Le
6 mars 2001 - A
l'approche d'élections municipales que tout
le monde s'accorde à regarder comme un test
d'ampleur nationale, les principaux indicateurs d'opinion
nationaux semblent peu troublés par les débats
en cours dans toutes les villes de France. Encore
qu'un examen approfondi laisse entrevoir au moins
un palier, au pire un fléchissement de certaines
positions gouvernementales. Sans que la droite en
profite réellement. Tels sont les principaux
enseignements du baromètre réalisé
tous les mois pour le compte du Figaro-Magazine.
Quelques
exemples : l'optimisme des Français est
d'une remarquable stabilité depuis décembre,
mais l'on perçoit mois après mois une
légère érosion : 32% des
Français pensent que la situation du pays s'améliore
et 51% qu'elle se dégrade, résultats
qui étaient encore à 32% contre 46%
en décembre. Sur les conflits sociaux, si le
climat semble s'apaiser depuis février, les
anticipations pessimistes n'ont pas encore rejoint
les niveaux précédant les menaces de
conflit avec les agriculteurs touchés par la
vache folle (61% contre 64% en février). De
même, la lutte contre le chômage menée
par le Gouvernement est jugée un peu moins
efficace qu'il y a un mois (39% contre 41%).
Au
surplus, les débats en cours localement sur
la sécurité, puisqu'il semble que ce
thème focalise l'attention un peu partout,
laissent des traces à l'échelle nationale :
la lutte contre la violence et la criminalité
progresse de 6 points supplémentaires parmi
les priorités attendues du Gouvernement. Un
regard rétrospectif depuis le début
de l'année 2000 suscite un véritable
vertige face aux évolutions respectives du
chômage et de l'insécurité :
considéré comme une priorité
par 58% en janvier 2000, le chômage ne l'est
plus aujourd'hui que par 35% ! Dans le même
temps, l'insécurité progresse de 21
points, de 25% à 46%, dans un jeu de compensation
qui explique sans doute une grande partie du mouvement.
Du
côté de l'exécutif, le différentiel
entre le Président et le Premier ministre reste
stable, toujours en défaveur du premier qui
perd un point de confiance depuis février (de
50% à 49%), tandis que le second en perd deux
(de 60% à 58%). Autant dire que l'actualité
récente (chutes de neige dans le sud-est de
la France, épizootie de fièvre aphteuse,
réfugiés kurdes.) n'a guère influé
sur l'image de l'exécutif, sans doute trop
à l'écart des débats politiques
liés aux municipales.
Les
évolutions les plus notables parmi les personnalités
concernent Philippe Séguin, de nouveau en recul
(-3 points), ce qui porte à -10 l'évolution
de sa cote d'avenir depuis janvier. Ses difficultés
à imposer sa campagne à Paris rejaillit
directement sur sa cote d'avenir nationale, en particulier
à droite où il perd 12 points depuis
janvier. Son ex-complice Charles Pasqua perd également
3 points. Quand à Raymond Barre, les Français
entérinent son retrait définitif de
la vie politique (-7). Les progrès à
droite sont à l'actif essentiellement d'Alain
Madelin (+2) et de Michèle Alliot-Marie (+2).
Alors
qu'aucune personnalité de droite - mise à
part Simone Veil - ne dépasse 30% de popularité,
seuls Dominique Strauss-Kahn, Robert Hue et Michel
Rocard sont en deçà de ce seuil parmi
les personnalités de gauche. Pour le premier,
qui vient de faire sa rentrée politique, le
gain de 1 point depuis février est modeste ;
pour le second, le niveau reste décevant.
Didier WITKOWSKI
