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Le
Baromètre présidentiel LCI-Politique
Opinion
Le
4 avril 2001 - A un an du premier tour
de l'élection présidentielle, le rapport de force reste favorable
à la gauche et plus particulièrement à Lionel Jospin, malgré
un rééquilibrage faisant suite aux élections municipales.
Ne bénéficiant plus, avec 28% d'intentions de vote, que d'un point
d'avance sur Jacques Chirac au 1er tour, il continue cependant de devancer
l'actuel président lors du deuxième tour (52% contre 48%). Tels
sont les principaux traits de la photographie que fournit notre baromètre
présidentiel réalisé pour LCI - Politique & Opinion.
Les élections
municipales sont à peine passées que la prochaine
présidentielle revient au devant de l'actualité
politique et médiatique, en particulier au travers
du vote des parlementaires sur l'inversion du calendrier électoral
de 2002. L'élection des édiles municipaux n'est
pas pour autant tombée aux oubliettes de l'opinion.
Interrogés avant le 1er tour par la SOFRES
pour les Journaux de Province (chronique Alain Duhamel),
les Français estimaient en majorité (60%) que
les élections municipales auraient des conséquences
importantes pour les présidentielles et législatives.
Or les enquêtes postérieures au 18 mars ont toutes
montré que l'opinion interprétait les résultats
des municipales comme globalement favorables à la droite,
et constituaient à l'inverse un signal d'alerte pour
Lionel Jospin et son gouvernement. Fort logiquement donc,
les intentions de vote des Français pour l'élection
présidentielle de 2002 se réajustent dans ce
sens par rapport à la dernière vague (février
2001) de notre baromètre. Elles continuent cependant
de montrer un équilibre des forces (et elles montrent
essentiellement cela pour le moment, tant l'échéance
est encore lointaine) favorable à la gauche.
Une gauche
en recul mais qui reste nettement majoritaire au 1er
tour
Avec un total
de 48% d'intentions de vote au 1er tour, les listes
de gauche et écologistes subissent un recul de 3,5
points. Cet incontestable coup d'arrêt demande cependant
à être analysé plus en détail.
Pour le relativiser tout d'abord : il intervient après
une hausse très forte (+10 points) de ces mêmes
listes entre les deux vagues précédentes de
notre baromètre présidentiel, marquant ainsi
une " retour vers la normale " de l'opinion
plutôt qu'une véritable inversion de tendance.
Mais surtout, ce phénomène n'affecte pas également
toute la gauche. Deux leaders semblent ici subir le contrecoup
des élections municipales : Lionel Jospin et Robert
Hue, tous deux en recul de 2 point, à respectivement
28% et 5% d'intentions de vote. A l'inverse, en écho
aux bonnes performances des écologistes et de l'extrême-gauche
dans les urnes municipales, Noël Mamère (5,5%)
et Arlette Laguiller (6,5%) ne subissent pas de recul, progressant
même de 0,5 points chacun. S'il reste le leader incontesté
de son camp et améliorerait nettement son score du
1er tour de 1995 (23,2%), Lionel Jospin fait donc
face à un relatif rééquilibrage des composantes
de la majorité plurielle.
A l'inverse,
l'heure est à l'embellie pour Jacques Chirac :
avec 27% d'intentions de vote (en hausse de 3points), il obtient
son meilleur score dans notre baromètre et se place
quasiment à égalité avec Lionel Jospin.
Il est cependant le seul candidat de la droite classique à
bénéficier de l'effet dynamisant des municipales,
François Bayrou (5,5%) et Charles Pasqua (3,5%) restant
pour leur part stables, tandis qu'Alain Madelin connaît
un très léger recul (5%, contre 6% en février).
Peut-être la droite parlementaire subit-elle ici le
contrecoup des progrès certes modérés,
mais qui contrastent avec la tendance enregistrée depuis
plusieurs mois, de Jean-Marie Le Pen (8,5%, en hausse de 0,5
points) et de Bruno Mégret (3%, +1 point). Il reste
au total que si le score cumulés des candidats de droite
modérée progresse de 2 points (40,5%), il reste
inférieur au total Chirac + Balladur + De Villiers
lors du 1er tour en 1995 (43,8%), et plus encore
au score d'intentions de vote de la gauche prise dans son
ensemble.
En conséquence,
et même si l'écart se resserre, Lionel Jospin
l'emporterait toujours au second tour, avec 52% des suffrages
contre 48% à Jacques Chirac (53% contre 47% en février)
- accroissant ainsi de 4 points le score de la gauche entre
les deux tours. Si l'équilibre des forces reste donc
globalement favorable à l'actuel Premier ministre,
il reste à savoir si le rétrécissement
de l'écart entre les candidats (potentiels pour la
plupart, rappelons-le) de droite et de gauche observé
ici se confirme dans les semaines à venir. Rendez-vous
donc pour la prochaine vague du baromètre LCI - Politique
Opinion.
Gilles CORMAN
Fiche Technique : Enquête
réalisée les 28 et 29 mars 2001 pour LCI-Politique & Opinion auprès
d'un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de la population française
âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone. Méthode des quotas (sexe, âge,
activité) et stratification par région et catégorie d'agglomération.
Les résultats
INTENTION DE VOTE AU 1ER
TOUR
DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2002
(Sur 100 suffrages exprimés)
| |
Rappel
février 2001 |
Mars
2001 |
|
- Arlette LAGUILLER |
6 |
6,5 |
|
- Robert HUE |
7 |
5 |
|
- Jean-Pierre CHEVÈNEMENT |
3,5
|
3 |
|
- Lionel JOSPIN |
30
|
28 |
|
- Noël MAMERE |
5*
|
5,5 |
|
- François BAYROU |
5 |
5 |
|
- Jacques CHIRAC |
24
|
27 |
|
- Alain MADELIN |
6 |
5 |
|
- Charles PASQUA |
3,5
|
3,5 |
|
- Jean-Marie LE PEN |
8 |
8,5 |
|
- Bruno MÉGRET |
2 |
3 |
* Dominique Voynet
(N'ont pas exprimé d'intention de vote : 11 %)
INTENTION
DE VOTE AU 2EME TOUR
DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2002
(Sur 100 suffrages exprimés)
| |
Rappel
février 2001 |
Mars
2001 |
|
- Lionel JOSPIN |
53
|
52 |
|
- Jacques CHIRAC |
47
|
48 |
(N'ont pas exprimé d'intention
de vote : 16 %)
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