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Le 10
janvier 2002 -
Réalisée à la fin du mois de décembre
juste avant la traditionnelle intervention télévisée
du Président de la République du 31 décembre
et après celle du Premier ministre sur France 2,
la dernière vague de notre baromètre réalisée
pour Le Figaro Magazine témoigne
d'une mauvaise humeur de l'opinion. Dans un contexte de
hausse du chômage et d'un climat social marqué
par de nombreuses manifestations, il n'est pas étonnant
de voir, parmi les priorités assignées au
gouvernement, la lutte contre le chômage augmenter
de 5 points et le pronostic sur le climat social s'aggraver
ce mois-ci dans cette vague. Pour autant, le climat général
ne s'assombrit pas : il a même tendance à
s'améliorer. Par ailleurs, le jugement des Français
à l'égard de l'exécutif - davantage
envers Jacques Chirac que Lionel Jospin d'ailleurs - est
sévère, tout comme à l'égard
des personnalités et des partis politiques. Tels
sont les principaux résultats de la dernière
vague du dernier baromètre de l'année 2001.
La lutte
contre le chômage, une priorité à
la hausse
Avec la
septième annonce consécutive d'une hausse
du chômage et les grèves des policiers, des
gendarmes et du personnel médical qui ont émaillé
le mois de décembre, l'année 2001 se termine
en demi-teintes dans l'opinion. Ce baromètre en
porte les traces. Tout d'abord, le pronostic des Français
sur le climat social continue de se dégrader ce
mois-ci : 72% des personnes interrogées estiment
qu'il y aura beaucoup de conflits sociaux dans les mois
à venir, pour 70% en novembre. Signe d'une tendance
persistante depuis 6 mois : ils n'étaient
que 58% en août à partager ce pronostic.
Ensuite,
parmi les priorités assignées au gouvernement,
la lutte contre la violence et la criminalité reste
ancrée à la première place (49%),
et ce depuis le début de l'année. Fait notable :
ce mois-ci la lutte contre le chômage remonte de
5 points par rapport à la précédente
vague (33%), traduisant en cela les premières inquiétudes
de l'opinion liées à la hausse du chômage.
Pour autant, l'opinion ne semble pas en tenir grief au
gouvernement : son action en la matière recueille
le même - faible - niveau d'efficacité qu'en
novembre, 27%.
Un climat
général en demi-teintes
Dans ce
contexte, certes, le climat général ne suscite
guère d'optimisme : alors que 32% des personnes
interrogées estimaient en janvier 2001 que les
choses allaient en s'améliorant, elles ne sont
plus que 20% en fin d'année. Reste que dans ce
tableau, on peut relever une éclaircie : la
légère remontée des opinions optimistes
par rapport au mois dernier (+1) qui s'accomplit en même
temps qu'une diminution de la part de ceux qui estiment
que les choses ont tendance à aller plus mal, 62%
pour 64% le mois dernier. Malgré une dégradation
du climat social, l'humeur des Français à
l'égard de la situation en général
ne s'assombrit pas pour autant ce mois-ci.
L'effet-11
septembre caduc
Jacques
Chirac (46%) tout comme Lionel Jospin (50%) voient leur
cote de confiance respectives s'effriter de 4 et 2 points.
Si le Président de la République recueille
ce mois-ci une majorité de jugements négatifs
(51%), ce n'est pas le cas du Premier ministre (47%).
Depuis
octobre, les cotes de confiance de Jacques Chirac et de
Lionel Jospin accusent une forte baisse (respectivement
-11 et -9 points). Si l'on avait pu évoquer un
effet-11 septembre sur l'appréciation par les Français
de leur action respective, - notamment pour ce qui est
du Président de la République - il semble
désormais caduc. Jacques Chirac retrouve un niveau
de confiance proche de celui enregistré avant les
attentats du 11 septembre ; quant à Lionel
Jospin, il recueille le deuxième pire niveau de
confiance depuis son entrée à Matignon,
après octobre 2000 (50%, contre 48%).
Une année difficile pour
Jacques Chirac et Lionel Jospin,
marquée par une repolitisation
de leur popularité
Second
constat : si l'on excepte les premiers mois de la
cohabitation, 2001 restera en moyenne pour Jacques Chirac
et Lionel Jospin comme leur année la plus faible
en matière de popularité, comme le montre
le tableau ci-dessous :
Moyenne
annuelle de la confiance des Français envers
Jacques Chirac et Lionel Jospin
|
(en
%)
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
| |
Avant
juin
|
A
partir de juin
|
|
|
|
|
|
- Jacques Chirac
|
37,6
|
43,1
|
52,3
|
54,3
|
50,9
|
49,25
|
|
- Lionel Jospin
|
|
60,1
|
63,3
|
63,8
|
58,8
|
56
|
Le durcissement
de l'opinion à l'égard de Jacques Chirac
et Lionel Jospin se double d'une repolarisation de leur
popularité auprès de leurs sympathisants
respectifs. Ce mouvement s'est effectué en deux
temps, avant et après le 11 septembre.
- entre
janvier et octobre 2001, Lionel Jospin a une cote stable
à droite (40% en janvier, 41% en septembre) ;
Jacques Chirac, quant à lui, voit sa confiance
à gauche passer de 35% à 45%, sous l'effet
mobilisateur des attentats du 11 septembre.
- depuis
octobre, on assiste à une remobilisation progressive
des sympathisants des deux camps qui se traduit par une
baisse brutale de la cote de confiance de Jacques Chirac
à gauche (30%, -15 points) et de Lionel Jospin
à droite (23%, -17 points).
Au total,
sur l'année 2001, Jacques Chirac perd 5 points
de confiance à gauche, et Lionel Jospin 17 points
à droite, comme le montre le tableau ci-dessous :
Confiance
de Jacques Chirac et Lionel Jospin envers les sympathisants
de gauche et de droite
| (en
%) |
|
Jacques
Chirac |
Lionel
Jospin |
| -
Janvier 2001 |
GAUCHE |
35
|
79
|
| DROITE |
75
|
40
|
| -
Octobre 2001 |
GAUCHE |
45
|
79
|
| DROITE |
78
|
41
|
| -
Novembre 2001 |
GAUCHE |
42
|
78
|
| DROITE |
82
|
28
|
| -
Décembre 2001 |
GAUCHE |
35
|
73
|
| DROITE |
79
|
30
|
| -
Janvier 2002 |
GAUCHE |
30
|
72
|
| DROITE |
74
|
23
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Accès
de mauvaise humeur envers les personnalités politiques.
A l'image
de l'exécutif, les personnalités de gauche
comme de droite subissent la mauvaise humeur des Français.
Symptôme manifeste : Simone Veil, recordwoman
en longévité de notre baromètre,
bien que toujours en tête des personnalités
de droite ce mois-ci, enregistre sa pire cote d'avenir
(32, -4) depuis 1981 ! Autres manifestations de cette
mauvaise humeur générale : l'ampleur
des baisses qui affectent aussi bien personnalités
de gauche que de droite. -8 points pour Ségolène
Royal (39%, plus mauvais score depuis juillet 1997), -
6 points pour Jack Lang (40%), - 5 points pour Lionel
Jospin (51%, toujours en tête de toutes les personnalités,
avec son plus mauvais score depuis juin 1997), Jean-Pierre
Chevènement (40%), Elisabeth Guigou (39%) et Dominique
Voynet (28%, plus mauvais score depuis juin 1997), - 4
points pour Martine Aubry (35%) Simone Veil (32%), Philippe
Douste-Blazy (28%), Alain Madelin (22%), Charles Pasqua
(17%) et François Léotard (16%).
Seuls rescapés
de ce " règlement de comptes " :
Laurent Fabius (40%, +3), en raison de son implication
dans la mise en place de l'euro tout au long du mois de
décembre, Claude Allègre (31%, +1) en raison
de la couverture médiatique dont a bénéficié
la sortie de son dernier ouvrage, et François Bayrou
(26%, +1).
.et leurs
partis
A l'instar
de l'ensemble du personnel politique, les partis font
également les frais de l'humeur chafouine de l'opinion :
tous les partis traditionnels sont au pire à la
baisse, au mieux à la stagnation. Si le PS bénéficie
toujours de la meilleure image (50% de bonnes opinions,
-3) il atteint son deuxième plus bas niveau après
novembre 2001 (49%) ; les Verts voient également
leur image se dégrader (46%, - 3), tandis que le
PCF reste stable, avec 30% de bonnes opinions. A droite,
la dégradation est plus manifeste : l'UDF
bénéficie désormais de 29% de bonnes
opinions (-3), tandis que son allié RPR, malgré
les événements qui ont marqué son
25e anniversaire ce mois-ci , voit
son image se dégrader de 5 points, avec 33% d'opinions
favorables. Quant au FN, même s'il remonte légèrement
(+1), il reste cantonné à un très
faible niveau de bonnes opinions, 9%.
Sylvain LEFORT
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