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Le 4 novembre
2002 - Peu d'évolutions majeures ce mois-ci
dans notre baromètre mensuel réalisé
pour Le Figaro-Magazine. Les
cotes de confiance de l'exécutif se stabilisent
à des niveaux tout
proches de ceux du mois dernier, tandis que l'anticipation
des Français quant à l'évolution
du climat économique et social reste orientée
au pessimisme. Cela dit, certains mouvements de l'opinion
permettent d'infléchir quelque peu cette impression
de relative stabilité. Sur le front
social, d'abord : près de 3 Français
sur 4 (72%) pronostiquent un grand nombre de conflits
sociaux dans le trimestre à venir - un sentiment
en hausse constante depuis la rentrée. Sur
le front international, ensuite : 35% des
Français estiment que le rôle de la France
dans le monde se renforce actuellement dans le monde -
un jugement qui progresse de 7 points en un mois, à
la faveur des prises de position internationale et européenne
de Jacques Chirac. Sur le front politique,
enfin : si Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy
continuent de devancer largement leurs challengers de
droite (François Bayrou ou Alain Juppé),
Luc Ferry fait une percée incontestable ce mois-ci,
en progressant de 8 points - un score dû en partie
à la médiatisation de son ouvrage Qu'est-ce
qu'une vie réussie ? A gauche, on notera
également la très forte progression de Bertrand
Delanoë (+11 points), installant le maire de Paris
à la deuxième place des personnalités
de gauche les plus populaires, devant Jack Lang (44%)
et derrière Bernard Kouchner (55%) - un élan
de sympathie qui fait suite à l'agression dont
il a été victime dans la nuit du 5 au 6
octobre dernier.
Stabilisation
de la popularité de l'exécutif
Les cotes
de confiance de Jacques
Chirac et Jean-Pierre
Raffarin ne subissent pas ce mois-ci d'évolutions
majeures. Elles confirment les principaux enseignements
tirés du baromètre précédent.
Premier point : les Français restent divisés
à l'égard de l'action de Jacques Chirac,
49% (-1) lui accordant leur confiance, contre 48% (=).
Un léger effritement, donc, dans l'opinion à
l'égard du président de la République
qui ne parvient pas à engranger les dividendes
de son action en gains de popularité.
Second point :
avec 56% de confiance, la cote de confiance de Jean-Pierre
Raffarin reste stable, même si on note une augmentation
de la part de ceux qui ne lui font pas confiance, 37%,
+2. Outre les sympathisants de droite (83%), elle se structure
autour des femmes (58%), des personnes âgées
(61% des 50-64 ans et 65% des plus de 65 ans lui font
confiance) et des commerçants et artisans (66%).
Alors que les ouvriers maintiennent leur confiance à
un niveau quasi-identique à celui du mois dernier
(49%), celle-ci baisse sensiblement chez les professions
intermédiaires (45%, -16) et les cadres et professions
intellectuelles (52%, -9).
Tout en restant
versé dans le pessimisme, le pronostic de l'opinion
sur le climat général se stabilise ce mois-ci :
64% (+1) estiment que les choses vont plus mal, contre
17% (+2). Un pessimisme qui frappe d'abord les ouvriers
(76%), les commerçants, artisans et chefs d'entreprise
(73%), les 35-49 ans (75%) et les femmes (65%).
Une
inquiétude persistante sur le front social
Derrière
cette apparente stabilité de l'opinion, on relève
des mouvements qui permettent d'infléchir en partie
cette impression de relative stabilité. Outre le
fait qu'aux yeux de l'opinion la lutte contre la violence
et la criminalité redevienne nettement la première
des priorités assignée au gouvernement (44%,
+6 points) devant la lutte contre le chômage (33%,
-3 points) - une augmentation de nature plutôt conjoncturelle
à mettre sur le compte de la forte présence
médiatique du projet de loi sur le sécurité
intérieure présenté en Conseil des
ministres le 23 octobre, c'est-à-dire en pleine
réalisation de notre enquête - on voit ce
mois-ci l'opinion accentuer son inquiétude sur
le front social : 72% des personnes interrogées
pensent qu'il y aura beaucoup de conflits sociaux dans
les mois à venir, contre 21% - un sentiment en
augmentation constante depuis le mois de septembre. Par
ailleurs, c'est le pronostic le plus élevé
enregistré en la matière depuis un an, après
celui de février (82%) et du même niveau
que celui de janvier. Fort logiquement, ce pessimisme
alimente les Français quant aux modes de résolution
des conflits sociaux à venir : 46% (+2) estiment
qu'ils risquent d'entraîner le recours à
la force et à la violence, tandis que 46% (-4)
également pensent qu'ils pourront être résolus
par la négociation et le compromis.
Poussée
des jugements positifs à l'égard du rôle
de la France dans le monde
Alors que
l'inquiétude croît sur le front intérieur,
on assiste dans le même temps à un infléchissement
de l'opinion à l'égard de la politique internationale
dans un sens positif : 35% (+7) estiment que le rôle
de la France dans le monde se renforce (+7), contre 38%
(-5) qui estiment qu'il diminue. Sans retrouver toutefois
les niveaux observés après les attentats
de New-York le 11 septembre 2001, les jugements positifs
de l'opinion à l'égard du rôle de
la France dans le monde peuvent partiellement s'expliquer
par les prises de position de Jacques Chirac en la matière
ces derniers temps, que ce soit à propos de l'éventuelle
intervention armée américaine en Irak ou
l'élargissement de l'Union européenne.
Fort
élan de sympathie pour Bertrand Delanoë et
percée de Luc Ferry
Enfin, sur
le front de la politique intérieure et de leurs
représentants, l'opinion semble installer de nouveaux
repères. A droite, non contents de progresser dans
l'opinion - respectivement +2 et +3 - Jean-Pierre
Raffarin (58%) et Nicolas
Sarkozy (53%) dominent l'ensemble des personnalités,
comme le mois précédent. Loin derrière,
on trouve François
Bayrou (36%, stable), Alain
Juppé (34%, +3) et Michèle
Alliot-Marie (34%, +2). Il faut noter ce mois-ci
la percée de Luc
Ferry qui progresse de 8 points (33%) pour faire
jeu égal avec Philippe
Douste-Blazy. Une évolution que l'on peut
mettre sur le compte de la forte visibilité dont
il a été l'objet à propos de la publication
de son dernier ouvrage Qu'est-ce qu'une vie réussie ?
Dans une moindre mesure, on peut également relever
la progression de Dominique
Perben, (15%, +4). A l'inverse, Alain
Madelin subit la plus forte baisse (-8 points,
21%).
A gauche,
l'attentat dont il a été victime permet
à Bertrand
Delanoë de bénéficier d'un
véritable élan de sympathie de la part de
l'opinion : avec 48% d'opinions favorables, il enregistre
un gain de 11 points qui lui permet de s'installer en
deuxième place des personnalités de gauche
et de s'interposer entre Bernard
Kouchner (55%, +4) et Jack
Lang 44%, +2). Il devient également la
deuxième personnalité de gauche la mieux
appréciée des sympathisants de droite (36%),
derrière l'ancien ministre de la Santé de
Lionel Jospin (50%). Mises à part Ségolène
Royal (37%, -6) et Marie-George
Buffet (26%, -3), les autres personnalités
de gauche subissent des évolutions de faible amplitude.
Enfin, pour
la troisième fois consécutive, les
partis politiques, toutes tendances confondues,
poursuivent leur disgrâce auprès de l'opinion :
aucun d'entre eux ne recueille plus d'avis positifs que
d'avis négatifs. Malgré les débats
internes dont il est l'objet, le Parti socialiste demeure
le parti qui recueille le plus de jugements positifs (45%),
devant les Verts (44%), le RPR (40%) et l'UDF (38%) -
ces deux derniers partis étant sur le point de
fusionner dans l'UMP le 17 novembre prochain.
Sylvain LEFORT
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