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Le 5 octobre
2002 - Consolidation : tel est le maître-mot
qui définirait le mieux l'état d'esprit
de l'opinion mesuré par notre baromètre
mensuel du mois d'octobre réalisé pour Le
Figaro Magazine. Consolidation des jugements des
Français à l'égard de l'exécutif,
d'abord : avec 56% d'opinions positives et 35% d'opinions
négatives, Jean-Pierre Raffarin
semble enrayer la chute de sa popularité
observée
le mois dernier ; quant à Jacques
Chirac, même s'il retrouve un indice légèrement
positif ce mois-ci, la confiance que lui
accordent les Français reste timide, surtout
pour un début de mandat. Consolidation de l'opinion
à l'égard des personnalités
et des partis politiques, ensuite : les nouveaux
ministres issus des rangs ont du mal à s'imposer,
à l'exception flagrante de Jean-Pierre Raffarin
et surtout de Nicolas Sarkozy, qui enregistre un bond
de 8 points ce mois-ci - fruit d'une large exposition
médiatique. Consolidation des attentes de l'opinion
en ce qui concerne les priorités gouvernementales,
dominées à quasi-égalité par
la lutte contre le chômage (36%) et la lutte contre
l'insécurité (38%). Enfin, cette vague confirme
le pessimisme de l'opinion quant
à l'évolution générale du
pays et son climat social des mois à venir.
Les
Français partagés à l'égard
de Jacques Chirac
Après
la forte baisse enregistrée par le couple exécutif
le mois passé, Jacques Chirac tout comme Jean-Pierre
Raffarin semblent avoir provisoirement enrayé le
mouvement déclinant de leur popularité.
Certes, Jacques Chirac retrouve ce mois-ci un indice positif,
+2. Mais les Français restent divisés concernant
le président de la République, 50% (+3)
lui accordant leur confiance, contre 48% (-3). De plus,
jamais notre baromètre n'avait enregistré
une confiance de l'opinion aussi erratique à l'égard
d'un Président de la République en début
de mandat. Depuis le mois de juin, la confiance des Français
envers Jacques Chirac alterne successivement entre indice
positif et indice négatif. Principales catégories
qui font défaut à l'hôte de l'Elysée :
mis à part les sympathisants de gauche (31% de
confiance), on relève les ouvriers (41%) et les
jeunes (42%)
Consolidation
de la popularité de Jean-Pierre Raffarin
Quant au
Premier ministre, il semble avoir stoppé la chute
observée le mois dernier. Avec 56% de confiance,
il fait même un peu mieux qu'en septembre (+1).
Réalisée juste avant son intervention télévisée
du 26 septembre, la cote de confiance de Jean-Pierre Raffarin
semble donc se consolider pour s'établir à
un niveau quasiment stable par rapport à la dernière
mesure. Outre les sympathisants de droite (83%), elle
se structure autour des personnes âgées (59%
des 50-64 ans et 61% des plus de 65 ans lui font confiance) ;
des commerçants et artisans (65%) ; des professions
intermédiaires (61%). A cet égard, il convient
de relever deux situations paradoxales : alors qu'elle
était acquise à Lionel Jospin, la catégorie
des cadres et des professions intellectuelles se tourne
désormais majoritairement vers Jean-Pierre Raffarin
(59%). Par ailleurs, les ouvriers, même s'ils sont
moins favorables au Premier ministre (48% de confiance)
que l'ensemble de la population, semblent néanmoins
le soutenir prudemment, seulement 41% ne lui faisant pas
confiance.
Nicolas
Sarkozy super-star
A droite,
hormis Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Intérieur
Nicolas Sarkozy, et dans une moindre mesure Michèle
Alliot-Marie, les ministres ont du mal à s'installer
dans l'opinion. Au mieux voient-ils leur cote d'avenir
se stabiliser - c'est le cas de Luc Ferry ; au pire,
la voient-ils s'effriter pour atteindre de faibles niveaux,
comme c'est le cas de François Fillon ou de Dominique
Perben. En revanche, on peut mettre sur le compte d'une
forte exposition médiatique le bond
spectaculaire de popularité (+8) qu'enregistre
Nicolas Sarkozy ce mois-ci. Ce qui en fait la
personnalité de droite la plus populaire à
gauche devant François Bayrou et Philippe Douste-Blazy,
mais derrière Jean-Pierre Raffarin. Enfin, pour
sa première apparition dans notre baromètre,
le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin
se place devant des personnalités a priori
plus familières de l'opinion, comme Edouard Balladur,
Charles Pasqua et Philippe de Villiers.
A gauche,
la situation est plus contrastée. Ce mois-ci, mieux
vaut être femme et ancien ministre socialiste du
gouvernement Jospin pour retrouver les faveurs de l'opinion !
C'est ainsi qu'Elisabeth Guigou voit sa cote d'avenir
grimper de 6 points, Ségolène Royal de 4
et Martine Aubry, 1 point. Ce qui ne veut pas dire que
toutes les femmes soient logées à la même
enseigne : Marie-George Buffet voit sa cote d'avenir
chuter de 4 points et Dominique Voynet de 2 points - pour
cette dernière, un déclin que l'on peut
vraisemblablement attribuer à l'annonce de son
retrait de la direction des Verts. Enfin, du côté
des hommes, hormis Bernard Kouchner solidement accroché
en pole position de notre baromètre (+1), on note
les baisses de popularité touchant François
Hollande (-3) et Laurent Fabius (-1), tandis que la plupart
des autres tenors - Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë,
Jack Lang - voient leur cote se stabiliser au même
niveau que le mois dernier.
Pour la deuxième
fois consécutive, les partis politiques, toutes
tendances confondues, poursuivent leur disgrâce
auprès de l'opinion : aucun d'entre eux ne
recueille plus d'avis positifs que d'avis négatifs.
Un
pessimisme persistant
Dans un contexte
marqué par les préoccupations sécuritaires
et la remontée du chômage, la lutte contre
la violence et la criminalité (38%) et la lutte
contre le chômage (36%) forment aux yeux de l'opinion
les deux principales priorités du gouvernement.
Sympathisants de gauche et de droite jouent cependant
à front renversé : les premiers mettent
l'accent sur la lutte contre le chômage plutôt
que la lutte contre la violence (respectivement à
47% et 29%), à l'inverse des seconds (respectivement
à 28% contre 48%). Reste qu'en matière de
lutte contre le chômage, l'action du gouvernement
est aussi mal perçue à droite (65%) qu'à
gauche (87%).
Le pronostic
de l'opinion sur le climat général se dégrade
donc ce mois-ci : 63% (+3) estiment que les choses
vont plus mal, contre 15% (-2). Un pessimisme qui frappe
d'abord les ouvriers (73%), les 25-34 ans (73%), les 35-49
ans (71%) et les femmes (66%). A ce pessimisme croissant
imputable à l'annonce répétée
de prévisions de croissance inférieures
à celles qui étaient initialement prévues
s'ajoute une inquiétude persistante sur le front
social : 68% (+1) des Français estiment qu'il
y aura beaucoup de conflits sociaux dans les mois à
venir, contre 25% (+1) - un sentiment particulièrement
marqué chez les employés (74%) et les ouvriers
(72%).
Sylvain LEFORT
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