Le 8 juillet 2003 - D'après la dernière vague de notre baromètre mensuel réalisé pour Le Figaro Magazine, le pessimisme s'accentue dans l'opinion : 71% des personnes interrogées affirment que les choses vont aller en déclinant, contre 15% - un niveau jamais atteint depuis avril 1997, mis à part le cas particulier de mai 2002. La lutte contre le chômage demeure la principale priorité assignée au gouvernement par l'opinion. C'est dans ce contexte que Jacques Chirac (47%, -2) et Jean-Pierre Raffarin (43%, -2) voient leur confiance diminuer dans l'opinion. Enfin, à droite, Nicolas Sarkozy affirme son leadership comme personnalité d'avenir auprès de l'opinion, au point de creuser l'écart avec Jean-Pierre Raffarin ; à gauche, Bertrand Delanoë consolide sa stature de personnalité d'avenir, précédé par Bernard Kouchner et Jack Lang.

Un pessimisme grandissant

De manière générale, 71% (+1) des personnes interrogées ont l'impression que les choses ont tendance à aller plus mal, contre 15% (+1). Un pessimisme grandissant (+7 depuis janvier 2003) et qui retrouve un niveau jamais atteint depuis avril 1997, exception faite du cas particulier de mai 2002 (80%).

Lutte contre le chômage, priorité numéro un

Dans un contexte marqué par les inquiétudes sociales et la hausse du chômage, la lutte en faveur de l'emploi (47%, +1) demeure la principale priorité assignée au gouvernement par l'opinion - une demande d'action qui a gagné 13 points depuis le début de l'année. Dans ce domaine, l'efficacité de l'action du gouvernement recueille seulement 13% de jugements positifs - soit une diminution de 6 points depuis le début de l'année. A l'inverse, la lutte contre la violence et la criminalité n'apparaît désormais plus comme la première des priorités (27%) et retrouve des niveaux proches de ceux observés à la mi-2000.

Baisse de la confiance envers Jacques Chirac

Après l'embellie du premier semestre largement due à la guerre en Irak, la cote de confiance de Jacques Chirac poursuit la baisse entamée en mai. Avec 47% de jugements positifs, contre 50%, la confiance que lui accorde les Français retrouve son niveau de décembre 2002. Rappelons que la confiance accordée par les Français à l'égard de son action a culminé jusqu'à 60% (avril 2003), son 4e meilleur score après ceux de juin-juillet 1995 (entrée à l'Elysée) et mai 1999 (Kosovo). Ses principaux points d'appui demeurent les catégories traditionnellement acquises à la droite  : les femmes (48%), les personnes âgées, notamment les plus de 65 ans (61%), les commerçants et artisans (63%), les sympathisants de droite (75%).

Glissade continue de Jean-Pierre Raffarin depuis le début de l'année.

En lui accordant 43% de confiance, contre 54%, l'opinion se détourne peu à peu de Jean-Pierre Raffarin, selon un mouvement continu depuis le début de l'année. Ainsi, en janvier, ils étaient 58% à lui témoigner leur confiance, contre 36%. Les mécontents sont désormais plus nombreux que les satisfaits de l'action du Premier ministre pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement, et ce pour la deuxième mois consécutif. Débat sur les retraites, grèves et manifestations des secteurs public et privé, mouvement des enseignants : l'opinion semble lui faire payer en terme de confiance les mouvements sociaux du printemps. Principales catégories qui marquent leur défiance à l'égard du Premier ministre : les 25-34 ans (37%) et les 35-49 ans (38%); les ouvriers (30%), les employés (37%) - soit les catégories a priori les plus directement touchées par la réforme des retraites - et les professions intermédiaires (37%). A noter : si les plus de 65 ans lui restent majoritairement acquis (54% de confiance), leur confiance s'effrite : c'est le plus bas niveau de confiance enregistré par Jean-Pierre Raffarin auprès de cette catégorie depuis son entrée à Matignon.

Jean-Pierre Raffarin distancé par Nicolas Sarkozy

Du coup, le Premier ministre est distancé par son ministre de l'Intérieur en tant que personnalité d'avenir. En début d'année, Jean-Pierre Raffarin (59%) devançait Nicolas Sarkozy (58%). C'est désormais l'inverse, l'hôte de Matignon perdant 16 points, là où celui de l'hôtel Beauvau en perd 6. Derrière eux, on trouve Dominique de Villepin, dont la percée observée lors de la crise irakienne s'effrite peu à peu pour retrouver son niveau initial de mars (34%), suivi de François Bayrou (31%), Michèle Alliot-Marie (29%) et François Fillon (28%, stable), qui ne semble pas pâtir de discrédit dans l'opinion. Les hausses les plus significatives sont enregistrées par Jean-Louis Debré (20%, +4), Dominique Perben (20%, +3) et Jean-Marie Le Pen (15%, +3).

Embellie à gauche

Les personnalités de gauche bénéficient d'un regain de faveur dans l'opinion : elles sont quasiment toutes créditées d'une augmentation de jugements positifs. Cas le plus emblématique : Jack Lang (50%), dont la cote d'avenir fait un bond de 10 points ce mois-ci, devancé par Bernard Kouchner (54%, +2) et suivi par Bertrand Delanoë (46%, +3) qui consolide clairement sa stature de personnalité d'avenir. A noter également, la progression significative de la cote d'avenir de Dominique Voynet (26%, +4).

Sylvain LEFORT





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