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La
situation dans le 13ème arrondissement de Paris :
politique
et vie locale
Le 3 mars
2001 - Conservé
plus difficilement que d'autres arrondissements de la capitale
en 1995 par la majorité sortante, le 13è pourrait
basculer au soir du 18 mars. Alors que son maire Jacques Toubon
a abandonné la tête de liste officielle de la
droite au profit de Françoise Forette son challenger
socialiste, Serge Blisko, est aujourd'hui crédité
d'une confortable avance au premier comme au second tour.
Les souhaits et les pronostics des habitants, plus partagés,
introduisent toutefois un léger doute quant à
l'issue du scrutin. Tels sont les principaux enseignements
de l'étude réalisée par la SOFRES
pour le Figaro-Magazine.
En 1995, Jacques
Toubon l'avait emporté par une courte avance face à
Jean-Marie Le Guen : 51,5% contre 48,5%. Même si
l'avenir politique de la capitale ne dépend pas uniquement
des résultats de cet arrondissement, le 13e
constitue une des clé de l'élection à
Paris et son basculement à gauche aurait une réelle
incidence sur le scrutin. Et l'on constate qu'à 18
jours du premier tour (le terrain de cette enquête a
été réalisé les 21 et 22 février),
la liste conduite par Françoise Forette sur laquelle
figure Jacques Toubon serait nettement battue par celle de
la gauche.
Un rapport
de force et une dynamique nettement favorables à la
gauche
La liste de
Serge Blisko, soutenue par le PS, le PC, le PRG et le MDC
obtiendrait au premier tour 42% des intentions de vote, soit
7 points de plus qu'en 1995. Les autres listes de gauche et
écologiste totaliseraient pour leur part 17% des intentions
de vote, l'ensemble gauche + écologiste étant
crédité, au total, de 59% des voix au premier
tour (47,2% en 1995). A la progression de la liste officielle
de la gauche s'ajoute celle des Verts, en dépit de
la concurrence d'une liste dissidente conduite par Pierre-Alain
Brossault (1,5%). Ceci n'empêcherait toutefois pas Jean
Desessard d'améliorer le score des deux listes écologistes
de 1995 (10,5% pour 7%).
La majorité
sortante, divisée comme dans l'ensemble de la capitale,
enregistrerait une baisse sensible par rapport à 1995.
Les deux listes sont créditées de 36% des intentions
de vote au premier tour, pour 44,8% en 1995. La liste de Françoise
Forette, et sur laquelle figure Jacques Toubon, soutenue par
le RPR, l'UDF et DL, devancerait nettement celle de la tibériste
Michèle Laure-Rassat, qui avec 9% ne serait pas en
mesure de se maintenir au second tour. Un échec pressenti
de plus pour les listes du maire sortant.
Au second tour,
la liste de Serge Blisko devancerait nettement celle de Françoise
Forette : 61% contre 39%. Au delà de ce rapport
de force, nettement favorable aujourd'hui à la gauche,
et de la progression considérable que représenterait
un tel score par rapport à 1995 (+12 points), on constate
que la dynamique de campagne est largement favorable à
la liste de gauche. L'enquête réalisée
par la SOFRES pour le Figaro-Magazine
au moins de juin 2000, avec une offre politique certes différente,
donnait un résultat bien plus serré : 52%
contre 48% dans l'hypothèse d'un duel Jean-Marie Le
Guen (PS) Jacques Toubon, 50-50 dans l'hypothèse d'un
duel Toubon-Marie-Pierre de la Gontrie (PS). La gauche a donc,
en un an et demi, nettement renforcé sa position.
Mais des souhaits et pronostics
partagés
en raison de l'équation personnelle de Jacques Toubon
Pourtant, les
souhaits et pronostics des habitants dans le 13e
introduisent un léger doute sur l'issue du scrutin.
En effet, les habitants se répartissent équitablement
entre Jacques Toubon et Serge Blisko. Ceci est certainement
dû à l'image respective des deux candidats et
de leurs chefs de file respectifs.
D'un côté,
Serge Blisko bénéficie d'une notoriété
moins forte que Jacques Toubon (65% contre 100%), et son image
y est nettement moins installée. 36% des habitants
ont une bonne opinion de la tête de liste socialiste
(contre 10%), alors que 51% ont une image favorable de Jacques
Toubon (contre 44%). Notons d'ailleurs que le maire sortant,
en dépit de la mise en examen qui a entraîné
sa " rétrogradation " en deuxième
position de la liste Séguin, n'enregistre aucune évolution
de sa popularité. D'ailleurs, 50% des habitants (contre
44%) continuent de le juger honnête. Moins bien jugé
toutefois sur ce point que son rival socialiste (60% l'estiment
honnête), Jacques Toubon le devance en matière
de compétence (70% contre 49% à Serge Blisko)
et fait jeu égal avec lui pour ce qui est de la proximité
avec les " préoccupation des gens "
(55%).
D'un autre
côté, alors que Serge Blisko peut s'appuyer sur
la popularité de Bertrand Delanoë dans l'arrondissement
(58% en ont une bonne opinion), Jacques Toubon (et Françoise
Forette surtout) subit les effets négatifs de celle
de Philippe Séguin : seulement 37% des électeurs
du 13e en ont une bonne opinion (-14 points
par rapport à juin 2000).
Enfin, à
la différence de Jacques Toubon, la tête de liste
séguiniste, Françoise Forette, souffre à
la fois d'un déficit d'image et de notoriété.
Cela signifie que le ticket Delanoë-Blisko est plus performant
que le ticket Séguin-Forette, mais que ce dernier l'est
certainement moins que le ticket Séguin-Toubon. D'ailleurs,
la rétrogradation volontaire de Jacques Toubon génère
l'insatisfaction d'une bonne partie des électeurs de
droite : 59% d'entre eux estiment qu'il aurait mieux
valu qu'il soit tête de liste (contre 41%).
Au total donc,
quand dans les souhaits et pronostics Serge Blisko et Jacques
Toubon se retrouvent seuls face à face, le premier
ne peut s'appuyer sur l'image de Bertrand Delanoë, et
le second s'affranchit de l'impopularité de Philippe
Séguin et de la faible notoriété de Madame
Forette. Il capitalise ainsi sur sa propre notoriété,
popularité et image.
La sécurité
des habitants problème N°1
Le 13e
présente une particularité pour un arrondissement
du sud de la capitale. Les habitants y placent la sécurité
des habitants au premier rang des préoccupations pour
ces prochaines années, devant des inquiétudes
plus classiques et typiquement urbaines : propreté
des rues et des trottoirs (44%), nuisances de la circulation
automobile (41%) et stationnement (39%). A ce titre le 13e
, pourtant situé au sud, s'apparente plus aux arrondissements
du nord et de l'est parisien dans lesquels l'insécurité
est le principal sujet de préoccupation, à ceci
près que son intensité y est plus faible (75%
dans le 19e, 68% dans le 20e,
65% dans le 18e par exemple). A ceci près
également que si dans les arrondissements du nord cette
préoccupation se révèle aussi forte chez
les électeurs de gauche que de droite, elle est plus
importante chez ces derniers dans le 13e
arrondissement (61% pour 41% à droite).
Les problèmes
de crèche et de garderie et le manque d'espaces verts
constituent une deuxième série d'attentes (34%
des citations) non négligeable de la population. On
comprend mieux la dernière lorsque l'on constate que
les endroits " les plus sympas " sont
surtout des lieux de vie urbains : La Butte au Caille
69%, l'avenue des Gobelins 54%, la Place d'Italie 45%. On
le comprend d'autant plus qu'une partie non négligeable
des habitants souhaiterait voir détruits les grandes
tours caractéristiques de l'arrondissement.
Stéphane
Marcel

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