " est motivé
par une réelle volonté de faire avancer
les choses ", et parmi eux 59% de parents.
Concernant
l'efficacité du Débat quant à son
impact sur l'avenir de l'école, les points de
vue sont là aussi partagés :
- 58% déclarent
que la réunion publique leur " donne
le sentiment que l'on peut vraiment améliorer
le système éducatif " ;
- 48% pensent
que le Débat national " permettra
d'aboutir à un diagnostic partagé par
tous sur la situation de l'école en France " :
parmi eux 53% des parents et 37% des enseignants ;
- 44% estiment
qu'il " permettra de trouver des solutions
acceptables par tous pour l'avenir de l'école
en France " : parmi eux 49% des parents
et 34% des enseignants ;
- Enfin,
44% pensent que le Débat " débouchera
sur de vraies décisions ".
Le succès
du concept
Les participants
se montrent globalement satisfaits de leur participation
à une réunion publique du Débat
National. Plus généralement, ils apprécient
également le principe du débat public,
dans le cadre duquel ils peuvent en effet s'exprimer :
- 88% estiment
que c'est " une bonne façon de faire
participer les Français à la réflexion
sur des sujets importants " ;
- 78% pensent
que c'est " une bonne façon de recueillir
les attentes des Français " ;
- 78% déclarent
que c'est " un bon moyen d'instaurer le
dialogue entre les Français et leurs représentants ".
Des attentes
très fortes
Après
le déroulement des réunions publiques,
les participants sont maintenant dans l'attente de signes
et actions forts de la part du Gouvernement, qui leur
prouveront ou confirmeront l'utilité réelle
du Débat. D'autant qu'ils sont sceptiques sur
le fait que les avis exprimés lors des réunions
soient pris en compte lors de la synthèse nationale :
54% pensent que les réunions publiques comme
celle à laquelle ils ont participé ne
seront pas prises en compte dans la synthèse
qui sera faite du Débat National (principalement
parce que pour eux l'Etat a déjà pris
ses décisions).
Concernant
la restitution des débats et de la synthèse
nationale qui en ressort, les participants attendent
un vrai retour d'information :
- Les gouvernant
doivent selon eux s'exprimer à ce sujet :
trois quarts des répondants estiment indispensable
qu'ils " s'expriment sur les leçons
qu'ils ont tirés du Débat ".
- Ils souhaitent
ensuite (pour 65% d'entre eux) que les media les informent
de manière détaillée à ce
sujet et que la synthèse soit disponible sur
Internet (pour 69% d'entre eux).
- Une majorité
des participants désire également avoir
un compte rendu de la réunion publique locale
à laquelle ils ont assisté, soit dans
un lieu public proche (pour 59%), soit sur Internet
(pour 51%).
La conclusion
finale qu'ils tireront sur le Débat National
ne viendra que plus tard, et dépendra de ce qui
aura réellement découlé de cette
consultation : pour considérer le débat
comme utile, les trois quarts des participants estiment
qu'il est indispensable pour cela " que
les gouvernants montrent de quelle manière ils
ont tenu compte du Débat pour prendre les décisions
qui vont suivre " et 61% " que
le débat aboutisse à des changements profonds
dans le système scolaire ".
Les différences
d'opinion entre parents et enseignants
Parents
et enseignants ne dressent pas un portrait radicalement
différent du Débat, même si les
enseignants sont globalement plus sceptiques et critiques.
Concernant l'organisation des réunions, les parents
sont 74% à être satisfaits de la manière
dont s'est déroulée la réunion,
pour 62% des enseignants (et 68% sur l'ensemble des
répondants). 91% des parents ont trouvé
la réunion intéressante, contre 76% des
enseignants (et 84% en moyenne), qui sont sans doute
plus au fait que les premiers des problématiques
de l'Ecole. Les deux groupes sont donc dans leur ensemble
satisfaits. Leurs opinions se rapprochent d'ailleurs
très nettement en ce qui concerne le fonctionnement
" démocratique " des réunions.
Les enseignants
sont cependant plus sévères quant aux
raisons qui motivent le débat : 72% d'entre
eux estiment qu'il n'est fait que pour améliorer
l'image du gouvernement, contre 63% des parents.
Le scepticisme
des enseignants est plus marqué également
sur la prise en compte dans la synthèse nationale
de l'ensemble des réunions locales (65% n'y croient
pas, pour 48% des parents et 54% de l'ensemble des répondants).
Méthodologie
de l'étude
La méthodologie
de l'étude confiée à TNS Sofres
dans le cadre du Débat National sur l'école
s'est déroulée en plusieurs étapes.
- Tout
d'abord, le Ministère de l'Education Nationale
a fourni à TNS Sofres une sélection de
150 lieux de débats parmi l'ensemble des sites
disponibles ; cette sélection s'est faite
de manière aléatoire et en respectant
la répartition des catégories de lieux
(arrondissements, circonscriptions IEN, collèges,
lycées, lycées polyvalents).
- Des enquêteurs
face-à-face se sont ensuite rendus sur les lieux
de débat (et à chacune des sessions organisées
pour chaque débat) afin de mesurer le niveau
de participation et de recueillir les coordonnées
téléphoniques de participants sélectionnés
selon le principe de la méthode aléatoire ;
1 000 personnes ont ainsi été recrutées.
Enfin,
TNS Sofres a procédé à l'interrogation
téléphonique des personnes préalablement
recrutées. Au final, 700 personnes ont réponduau réseau d'enquêteurs téléphoniques
de TNS Sofres.
Remarque :
Le recrutement sur les lieux de débat a eu lieu
du 28 novembre au 14 janvier, et l'enquête téléphonique
du 3 décembre au 17 janvier.
Guillaume
PETIT
Hélène VALADE