Le 6 octobre
2003 - Réalisée
après la présentation de son Agenda 2006
lors des Journées parlementaires de Nancy et son
intervention télévisée dans l'émission
Zone Interdite de M6, la vague mensuelle de notre baromètre
politique confirme la baisse de confiance de l'opinion
à l'égard de Jean-Pierre
Raffarin : 37% de confiance, soit 5 points
de moins que le mois précédent. Un mouvement
à la baisse qui affecte également le Président
de la République dont la cote de confiance
chute de trois points pour s'établir à 43
%. Cette tendance baissière ne profite pas à
l'opposition : presque toutes
les personnalités politiques, de gauche
comme de droite, voient leur cote d'avenir baisser. Avec
pour toile de fond une dégradation de la perception
du climat général, et de nouvelles inquiétudes
qui pointent en matière de lutte contre la hausse
des prix et de maintien du pouvoir d'achat. Tels sont
les principaux enseignements de la dernière vague
de notre baromètre mensuel réalisé
pour Le Figaro Magazine.
La pente
est raide pour Jean-Pierre Raffarin
En lui accordant
37% (-5) de confiance, contre 59% (+5), l'opinion se détourne
du Premier ministre. C'est à la fin du printemps
que l'opinion a commencé à se retourner,
et ce, de manière continue. Depuis le début
de l'année, il a ainsi perdu 21 points de confiance.
Principales
catégories qui accordent le moins leur confiance
à Jean-Pierre Raffarin : les 18-24 ans (25%,
-10) et les ouvriers (24%, -11). Parmi les catégories
qui baissent le plus fortement ce mois-ci, on relève
les professions intermédiaires (33%, -12 points)
et, signe du trouble de sa majorité, les sympathisants
de droite catégorie auprès de laquelle Jean-Pierre
Raffarin accuse une baisse de 14 points de confiance,
même s'ils lui restent largement acquis avec 62%
de confiance. Après avoir subi une forte baisse
auprès des personnes âgées le mois
dernier, Jean-Pierre Raffarin conserve ce mois-ci son
capital de confiance.
Phénomène
d'usure ?
Pour autant,
17 mois après son entrée à Matignon,
la confiance moyenne envers le Premier ministre reste
majoritaire : 52%. Un socle qui place Jean-Pierre
Raffarin dans une position intermédiaire parmi
les Premiers ministres depuis 1981. A équidistance
de leur entrée en fonction à Matignon, seul
Laurent Fabius (49%), Jacques Chirac (48%) et Alain Juppé
(40%) recueillent une confiance moyenne inférieure
à celle de l'actuel Premier ministre. Mais il se
place loin derrière Edouard Balladur (62%), Lionel
Jospin (62%) et Michel Rocard (61%).
Confiance
moyenne des Premiers ministres 17 mois après leur
entrée à Matignon
(depuis
1981)
|
Pierre
MAUROY
|
59%
|
|
Laurent
FABIUS
|
49%
|
|
Jacques
CHIRAC
|
48%
|
|
Michel
ROCARD
|
61%
|
|
Edouard
BALLADUR
|
62%
|
|
Alain
JUPPE
|
40%
|
|
Lionel
JOSPIN
|
62%
|
|
Jean-Pierre
RAFFARIN
|
52%
|
Jacques
Chirac à son plus bas niveau depuis sa réélection
Dans son
sillage, Jacques Chirac baisse également ce mois-ci,
moins fortement il est vrai. Avec 43% (-3) de jugements
positifs, contre 54% (+3) , la confiance que lui accordent
les Français ce mois-ci est à son plus bas
niveau depuis sa réélection en mai 2002.
Les jeunes (30%, -16) et les employés (34%, -10)
sont les catégories qui accordent la plus faible
confiance envers le locataire de l'Elysée.
En moyenne,
18 mois après sa réélection, Jacques
Chirac conserve cependant un capital de 50% de jugements
positifs, bien supérieur à celui recueilli
à pareille époque après son élection
à l'Elysée en mai 1995 (42%).
Jack Lang,
personnalité de gauche la mieux appréciée
à gauche
Ce mois-ci,
toutes les personnalités politiques, tous bords
confondus, voient leur cote d'avenir baisser, à
l'exception de François Bayrou (32%, +1), Jack
Lang (46%, +2) et Jean-Marie Le Pen (14%, +2).
A droite, Nicolas Sarkozy creuse
l'écart avec les personnalités de son camp. Avec 54% d'opinions
positives (-3), il devance désormais de 15 points son principal challenger,
Jean-Pierre Raffarin, qui perd 2 points par rapport au mois précédent.
Le ministre de l'Intérieur demeure la personnalité de droite la
mieux jugée par les sympathisants de son camp (75%) et ceux du camp adverse
(38%). Philippe Douste-Blazy (24%, -5) et Michèle Alliot-Marie (28%, -4)
enregistrent les baisses les plus significatives.
A gauche,
le bilan n'est guère plus réjouissant. Bernard
Kouchner (53%, -3) confirme son leadership comme personnalité
d'avenir devant Jack Lang (46%, +2) - personnalité
de gauche la plus appréciée par les sympathisants
de son camp (64%), tout juste devant Bernard Kouchner
(63%) - et Bertrand Delanoë (42%, -4). Parmi les
baisses notables de ce mois-ci figurent Marie-George Buffet
(21%, -7) et à un moindre degré, Ségolène
Royal (32%, -4).
Partis
de majorité et d'opposition en panne
Les partis
de la majorité voient leur cote s'effriter, au
point que la jeune UMP recueille ce mois-ci son plus faible
niveau de bonnes opinions (35%, -1). Quant à l'opposition,
elle ne semble pas être en mesure de profiter des
difficultés de la droite gouvernementale :
avec 38% de bonnes opinions, le PS atteint son plus faible
niveau depuis près de 10 ans (36% en septembre
1994). Enfin, même s'il ne recueille que 13% de
bonnes opinions, le Front national est le seul parti à
progresser ce mois-ci (+3).
Aggravation
du pessimisme général
De manière
générale, près de 4 Français
sur 5 (78%, +6) ont l'impression que les choses ont tendance
à aller plus mal, contre 11% (-3). Après
une relative stabilité, on assiste ce mois-ci à
une aggravation du pessimisme dans l'opinion. Il s'agit
d'un niveau particulièrement élevé,
jamais atteint depuis décembre 1996, mis à
part le cas particulier de mai 2002.
Par rapport
au mois dernier, toutes les catégories sont gagnées
par le pessimisme ce mois-ci, en particulier les ouvriers
(87%, +6), les sympathisants de gauche (87%, +8), les
18-24 ans (83%, +8), les 25-34 ans (82%, +8) et les employés
(82%, +5).
Inquiétudes
perceptibles en matière de lutte contre la hausse
des prix et de maintien du pouvoir d'achat
Comme priorité
d'action gouvernementale, pour l'opinion, quoiqu'en léger
repli, la lutte contre le chômage reste en tête
(42%, -3), devant la lutte contre la violence et la criminalité
(24%, -1).
Dans le même
temps, la lutte contre la hausse des prix (14%, +3) suscite
une poussée d'inquiétude de la part de l'opinion.
Au point d'atteindre un niveau jamais atteint depuis novembre
2000 (20%). Principales catégories préoccupées
par la lutte contre la hausse des prix : les ouvriers
(23%, +9) ; les commerçants et artisans (21%,
+6) ; les 18-24 ans (19%, +8) et les plus de 65 ans
(16%, +7).
Autre sujet
de préoccupation qui point au travers de notre
étude : le maintien du pouvoir d'achat (11%,
+3), notamment auprès des professions intermédiaires
(14%).
Sylvain LEFORT