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Les
maires des petites villes
et l'intercommunalité
Le 4 octobre
2001 - L'Association des Petites Villes de France
a organisé en collaboration avec la SOFRES une
consultation auprès des 2 458 maires des
villes de 3 000 à 20 000 habitants sur
le thème de l'intercommunalité. Avec un taux
de retour de 33 %, cette consultation a rencontré
un réel succès : un maire sur trois a répondu
au questionnaire qui lui était envoyé. Les principaux
enseignements de cette consultation sont les suivants. Satisfaits
du fonctionnement actuel de l'intercommunalité, les
maires des petites villes se montrent réservés
sur la poursuite du processus qui verrait les structures intercommunales
à fiscalité propre devenir un nouvel échelon
d'administration territoriale, et se prononcent en faveur
d'un statu quo.
Les maires
très favorables à l'intercommunalité
En dehors de
toute référence à la situation de leur
commune, les maires se déclarent très favorables
à l'intercommunalité (95%) qui, à leurs
yeux, permet à la fois une meilleure répartition
des richesses entres les communes (57%) et une amélioration
de la qualité des services rendus (54%). L'intercommunalité
n'est pas pour autant exempte de défauts. Les maires
considèrent pour les deux tiers d'entre eux qu'elle
entraîne une difficulté plus grande pour les
citoyens de " savoir qui fait quoi " et
un peu plus d'un tiers ont peur d'une perte d'identité
des communes.
Une expérience
forte de l'intercommunalité
Le jugement
a priori coïncide avec une expérience forte de
l'intercommunalité puisque les deux tiers des répondants
appartiennent à une structure à fiscalité
propre - 7% à un district, 45% à un ou plusieurs
SIVU (Syndicat Intercommunal à vocation unique) et
enfin 38% à un ou plusieurs SIVOM (Syndicat intercommunal
à vocation multiple). Seulement 2% des répondants
n'appartiennent à aucune structure intercommunale.
Au sein de ces structures de coopération intercommunale,
de nombreux maires exercent des responsabilités :
32 % sont président d'une structure intercommunale
et 52 % vice-président. Parmi les villes ayant
répondu à notre enquête, la loi Chevènement
a entraîné la création de nouvelles structures
dans de nombreux cas : 23% des maires ont vu la création
d'une communauté de communes et 20% la création
d'une communauté d'agglomération.
Un fonctionnement
jugé satisfaisant à l'échelon de la commune
Les maires
sont satisfaits du fonctionnement de la coopération
intercommunale pour leur commune : 71%, contre 19%. Les
maires appartenant à une communauté urbaine
sont légèrement plus critiques (69% contre 23%)
tandis que ceux qui font partie d'une communauté de
communes (79% contre 19%) ou une communauté d'agglomération
(77% contre 19%) sont particulièrement satisfaits.
Le développement économique, l'assainissement,
les transports et l'environnement constituent les principales
compétences déléguées par les
maires à leur structure de coopération intercommunale.
L'avenir
de l'intercommunalité : la préférence
pour le statu quo
Les maires
des petites villes sont dans l'ensemble plutôt réservés
sur la poursuite du processus de l'intercommunalité
qui verrait les structures intercommunales devenir un nouvel
échelon d'administration territoriale : une courte
majorité (51%) se déclare hostile à une
telle évolution, notamment les maires âgés
et les maires communistes. Inversement, les plus favorables
se recrutent parmi les maires socialistes (55% contre 40%)
et les maires de moins de 46 ans (48% contre 44%). De même,
et alors que la décision de principe d'élections
au suffrage universel des présidents et représentants
des conseils intercommunaux est actée, les maires se
prononcent majoritairement contre cette mesure : 57 % d'entre
eux souhaitent que les présidents et représentants
des conseils intercommunaux continuent à être
désignés par les conseils municipaux des communes.
Carine Marcé

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