Baromètre des PME et TPE
vague 6



Le 5 octobre 2007 - La 6e vague de notre baromètre réalisé pour le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés), comporte deux parties distinctes : une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l'évolution passée et projetée des PME et TPE ; une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l'appréciation des chefs d'entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l'actualité immédiate ou très proche.

Le sentiment d'amélioration de la situation économique et sociale du pays se tasse

La fin de l'été donne un coup d'arrêt à l'amélioration du jugement porté par les dirigeants de TPE et de PME sur l'évolution de la situation économique et sociale de la France :

- La majorité des dirigeants de TPE continue de se montrer critique, et l'amélioration enregistrée entre janvier et juillet 2007 se tasse légèrement : 51% estime que la situation a tendance à aller plus mal (+2), contre 14% (-2) qu'elle s'améliore. 34% pensent qu'il n'y a pas de changement.

- Les dirigeants de PME restent plus positifs, mais la forte embellie de l'été se résorbe en grande partie : ils sont désormais 25% à estimer que la situation s'améliore (-12 points après les +15 de juillet). Les constats négatifs l'emportent donc sur les avis positifs (38% estiment qu'elle a tendance à aller plus mal, +8).

PME : le bilan positif de la période écoulée
n'incite pourtant pas les dirigeants à l'optimisme

Faisant écho à l'amélioration des prévisions constatée au premier semestre 2007, le bilan que tirent les patrons de PME de la période écoulée est positif. Mais la croissance en panne les rend plutôt prudents pour l'avenir de leur entreprise.

Les patrons de PME tirent un bilan positif de la période écoulée :

- En juillet, 47% des dirigeants de PME estiment que la situation de leur entreprise est meilleure que ce qu'elle était il y a un an (+10 points, soit le niveau le plus élevé atteint par cet indicateur depuis novembre dernier). Seuls 14% la considèrent moins bonne, et 39% estiment qu'elle est restée identique.

- L'amélioration est confirmée mais atténuée si on observe l'évolution récente : 34% (stable) estiment qu'en trois mois la situation de leur entreprise s'est améliorée, 7% (-6) qu'elle s'est détériorée, et 59% qu'elle est restée stable.

- Et de fait, la satisfaction des patrons de PME à l'égard d'un certain nombre d'indicateurs est à son plus haut niveau depuis novembre 2006, que ce soit le carnet de commande (à 92%, +4), la trésorerie (78%, +9) ou la rentabilité (67%, +1).

Mais leurs perspectives pour l'avenir ne s'en ressentent pas réellement, et subissent les conséquences de la crise des subprimes. En juillet, l'optimisme des PME à la fois pour la situation économique de leur secteur d'activité et pour les perspectives à un an de leur entreprise se maintenait, alors que celui des TPE se tassait. En septembre, la tendance des PME s'aligne sur celle des TPE, à la baisse.

L'optimisme reste cependant majoritaire sur la situation économique du secteur d'activité (67%, mais -4) comme sur les perspectives à un an de l'entreprise (81%, -4)

Mais seuls 29% des patrons de PME pensent que la situation de leur entreprise va s'améliorer au cours des trois mois à venir (-4). Si la perspective d'une détérioration reste très limitée (7%, +2), ils sont surtout nombreux à anticiper une stabilité (62%, +4).

Plus précisément, 39% des dirigeants de PME anticipent une augmentation de leur chiffre d'affaires et 27% une augmentation de leur trésorerie dans les trois prochains mois. La majorité continue à estimer que CA et trésorerie resteront stables (respectivement 46% et 54%).

Pour les TPE, l'embellie du printemps semble loin

Le bilan que tirent les patrons de TPE de la période écoulée est mitigé. Alors que leurs anticipations pour l'avenir s'étaient améliorées au printemps, elles se sont dégradées plus tôt que celle des PME. Ainsi, depuis le mois de mai, c'est surtout la prudence qui est de mise.

Ils restent majoritairement critiques sur l'évolution de leur entreprise au cours de l'année écoulée : 20% d'entre eux estiment que la situation de leur entreprise est plutôt meilleure que ce qu'elle était un an auparavant (soit +2 points), 29% (+3) qu'elle est plutôt moins bonne, et 50% identique.

En outre, le pessimisme pour la situation économique du secteur d'activité domine en septembre (55%, contre 45% qui se disent optimistes, soit une dégradation de 10 points depuis mai).

Les patrons de TPE continuent à se montrer majoritairement optimistes en ce qui concerne les perspectives à un an de leur entreprise, mais cet optimisme s'atténue en partie (62% se disent optimistes, stable depuis juillet, -5 points depuis mai).

A plus court terme, les anticipations pour les trois mois à venir s'orientent surtout vers la stabilité (67%, -4), et dans une bien moindre mesure vers une amélioration de la situation de l'entreprise (19%). Seuls 8% anticipent une dégradation.

Plus précisément, les patrons de TPE s'attendent à une stabilité de leur chiffre d'affaires (55%) et de leur trésorerie (57%) pour les trois prochains mois.

- Quand ils anticipent une évolution, il s'attendent à ce qu'elle soit plutôt à la baisse pour le chiffre d'affaires (27% contre 15% de hausse)

- tandis que pour la trésorerie, les anticipations à la baisse progressent depuis mars et rejoignent désormais les prévisions de hausse (21%).

L'emploi dans l'entreprise : des anticipations moroses

Les perspectives d'embauche dans les TPE et PME, qui s'étaient améliorées entre janvier et mai 2007, se montrent plus mornes depuis juillet.

Depuis novembre dernier, la grande majorité des dirigeants d'entreprises avec salariés prévoient que leur effectif salarié sera sans changement pour les trois mois à venir – une stabilité encore plus répandue dans les TPE (à 79%, 64% dans les PME).

- Quand une évolution est anticipée, elle est plutôt à la hausse dans les PME (26%, contre 10% qui anticipent une baisse)

- Tandis que dans les TPE, pour la première fois depuis novembre 2006, les anticipations s'orientent vers une baisse de l'effectif salarié plus que vers son augmentation (12% contre 9%).

Dans les entreprises sans salariés, la possibilité d'embaucher avait légèrement progressé entre novembre 2006 et mai 2007. Mais les évolutions récentes ont stoppé cette tendance, et désormais, ce sont 99% des dirigeants d'entreprises sans salariés qui déclarent ne pas souhaiter embaucher de collaborateurs salariés dans les trois mois à venir.

- Les perspectives d'embauche à plus long terme sont également limitées : 80% des dirigeants d'entreprise sans salarié qui ne comptent pas embaucher dans les trois prochains mois disent qu'ils n'envisagent en aucun cas d'embaucher un jour un collaborateur salarié

Signe de cette morosité, les dirigeants sont réservés sur l'effet que peuvent avoir un certain nombre de facteurs externes sur la création d'emploi dans leur entreprise.

Et la lecture qu'ils font du contexte économique les incite à penser, beaucoup plus fortement qu'il y a quatre mois, que le niveau de la croissance est un frein à la création d'emplois (- 21 points de « propice » depuis mai).

Le regard des chefs d'entreprise sur la construction européenne reste circonspect :
Le rôle de la France dans l'Union européenne relancé par le traité simplifié

Les dirigeants de TPE et PME sont partagés sur la manière dont évolue le rôle de la France dans l'Union européenne, mais ils estiment dans l'ensemble que l'accord trouvé sur le Traité simplifié devrait renforcer ce rôle.

Les chefs d'entreprise estiment à part quasiment égale que le rôle de la France au sein de l'Union européenne se renforce ou s'affaiblit.

- Pour les patrons de TPE, c'est l'idée que ce rôle s'affaiblit qui domine légèrement (à 46%, tandis que 42% estiment qu'il se renforce et 7% répondent spontanément ne pas voir de changement)

- Tandis que les patrons de PME se montrent un peu plus positifs (45% pensent que ce rôle se renforce, 41% qu'il s'affaiblit, 10% qu'il n'a a pas de changement)

Toutefois, ils s'attendent à ce que l'accord sur le traité simplifié ait des répercussions positives sur cet aspect : 58% des dirigeants de TPE et 63% de ceux de PME pensent que cet accord renforcera la place de la France en Europe.

Les conséquences de l'intégration européenne
sur la vie économique française sont limitées aux yeux des chefs d'entreprise

Les chefs d'entreprise se montrent en effet plutôt positifs sur le Traité simplifié. En revanche, ils sont réservés sur les conséquences de ce Traité et plus globalement de l'intégration européenne pour la vie économique et les entreprises françaises.

Le jugement porté par les dirigeants sur le traité simplifié est globalement positif. Ainsi, ils estiment largement qu'il permettra de relancer la construction européenne (à 66% pour les TPE, 80% pour les PME).

Mais s'ils en attendent des conséquences positives sur la croissance à l'échelle européenne (55% pensent que ce Traité permettra de la relancer), ils se montrent sceptiques sur ses conséquences pour l'économie française :

- 47% pensent que ce Traité pourra relancer l'activité des entreprises françaises et 46% qu'il relancera la croissance en France, contre 48% qui ne partagent pas ces avis.

- L'industrie est particulièrement sceptique sur ce point : 31% seulement des chefs d'entreprise de ce secteur estiment que ce traité relancera l'activité des entreprises ou la croissance en France.

Et les dirigeants de TPE et PME se montrent dans l'ensemble peu enthousiastes sur les conséquences de l'intégration européenne pour les entreprises.

- Ils estiment majoritairement que les politiques européennes et l'appartenance de la France à l'Union n'ont pas vraiment eu de conséquences pour les entreprises comme la leur (52% des PME, 57% des TPE).

- Les dirigeants de TPE qui constatent des conséquences les estiment plutôt négatives (à 26% contre 15% positives) tandis que ceux de PME sont plus favorables (29% voient des conséquences positives, 18% négatives)

- Le scepticisme est particulièrement élevé dans le secteur de l'Hôtellerie / restauration, où le souvenir de la baisse impossible de la TVA reste douloureux.

Les TPE et petites PME ont encore du mal à se représenter l'Europe comme un grand marché.

- Un tiers seulement (32% des TPE, 38% des PME) estime que les pays de l'Union européenne forment un grand marché unique, au sein duquel il est presque aussi facile de faire des affaires que dans son propre pays,

- tandis que pour la majorité (57% des TPE et 55% des PME) il reste difficile de faire des affaires en dehors des frontières nationales.

Mais les entreprises de plus de 50 salariés, ainsi que les secteurs du commerce / réparation et de l'hôtellerie / restauration se sont appropriés le grand marché, et sont plus enclins que la moyenne à considérer qu'il est presque aussi facile de faire des affaires dans l'Union européenne que dans son propre pays.

Les mesures prises par l'Union européenne en faveur des PME sont très peu connues

Ce bilan réservé peut s'expliquer en partie par la très faible notoriété dont bénéficient les actions de l'Union européenne qui leur sont spécialement destinées auprès des patrons de PME.

L'existence de financement communautaires accessibles aux PME est un peu mieux connu : un dirigeant de PME sur deux a entendu parler (dont 26% voient ce dont il s'agit, et 26% en ont entendu parler sans voir très bien ce dont il s'agit), de même que 31% des dirigeants de TPE.

Les autres mesures prises par l'Union européenne sont connues au mieux un dirigeant sur quatre, et encore de façon floue.

- 28% des dirigeants savent qu'une Charte européenne des Petites entreprises a été adoptée (mais seuls 7% voient ce dont il s'agit)

- 26% savent qu'un représentant de l'Union européenne pour les PME a été nommé (dont 8% voient ce dont il s'agit)

- 22% ont entendu parler de l'application du principe « Penser aux PME d'abord » selon lequel toutes les nouvelles propositions législatives sont soumises à un examen de leur impact potentiel sur les PME

- Et enfin, seuls 11% des dirigeants connaissent – mais surtout de façon vague – le réseau SOLVIT, qui peut apporter son aide à une entreprise qui estime que la législation européenne n'est pas appliqué correctement.


Fiche technique : La 6e vague du baromètre a été réalisée du 3 au 10 septembre 2007 par téléphone auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d'entreprise croisée par le secteur d'activité, région). L'échantillon a été raisonné pour disposer d'environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d'assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité et du découpage géographique par région.


Plus d'informations :
Emmanuel Rivière / Mathilde Tommy-Martin
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 45 37 / 44 30
Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
Politique&Opinion@tns-sofres.com
Expertise sectorielle

Étude en souscription
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» Vague 5 (août 2007)
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