Les Français, le PaCS et l'adoption d'enfants par les homosexuels

Le 5 septembre 2001 - Réalisée pour le mensuel Femme dans le courant de l'été, cette enquête montre combien, après deux ans d'existence, l'opinion publique continue d'approuver largement le PaCS, mais rejette encore nettement le principe de l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, à l'exception notable des plus jeunes.

Témoignage concret de la plus grande tolérance des français à l'égard de l'homosexualité (même si cette nouvelle forme d'union est également ouverte aux couples hétérosexuels), une forte majorité des personnes interrogée au mois de juillet (67%) est favorables au PaCS, soit un niveau proche de celui mesuré il y a un an, alors que 32% y sont au contraire opposés.

L'approbation du PaCS varie toujours selon un certain nombre de variables socio- politiques. Plus on est jeune et plus l'approbation à l'égard du PaCS augmente. Ainsi, si les 65 ans et plus ne sont que 38 % à y être favorables, ils sont 85 % chez les 25-34 ans et même 92 % chez les 18-24 ans. Les classes moyennes et les cadres supérieurs y sont aussi plus favorables que les inactifs et les retraités. Enfin, politiquement, si les sympathisants de gauche (79%) soutiennent plus largement le Pacs que ceux de droite (54%), une majorité de ces derniers y est favorable.

Si la questions du PaCS souligne l'évolution de la société française à l'égard de l'homosexualité, la question de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels en montre les limites. Car à la différence du PaCS, le principe de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels suscite un net rejet. 68 % des personnes interrogées y sont hostiles, dont 44 % qui y sont très opposés - une forte intensité -, et seuls 30 % y sont favorables. Les clivages à l'ouvre au sujet du PaCS sont identiques sur la question de l'adoption. Les femmes y sont légèrement plus favorables, les sympathisants de gauche plus que ceux de droite tout en y étant largement opposés (63% pour 79% à droite), et les personnes âgées franchement hostiles (83%). Notons toutefois que les jeunes de 18 à 24 ans, preuve de leur plus grande ouverture, y sont au contraire majoritairement favorables (54% contre 46%) et que les 25-34 ans sont partagés (43% contre 54%).

L'hypothèse de l'adoption d'enfants par des couples d'hommes ou de femmes change t'elle les jugements ? De manière marginale. Car si 70 % des personnes interrogées se déclarent opposés à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels hommes (dont 47 % très opposés), ils ne sont plus que 62 % dans le cas de couples homosexuels femmes (36 % y sont même favorables), soit un écart de 8 points. Quels que soient le sexe, l'âge, le niveau social ou encore la sympathie partisane, l'adoption par des couples de femmes est toujours envisagée de manière plus favorable que pour les couples d'hommes. Ceci est particulièrement vrai pour les personnes âgées, qui y sont deux fois plus favorables.

Enfin, une majorité plus forte encore que pour l'adoption (73 %) est opposée à ce que les couples homosexuels hommes puissent avoir recours à la fécondation in vitro ou à la procréation artificielle afin d'avoir des enfants avec des femmes qui l'accepteraient (contre 24 % qui y seraient favorables).

Ce rejet est majoritaire dans l'ensemble des catégories de la population et cette possibilité divise même les jeunes de 18 à 24 ans, qui restent toutefois les plus ouverts : 46 % y sont favorables et 52 % opposés.

Stéphane HARROUCH




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Carine Marcé
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