Le 3 novembre 2005 - L'Association Française des Opérateurs Mobiles (AFOM) et TNS Sofres ont réalisé la première édition de l'Observatoire Sociétal du Téléphone Mobile. Cet Observatoire a pour objectifs de mesurer, chaque année, les usages du mobile, les comportements des Français avec leur mobile ainsi que l'état de l'opinion sur le mobile.
Un phénomène de société
Le téléphone mobile est un phénomène de société car il n'a pas d'égal lorsqu'on considère ensemble :
- sa diffusion : 72% des Français de plus de 15 ans sont équipés d'un mobile.
- la rapidité de sa diffusion : les utilisateurs de mobile sont équipés depuis 5,5 ans en moyenne ; 37% se sont équipés au cours des 4 dernières années.
- son renouvellement rapide : ils ont déjà possédé 3,2 mobiles en moyenne.
- la conservation des anciens mobiles : lorsqu'ils changent de mobile, ils donnent l'ancien à un proche (31% des cas) ou le rangent (31% des cas).
Une génération « mobile »
Il existe une « génération mobile » qui se recouvre avec la génération du multimédia et dont les traits sont les plus marqués chez les 15 à 24 ans.
Cette génération se différencie des plus de 40 ans par :
- le sentiment de maîtriser son mobile, pour 64% à 99% des tranches d'âges avant 40 ans versus 41% chez les 40-59 ans et 27% chez les 60 ans et plus ;
- ses usages diversifiés du mobile : envoi de SMS (89% des moins de 40 ans versus 47% des plus de 40 ans), « couteau suisse » avec par exemple le réveil (78% versus 32%) ou la calculette (68% versus 17%), appareil photo (47% versus 14%), console de jeu (49% versus 12%).
- sa relation identitaire et affective avec un mobile « album souvenir » (95% des 15-17 ans relisent des SMS déjà reçus, versus 61% toutes tranches d'âges confondues), que l'on personnalise (68% des 15-17 ans, versus 27%), que l'on manipule quand on a quelques minutes d'attente devant soi (72% versus 20%) et que l'on retourne chercher à son domicile lorsqu'on l'a oublié (76% versus 47%).
Joignable ou injoignable selon la situation
Les Français se comportent en société avec leur téléphone mobile en se rendant joignable ou injoignable selon la situation : on ne décroche pas systématiquement, mais on peut prendre des appels en société.
Ces comportements sont le fruit de deux apprentissages, mis en lumière par l'étude du GRIPIC :
- on apprend à se rendre injoignable sur son mobile : 75% des utilisateurs éteignent leur mobile, 65% le mettent en mode vibreur, 59% ne prennent pas volontairement des appels et laissent leur répondeur prendre des messages.
- lorsqu'on est joignable et que l'on reçoit un appel, on apprend à arbitrer immédiatementpour décider d'y répondre ou non : avant de décrocher, 59% des Français prennent en compte l'identité de celui qui les appelle, 58% le lieu où ils sont et 50% les personnes avec qui ils sont.
Une certaine tolérance à l'égard de ceux qui réopndent
Il existe une certaine tolérance et compréhension à l'égard de ceux qui répondent quand ils reçoivent un appel sur leur mobile, comme l'indiquait l'étude du GRIPIC.
- Le niveau de tolérance varie en fonction de la situation : 50% au restaurant, 63% lors d'un repas de famille, 64% dans le train, le bus ou le métro.
- Le niveau de compréhension varie en fonction de l'identité de celui qui appelle : en réunion de travail ou à table avec des amis, les Français sont respectivement 75% et 81% à comprendre celui qui décroche à un appel de sa babysitter.
- Le GRIPIC explique cette tolérance et compréhension par le fait que les utilisateurs de mobile sont tour à tour en position d'acteur et de spectateur : ils savent qu'ils peuvent, eux aussi, être en situation de recevoir un appel et de décrocher.
Tout le monde a quelque chose à dire
Tout le monde a quelque chose à dire sur le téléphone mobile. Les discours peuvent être positifs, négatifs ou contradictoires.
- Les valeurs associées au mobile sont plus positives que négatives : les trois premières valeurs sont praticité (91% des Français), sécurité (81%) et liberté (78%).
- Les mêmes personnes peuvent associer au mobile des valeurs opposées : 59% des Français citent dépendance et indépendance, 53% surveillance et liberté.
- Pour 61% des Français, le téléphone mobile est davantage un objet permettant plus de liberté et d'autonomie qu'un objet permettant de contrôler et d'être contrôlé.
Un bilan positif
88% des Français font un bilan positif du téléphone mobile à la fois pour la société française et pour le monde du travail.
Ce bilan positif vaut aussi pour leur vie personnelle :
- le téléphone mobile a des conséquences plutôt positives dans l'organisation de leur vie (59% des Français), dans leur travail (58% des actifs), dans leurs relations conjugales ou amoureuses (44% des Français), dans les relations avec leurs parents (43%) et dans les relations avec leurs enfants (42%).
- il a des conséquences plutôt négatives, selon les items, pour 2 à 6% des Français.