Le 6 mars 2001 - Pour
emporter Paris, le camp gagnant doit obtenir 82 des 163 sièges au Conseil
de Paris. Afin de mieux comprendre ce qui peut se passer, nous avons réalisé
deux projections, basées sur les résultats des enquêtes réalisées
pour le Figaro-Magazine par la SOFRES dans les 20 arrondissements
de la capitale.
Dans la
première projection, nous avons pris une hypothèse
basse pour la gauche , en ne retenant que les arrondissements
les plus susceptibles de basculer au vu des sondages publiés.
La gauche conserverait ainsi ses 6 arrondissements actuels
(3e, 10e, 11e,
18e, 19e et 20e),
s'imposerait dans les 1er, 4e,
9e, 13e et 14e,
mais ne conquérrait pas le 12e
(très incertain). Ses gains de sièges dans
les autres arrondissements, liés à la progression
globale de la gauche à Paris et à l'absence
de victoire de la droite au premier tour dans certains
arrondissements qui en étaient coutumiers, lui
permettraient toutefois d'atteindre le seuil de la majorité.
Ainsi, elle pourrait gagner un siège supplémentaire
dans les 5e, 7e,
8e, 17e et 19e,
et deux sièges dans le 15e.
Dans ce
cas de figure, la gauche l'emporterait avec une marge
étroite de 11 sièges d'avance sur la droite
(87 contre 76), en ne disposant de la majorité
que dans un peu plus de la moitié des arrondissements
(11). On voit donc que même une défaite de
la gauche dans le 12ème ne l'empêcherait
pas de l'emporter. Ce résultat serait appréciable
pour la gauche mais laisse encore un espoir à la
droite.
Dans le
deuxième cas de figure, hypothèse haute
qui verrait une véritable " vague rose "
déferler sur Paris, la gauche, en plus des gains
et progressions indiqués plus haut, remporterait
les 5e et 12e arrondissements.
Par ailleurs, elle gagnerait cette fois un siège
supplémentaire dans le 16e
et deux dans le 17e arrondissement.
Largement majoritaire, elle totaliserait dans ce cas de
figure 97 sièges et remporterait 13 arrondissements,
alors que les listes de droite compteraient 66 élus
au Conseil de Paris. Dans l'hypothèse encore plus
pessimiste de maintien des candidats de droite (triangulaires)
dans certains arrondissements, la droite, au regard des
intentions de vote, n'aurait plus aucun espoir de conserver
la capitale.
Ces projections soulignent à
quel point l'attitude des listes Séguin et Tibéri entre les deux
tours est fondamentale, mais montre surtout que même en cas de retrait,
la gauche est aujourd'hui aux portes de la mairie de Paris.
Philippe
MÉCHET