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Enquête auprès
des dirigeants de
start-ups
Le 3 octobre 2000 - Pour
la première fois en France, la SOFRES a réalisé pour First
Tuesday et Libération un sondage d'opinion auprès
des dirigeants de start-ups sur les perspectives de leurs entreprises, leur vision
du marché des nouvelles technologies et des questions plus personnelles
sur leur profil et leurs aspirations.
Et tout d'abord, qui sont ces
chef d'entreprises d'un nouveau type ? Ils sont jeunes : un sur deux
à moins de 35 ans (48%), la plupart sont issus des grandes écoles
de commerce et d'ingénieurs, même si l'université est également
représentée. Mais c'est leur homogénéité sociale
qui frappe, à l'encontre d'une idée reçue sur le grand brassage
social de la Nouvelle économie : 46% sont issus d'un milieu de cadres,
27% d'artisans et commerçants, contre 11% seulement d'employés ou
d'ouvriers.
A la conquête d'un nouveau
monde
Leurs motivations
sont marquées par le sentiment de conquérir
une nouvelle frontière : 66% déclarent
que ce qui les a le plus séduit au départ est
le potentiel du secteur et 54% le sentiment de participer
à un changement de société, en particulier
chez les moins jeunes, qui ont eu une expérience professionnelle
auparavant : pour eux, c'est un nouveau départ
dans tous les sens du terme. Pour les plus jeunes, l'attrait
de l'indépendance mais aussi le modèle de la
start-up ont davantage pesé.
Quelles sont leurs difficultés ?
Essentiellement le fait de naviguer dans un environnement mouvant, où l'adaptabilité
est la condition de survie : 47% citent le manque de visibilité à
long terme, 37% la nécessité de s'adapter aux nouveautés
technologiques. Mais les conséquences dans la vie privée ne sont
pas passées sous silence : 41% ont mentionné l'importance des
horaires de travail. Dans ce domaine, ce sont les plus jeunes patrons qui se plaignent,
qui ont le plus de mal à concilier vie professionnelle et vie privée,
tandis que les plus expérimentés souffrent plus largement de l'adaptabilité.
Recherche liquidités
(et collaborateurs) désespéremment
Tout n'est
pas rose dans le vie des start-up. Parmi les problèmes,
et c'est un symptôme du retournement récent de
la conjoncture, on note la difficulté de recruter des
collaborateurs, surtout quand l'entreprise se pérennise,
mais aussi le manque de liquidités (40%) et la difficulté
croissante à attirer des investisseurs (40%). La Nouvelle
économie pâtirait-elle d'une plus grande prudence
des investisseurs ? C'est ce que mentionnent 58% des
interviewés en en faisant la conséquence directe
du mini-krach des valeurs internet en avril dernier :
pas de réelle baisse de la valorisation boursière,
pas de mises en liquidation, mais des capitaux-risqueurs beaucoup
plus prudents.
L'optimisme
de nos jeunes dirigeants devrait pourtant lever ces doutes :
plus de la moitié prévoit d'atteindre la rentabilité
avant un an, 42% entre un et trois ans ! Néanmoins,
les investisseurs potentiels apparaissent trop souvent comme
recherchant des gains rapides (52%) et voulant contrôler
la stratégie de l'entreprise (48%). Des défauts
contrebalancés par des qualités reconnues :
ils apportent une aide véritable sur les projets (54%)
et comprennent bien le secteur (65%). La Nouvelle économie
est un monde de communication, mais aussi de dialogue.
Didier
Witkowski
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