Le 9 juillet 2001 - En dépit des annonces de ralentissement de l'activité économique et des révélations sur le passé trotskiste de Lionel Jospin, la cote de confiance du Premier ministre reste stable à la veille de la trêve estivale. Quand à celle du Président de la République, stable elle aussi, on ne peut dire qu'elle n'est pas affectée par les révélations sur ses voyages, cette enquête ayant été réalisée avant que les médias ne s'emparent de ce thème. Au total, la vague de juillet de notre baromètre Figaro-Magazine révèle un couple exécutif résistant et à la crédibilité intacte à moins d'un an de l'élection présidentielle même si, à titre personnel, Lionel Jospin voit sa cote d'avenir se dégrader.

En dépit des annonces de ralentissement économique en France comme à l'étranger, notre indicateur de conjoncture ne se dégrade pas, et enregistre même une légère amélioration par rapport au mois dernier. 29% des personnes interrogées (+3 points) estiment que " les choses vont en s'améliorant " et 50% qu'elles se dégradent (-1 point). L'indice constitué par la différence de ces réponses s'établit à -21 points. Notons toutefois que le pessimisme est plus fort aujourd'hui que l'an dernier à la même époque. L'indice s'établissait alors à -5. Cet indicateur à donc subit une érosion régulière en un an, notamment après " l'automne-noir " du gouvernement marqué par les conflits sociaux relatifs à la fiscalité sur les carburants.

Dans ce contexte, les cotes de popularité du Président et du Premier ministre restent stables par rapport au mois précédent, en dépit de la forte médiatisation de certains événements. Traditionnellement propice à une pose dans l'agenda politique et médiatique, la vague mensuelle de notre baromètre politique réalisée pour le Figaro-Magazine à la fin du mois de juin ne déroge pas à la règle.

Stabilité de la cote de confiance du couple éxécutif

Le Premier ministre Lionel Jospin ne semble aujourd'hui victime ni des annonces sur le ralentissement de la conjoncture économique, ni des révélations sur son passé de militant trotskiste. Aujourd'hui car il est impossible de savoir quelle trace ce dernier élément laissera dans son image à la veille de l'élection présidentielle, et trop hasardeux de conclure que si sa popularité résiste aujourd'hui aux variations conjoncturelles, il en sera de même à la rentrée ou au début de l'année 2002. 57% des personnes interrogées déclarent lui faire confiance pour " résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement " (+1 point), contre 41% (=). Indépendamment de cette évolution, on ne peut que répéter combien la popularité de Lionel Jospin, en niveau, résiste à l'usure du temps plus de quatre ans après son entrée à Matignon.

Le Président de la République, quant à lui, voit sa cote de popularité se stabiliser à 45% de confiance (=), contre 52% (+1). Une stabilité qui ne doit toutefois pas cacher un solde d'opinion négatif et un écart de 12 points de confiance par rapport au Premier ministre-futur adersaire lors de l'élections présidentielle. On ne saurait conclure que Jacques Chirac résiste, lui aussi, aux événements médiatiques qui le concerne, et notamment aux révélations sur ses voyages privés et ceux de son entourage. Le terrain de cette enquête, réalisé les 27 et 28 juin derniers, ne prend en effet pas en compte la médiatisation de cette " affaire ", qui lui a succédé.

Parmi les personnalités politiques de droite et de gauche, certaines enregistrent de fortes variations et d'autres d'étonnantes stabilités.

Le retour d'Alain Juppé

A droite, les candidats déclarés ou pressentis peinent à s'imposer, tant et si bien que Simone Veil demeure celle qui bénéficie de la meilleure cote d'avenir, avec 39% de réponses favorables (+1). François Bayrou enregistre une baisse de 2 points (à 30%), Alain Madelin reste quant à lui stable à 30%, et Charles Pasqua, aux prises avec la justice, voit sa cote d'avenir se dégrader (17%, -2). Alors qu'il faisait partie des personnalités de droite les plus populaires au début de l'an 2000, sa cote a enregistré une baisse de plus de 15 points depuis lors.

Le retour en grâce de Nicolas Sarkozy n'est pas encore suivi d'effet : sa cote s'établit à 25%, en baisse de 4 points par rapport au mois précédents. A l'opposé, Edouard Balladur (23%, +5) et Jean-Louis Debré (20%, +5) enregistrent une sensible amélioration.

Au total, c'est Alain Juppé qui bénéficie aujourd'hui de la plus forte popularité au sein des sympathisants de l'opposition, 54% souhaitant lui voir jouer un rôle important au cours des mois et années à venir. Le Maire de Bordeaux atteint ainsi son plus haut niveau depuis la défaite de la droite aux élections législatives de 1997 et la fin de son passage à l'Hôtel Matignon.

Dégradation de la cote d'avenir de Lionel Jospin

A gauche, deux évolutions sont à souligner. D'abord la dégradation de la cote d'avenir de Lionel Jospin, à 55% (-4 points). Ce résultat est le deuxième plus mauvais depuis son entrée à Matignon, le point le plus bas ayant été atteint en octobre 2000 (53%). Ensuite, la très forte baisse de Martine Aubry. Cette dernière perd 8 points, à 43%, mais cette évolution fait suite à la forte progression enregistrée à la fin de mois dernier (+9 points), consécutive à la forte médiatisation de son élection à la mairie de Lille. Elle retrouve donc son niveau du début de l'année 2001. Longtemps ministre la plus populaire du gouvernement, l'ancienne ministre de l'Emploi est aujourd'hui devancée, dans l'ensemble de la population, par Ségolène Royal (51%), Elisabeth Guigou (48%) et Jack Lang (47%), mais continue de faire quasiment jeu égal avec eux auprès des seuls sympathisants de gauche.

Les écologistes plus populaires que le PS

L'image des principaux partis politiques reste stable par rapport au mois précédent, à l'exception, fort notable, de la dégradation des jugements portés sur le Parti socialiste, et de la poursuite de l'amélioration de l'image des Verts. Avec 58% de bonnes opinions (+1 point), contre 34% de mauvaises, les écologistes bénéficient aujourd'hui de la meilleure image. Ils devancent assez nettement aujourd'hui le Parti socialiste, qui enregistre une baisse de 6 points de bonnes opinions, à 53%, se situant ainsi à son plus bas niveau depuis le début de l'année 2001. Les autres partis n'enregistrent que de faibles évolutions, l'UDF, le RPR et le PC continuant de recueillir un tiers de jugements positifs, et le FN moins de 10%.

Stéphane Marcel


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