Le 6 janvier 2001 - Réalisée
à la fin du mois de décembre 2000, peu de temps après l'intervention
télévisée de Jacques Chirac sur les affaires, la dernière
vague du baromètre que réalise la Sofres pour le Figaro-Magazine
enregistre de faibles évolutions. En progression de trois points, la cote
de confiance du Président de la République redevient positive. Elle
ne porte donc que très peu les stigmates des révélations
sur les marchés publics en Ile de France, et retrouve même son niveau
de septembre, autrement dit avant la chute brutale (-11 points) enregistrée
après la diffusion de la cassette de Jean Claude Méry.
L'année
2000 restera celle des records de création
d'emploi, et ce baromètre en porte la trace.
Pour la première fois depuis au moins 10 ans,
la lutte contre la violence et la criminalité
(39%, +7 points) devance la lutte contre le chômage
(36%, -5 points) dans les priorités assignées
au gouvernement par les Français. Certes, cette
liste ne comporte que très peu de priorités
(en plus de ces deux, la hausse des prix, le pouvoir
d'achat et la paix sociale), mais la reprise de l'emploi
trouve ici sa traduction concrète, laissant
place à d'autres demandes de l'opinion.
Le
climat général, en ce début d'année,
est certes légèrement moins optimiste
qu'au printemps ou au mois de septembre 2000. Mais
avec 32% des personnes interrogées estimant
que la situation s'améliore (stable par rapport
à fin novembre) et 47% qu'elle se détériore
(+1), soit un indice de -15 (différence entre
les deux réponses), la situation est sensiblement
meilleure que celle de l'an dernier à la même
époque (indice -22).
Dans
ce contexte, la cote de confiance de Jacques Chirac,
en progression de 3 points (50% des personnes interrogées
lui font confiance, contre 47% fin novembre), redevient
positive et retrouve ainsi son niveau de la fin août
2000. Cela signifie que la chute brutale enregistrée
après les révélations vidéo
de Jean-Claude Méry est aujourd'hui en partie
effacée. En partie seulement. Car si entre
novembre et décembre sa popularité progresse
pour devenir largement positive chez ses soutiens
traditionnels ; 60% (+8 points) chez les personnes
âgées, 73% (+28 points) chez les artisans-commerçants)
et 75% (+7 points) chez les sympathisants de droite,
il en va autrement dans d'autres catégories
de la population. Les sympathisants de gauche tout
d'abord chez qui la défiance reste forte, seulement
35% lui accordant leur confiance, les professions
intermédiaires ensuite (38%, -12 points), les
ouvriers enfin (46%, -3 points). Dans ces catégories,
on peut penser que le témoignage de Jean Claude
Méry a d'abord servi de catalyseur à
une cristallisation de l'opinion, les révélations
sur les marchés publics franciliens qui ont
suivi ne permettant pas au Président de rétablir
aujourd'hui le consensus qui caractérisait
sa popularité au printemps 2000 et les années
précédentes.
Si
sa cote redevient donc positive, le Président
de la République ne retrouve pour autant ni
sont point le plus haut de l'an 2000 (57% en août),
ni a fortiori ses niveaux records du printemps 1999
(63% en avril) ou de l'été 1998 (59%
en juillet). En moyenne, sa cote de confiance en l'an
2000 (50,9%) est donc sensiblement inférieure
à celle de 1999 (54,3%) et de 1998 (52,3).
Sa plus mauvaise année depuis le début
de la cohabitation.
Le
Premier ministre, quant à lui, enregistre entre
novembre et décembre une baisse de 2 points
de sa cote de confiance, à 57% (contre 40%).
Même si l'écart entre sa popularité
et celle du Président se réduit (7 points
de confiance les séparent), celle-ci reste
particulièrement élevée pour
un Premier ministre après 3 ans et demi de
gouvernement. Alors qu'à l'exception des sympathisants
de droite le Premier ministre était majoritaire
dans l'ensemble des catégories de la population,
il enregistre toutefois, ce mois-ci, une baisse conséquente
de sa popularité chez les 18-24 ans (-16 points).
Ces derniers sont de ce fait les seuls à être
partagés sur la confiance à accorder
au Premier ministre : 48% contre 49%.
Marquée
par un automne particulièrement agité
(sa cote de confiance enregistre alors une baisse
de 10 points pour s'établir à 50%),
l'année 2000 restera pour le Premier ministre
comme la plus difficile depuis son arrivée
à Matignon. En moyenne, sa popularité
s'établit à 58,8% sur l'ensemble de
l'année, pour 63,8 en 1999, 63,3 en 1998 et
60,1 en 1997. Une tendance à la baisse donc,
mais un niveau qui reste particulièrement élevé
par rapport à ses prédécesseurs.
Les
personnalités de droite et de gauche terminent
cette année 2000 sans grande évolution
par rapport au mois de novembre. A droite, Simone
Veil reste toujours celle qui bénéficie
de la meilleure cote d'avenir (40%, stable). Philippe
Séguin, stable lui aussi, peine à s'imposer,
seulement 36% des personnes interrogées lui
accordant leur confiance. Il peut toutefois s'enorgueillir
d'obtenir les meilleurs jugements auprès des
sympathisants de droite (55%). Seul Alain Madelin
progresse sensiblement ce mois-ci tant auprès
de l'ensemble des Français (27%, +5) que des
sympathisants de droite (50%, +10), devenant ainsi
la seule personnalité de droite, avec le candidat
à la mairie de Paris, à bénéficier
d'un soutien majoritaire dans son propre camp. Car
dans le même temps, Charles Pasqua enregistre
à droite une baisse de 8 points, à 43%.
A gauche,
Lionel Jospin est toujours la personnalité
qui bénéficie de la meilleure cote d'avenir,
tant dans l'ensemble de la population (60%, stable)
qu'auprès des sympathisants de gauche (85%).
Si dans l'ensemble, les autres personnalités
de gauche et écologistes n'enregistrent que
de faibles évolutions, on doit noter les baisses
significatives d'Elisabeth Guigou (53%, -4 points
dans l'ensemble de la population et -8 à gauche),
Ségolène Royal (45%, respectivement
-4 et -6), Jean Pierre Chevènement (36% -4)
et Robert Hue (24%, -4 et -3). Martine Aubry, à
la suite de son départ du gouvernement, voit
sa popularité se stabiliser à 47%. Elle
apparaît désormais comme la personnalité
bénéficiant de la meilleure cote d'avenir
chez les sympathisants de gauche (71%) après
Lionel Jospin (85%), devançant ainsi Elisabeth
Guigou (69%) Jack Lang (63%) et Ségolène
Royal (61%).
Les
révélations sur les affaires des marchés
publics en Ile de France ne semblent pas, pour l'instant,
affecter les principaux partis politiques mis en cause.
Le Parti socialiste bénéficie toujours
de la meilleurs image, avec 56% de bonnes opinions
(contre 35%, -1 point), alors que le RPR enregistre
même la plus forte amélioration, certes
avec seulement 36% de bonnes opinions, mais c'est
6 points de plus qu'à la fin du mois de novembre.
Il en va de même pour l'UDF (35% de bonnes opinions,
+4 points). Les Verts bénéficie toujours
d'une majorité de jugements favorables (50%
contre 40%). En dépit des événements
organisés au siège du Parti, Place du
Colonel Fabien, le Parti Communiste enregistre ce
mois-ci, quant à lui, une dégradation
de son image. Il ne bénéficie plus que
de 28% d'opinions favorables (-3 points), contre 58%.
Il
en va de même pour le FN, qui avec seulement
7% de bonne opinion (contre 86%), et sans que l'actualité
ne puisse l'expliquer, atteint quasiment son plus
faible niveau historique (6%).
Stéphane Marcel
