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Le 8 octobre
2001 - Réalisée
après les attentats qui ont frappé les Etats-Unis
le 11 septembre dernier, la dernière vague de notre
baromètre enregistre des évolutions significatives.
Principal bénéficiaire de cette nouvelle
donne l'exécutif, et notamment le Président
de la République, Jacques Chirac, qui retrouve
un niveau de confiance proche de celui de Lionel Jospin,
qui progresse lui aussi mais dans une moindre mesure.
La popularité des personnalités politiques
exclues du terrain diplomatique est quant à elle
orientée à la baisse, à l'exception
notable de Jean-Pierre Chevènement. Autre élément,
plus inattendu, la relative stabilisation du climat économique
et social, après la forte chute observée
entre juillet et août, même si les jugements
sur l'action du gouvernement en matière de lutte
contre le chômage se dégradent ce mois-ci.
Enfin, le parti des Verts est le seul à voir sa
popularité diminuer. Tels sont les principaux enseignements
de notre enquête réalisée tous les
mois pour Le Figaro Magazine.
En progressant
de 10 points, Jacques Chirac comble
son retard sur
Lionel Jospin
Les crises
internationales favorisent traditionnellement l'exécutif,
et en particulier le Président de la République.
Ce mois-ci, la cote de confiance de Jacques Chirac progresse
de 10 points (à 57%), tandis que celle de Lionel
Jospin n'augmente " que " de 4 points (59%).
Un phénomène qu'on observait déjà
en mai 1999, au moment de l'intervention militaire de
l'Otan au Kosovo : +10 points pour Jacques Chirac et +
6 points pour Lionel Jospin. Outre le fait qu'une crise
internationale favorise davantage le Président
de la République en raison de ses prérogatives
en matière de politique étrangère,
le bond qu'effectue Jacques Chirac dans l'opinion peut
également s'expliquer par un effet mécanique
dû à son bas niveau de confiance enregistré
un mois plus tôt (47%, pour 55% à Lionel
Jospin). Reste qu'il s'agit là pour le Président
du troisième meilleur niveau de confiance atteint
dans l'opinion depuis juin 1997, et qu'il se retrouve
ainsi à un niveau proche de celui de Lionel Jospin.
Conséquence
directe de la prééminence des affaires internationales
dans le champ médiatique et politique ces dernières
semaines : 40% des interviewés estiment ce
mois-ci que le rôle de la France se renforce dans
le monde - ils n'étaient que 26% de cet avis fin
août.
Parallèlement,
notre baromètre enregistre quelques " dommages
collatéraux " : les cotes d'avenir des personnalités
politiques chutent fortement - au mieux augmentent-elles
légèrement ou restent-elles stables. On
peut y voir la traduction dans l'opinion de leur faible
visibilité dans un contexte politique qui favorise
davantage l'exécutif. Ainsi, à gauche, les
plus fortes baisses concernent Ségolène
Royal (-5), Jack Lang et François Hollande (-4)
et Elisabeth Guigou (-3). Même mouvement à
droite : Nicolas Sarkozy perd 6 points, Alain Madelin
3 points et François Bayrou 2. Seuls Philippe Douste-Blazy
(rendu plus visible à la suite de l'explosion de
l'usine AZT de Toulouse) et Alain Juppé voient
leur cote légèrement augmenter, d'un point
chacun. Seule exception notable à ce mouvement
: Jean-Pierre
Chevènement, dont la cote d'avenir fait un
bond de 5 points. Notons qu'il enregistre désormais
davantage d'avis positifs à droite (50%) qu'à
gauche (48%).
Etonnante
stabilité du climat économique
Dans un
contexte international marqué par les incertitudes
de l'après-11 septembre et une conjoncture nationale
bercée par les annonces répétées
de hausse du chômage et de licenciements (Moulinex),
il est frappant de constater que notre indicateur de perception
de la situation de la France et des Français subit
une dégradation moins forte qu'on ne pouvait s'y
attendre. 23% des personnes interrogées estiment
que les choses ont tendance à s'améliorer
(+2) et 56% que la situation se dégrade (+2). Certes,
son indice (différence entre jugements positifs
et jugements négatifs) se situe à son plus
bas niveau depuis avril 1999 (-33). Mais dans le même
temps, deux indicateurs incitent à tempérer
le pessimisme de l'opinion. D'une part, en matière
de lutte contre le chômage, les jugements sur l'action
du gouvernement se dégradent moins brutalement
ce mois-ci (en indice, -33) qu'entre les deux dernières
vagues. D'autre part, on observe une amélioration
des jugements en matière de lutte contre la hausse
des prix : indice -45, contre -49 il y a un mois.
Les Verts
pâtissent de leur hésitations
Les partis
politiques, quant à eux, voient leur cote de popularité
se stabiliser à des niveaux identiques à
ceux du mois dernier. C'est le cas du PS (53% de bonnes
opinions, =), du RPR (36%, +1), de l'UDF (32%, =) et du
PCF (29%, =). Seuls les
Verts échappent à cette stabilisation
des jugements, payant certainement ainsi le prix de leurs
" discussions " autour de la candidature d'Alain
Lipietz. Les " bonnes opinions " diminuent de
3 points par rapport au mois dernier à 50% (-8
points en 3 mois), à l'instar de la cote d'avenir
de sa Secrétaire Nationale Dominique
Voynet, également orientée à
la baisse (-2 points à 36%).
Sylvain LEFORT
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