
L'image de Jack Lang
à la veille de la rentrée scolaire
Le 4 septembre 2000
- A la veille de sa première rentrée scolaire comme ministre du
gouvernement de Lionel Jospin - exercice rituel mais redouté -, Jack Lang
bénéfice d'une image personnelle positive, les projets de réforme
pour l'école annoncés avant l'été recueillent un franc
soutien et, surtout, un des objectifs du Premier ministre - apaiser les rancours
des parents et des enseignants accumulées par son prédécesseur
- semble avoir été atteint.
Bénéficiant d'une
cote d'avenir qui le situe aujourd'hui au troisième rang des personnalités
de gauche auxquelles les Français souhaitent voir jouer un rôle important
dans les années à venir (46% dans le dernier baromètre
Sofres/Figaro-Magazine), derrière Lionel Jospin (60%) et Elisabeth
Guigou (52%), le ministre de l'Education nationale semble avoir réussi
ses premiers pas dans ses nouvelles fonctions. 56% des personnes interrogées
pour France-Soir se montrent confiantes dans la manière dont
le ministre a préparé la rentrée scolaire (contre 22%) et
22% ne se prononcent pas. Si le capital de confiance culmine chez les sympathisants
de gauche (70%, pour 45% à droite), il est également plus élevé
chez les personnes directement concernées : 69% chez les 18-24 ans
et 61% chez les parents d'élèves.
Le ministre profite certainement
de l'image personnelle dont il bénéficie auprès des Français
en général et des jeunes en particulier, mais aussi des annonces
effectuées avant l'été qui apparaissent pour le moins consensuelles.
Ainsi, le ministre de l'Education nationale est avant tout perçu comme
un homme d'écoute et de dialogue. Écoute des jeunes (étudiants,
lycéens) d'abord. 72% des personnes interrogées et 78% des jeunes
eux même lui reconnaissant cette qualité. Écoute des problèmes
des enseignants ensuite, mais dans une moindre mesure : 56% (et 62% des jeunes)
estiment que ce qualificatif " s'applique bien " à
Jack Lang. Une image qui contraste singulièrement avec celle de son prédécesseur.
Par ailleurs, 53% des interviewés lui reconnaissent une capacité
à bien comprendre les questions de l'éducation nationale, et 53%
estiment également qu'" il a une vision d'avenir pour l'éducation ".
Une proportion moins importante - mais toujours majoritaire - lui reconnaît
sa capacité d'écoute des parents d'élèves.
Le ministre profite aussi certainement
du bon accueil des mesures pour l'école annoncées avant l'été.
Les 5 mesures testées dans cette étude sont perçues comme
de " bonnes décisions ", la priorité donnée
à la lecture et à l'écriture pour combattre l'échec
scolaire étant jugée par 78% des personnes interrogées comme
une " très bonne décision ", l'apprentissage
des langues vivantes dès le plus jeunes âge par 61%, et les 3 autres
mesures par plus de 40%.
Au total, les Français
savent gré à Jack Lang d'avoir modifié le climat des relations
entre le ministre et certains acteurs de l'Education nationale. 53% estiment ainsi
qu'" il a permis d'améliorer les relations avec le monde enseignant "
(contre 20%) et 41% avec les parents d'élèves (contre 24%).
Le climat de cette rentée
semble donc plus détendu, et la nomination de Jack Lang, consécutive
aux mouvements du printemps dernier, semble avoir apaisé les esprits. D'ailleurs,
son prédécesseur est loin d'être regretté : seules
29% des personnes interrogées déclarent regretter son départ
du gouvernement et une majorité (61%) ne le regrette pas.
On peut donc dire qu'un des principaux
objectifs de Lionel Jospin est atteint : retrouver la confiance des enseignants
et des parents d'élèves écornée lors du ministère
Allègre. Un objectif d'autant plus important que les échéances
électorales approchent. Mais après l'oral de rattrapage, tout étudiant
sait que d'autres épreuves suivent. Le ministre sait que passée
la rentrée, c'est souvent en fin d'année que les mouvements de lycéens
ou d'étudiants se développent, et que les projets devront se concrétiser
par des mesures. Les taux de sans réponse enregistrés sur certaines
questions de cette enquête montrent que les Français sont dans l'expectative,
mais que le ministre dispose pour avancer d'un a priori favorable.
Stéphane Marcel