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Le 5 juillet 2002
- Première
mesure de l'opinion depuis les élections législatives,
le baromètre mensuel réalisé pour
Le Figaro Magazine met à l'épreuve
la nouvelle majorité politique et le couple exécutif.
Loin de bénéficier du traditionnel "état
de grâce", la popularité du président
de la République, Jacques Chirac, est en baisse.
Deux mois après sa réélection, son
indice de confiance affiche même un solde négatif.
La cote de Jean-Pierre Raffarin se maintient, elle, à
un niveau élevé quoique sensiblement inférieur
à la moyenne des opinions positives recueillies
par un Premier ministre lors de ses premiers mois à
Matignon. Conséquence directe de la nouvelle donne
politique : notre baromètre teste pour la première
fois à droite, les nouveaux ministres Luc Ferry,
François Fillon et Dominique Perben, et à
gauche, Bernard Kouchner, Bertrand Delanoë et Marie-George
Buffet. Enfin, la perception du climat général
reste globalement négative tandis que, dans cette
période post-électorale, la lutte contre
le chômage redevient progressivement l'une des préoccupations
majeures de l'opinion au côté de la lutte
contre l'insécurité.
Un couple
exécutif à la popularité dissociée
Le score
de Jacques Chirac au deuxième tour de l'élection
présidentielle et la victoire de sa formation,
l'UMP, aux élections législatives ne semblent
pas avoir eu de prise sur le cours de sa popularité
personnelle. Non seulement sa cote chute de 3 points mais
encore les Français sont, pour la première
fois depuis le mois d'avril, une majorité à
lui manifester leur défiance avec 51% d'opinions
négatives contre 47%.
La popularité
du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, n'atteint pas
non plus les sommets qu'ont pu connaître celles
d'anciens chefs de gouvernements lors de leurs prises
de fonctions (voir note du baromètre précédent).
Avec 58% de bonnes opinions contre 31%, il perd même
deux points et voit sa cote de défiance augmenter
de 7 points. On ne peut, pourtant, imputer cette baisse
à l'expression d'un mécontentement aussi
soudain qu'inattendu. L'explication réside plus
simplement dans l'exposition médiatique accrue
de Jean-Pierre Raffarin. Alors qu'il vient d'effectuer
sa déclaration de politique générale
devant l'Assemblée nationale, les Français
sont plus nombreux que lors de la vague précédente
à donner leur avis sur le Premier ministre. Le
taux de "sans opinion" le concernant est, ainsi, passé
de 16 à 11%. La popularité de Jean-Pierre
Raffarin s'appuie avant tout sur les clientèles
traditionnelles de la droite : les plus de 50 ans (61%
chez les 50-64 ans et 66% chez les plus de 65 ans), les
commerçants, artisans et chefs d'entreprise (69%)
ainsi que les cadres et professions intellectuelles (63%).
Malgré tout, il est toujours la personnalité
politique la plus appréciée de l'opinion
toutes tendances confondues.
De nouveaux
leaders politiques
A droite,
les ministres nouvellement testés - Luc Ferry (29%),
François Fillon (23%) et Dominique Perben (12%)
- font, à l'image de leur notoriété
personnelle, une entrée discrète dans le
palmarès. La cote d'avenir en plus forte progression
ce mois-ci est à mettre à l'actif de Jean-Louis
Debré qui, avec 29% d'opinions positives (+14),
engrange les bénéfices de son élection
à la présidence de l'Assemblée nationale
face à Edouard Balladur (21%, +4). Réélu
député mais marginalisé au sein de
son camp politique après son échec à
la présidentielle, Alain Madelin perd 6 points
à 26% de bonnes opinions.
Pour sa première
apparition dans notre baromètre, Bernard Kouchner
prend la tête des personnalités politiques
de gauche avec 51%. Parmi les autres entrées remarquées
figurent celle du maire de Paris, Bertrand Delanoë,
avec 38%, et de la secrétaire générale
du PCF, Marie-George Buffet qui, avec 31%, devance nettement
son président Robert Hue (18%, stable). Soit autant
de prétendants au leadership dans leurs partis
respectifs. La sanction n'a pas tardé pour les
deux grands perdants des élections législatives
qui occupaient encore à la veille de l'élection
présidentielle les premières places du classement
: les cotes d'avenir de Jean-Pierre Chevènement
et de Martine Aubry s'effondrent respectivement de 11
et 9 points, à 21 et 29%.
Du côté
des partis politiques, les écarts de popularité
observés jadis se resserrent. L'UDF connaît
un niveau d'appréciation inédit depuis août
1995 (45%, +3), et supplante le RPR (42%, -2). Mais le
PS reste le parti le plus apprécié des Français
avec les Verts (46% et -1 tous les deux) bien qu'il enregistre
son score le plus bas depuis mars 1997. Enfin, le PCF
gagne deux points (26%) malgré sa crise interne.
Une opinion
dans l'expectative
Passées
les deux importantes échéances électorales,
le pronostic de l'opinion sur le climat général,
loin de céder à l'euphorie, reste réservé.
Et si le taux d'opinions pessimistes tend à baisser
(59%, -2), il en va de même du taux d'opinions optimistes
(18%, -1). Une appréciation que corrobore l'augmentation
des pronostics sur la multiplication des conflits sociaux
(66%, +1) et du recours à la violence (47%, +5).
Parmi les priorités assignées au gouvernement
par les Français, la lutte contre l'insécurité
(41%, -5) n'éclipse plus la lutte contre le chômage
(34%, +2). Dans un contexte économique de nouveau
délicat, cette préoccupation est, en effet,
de plus en plus vive notamment chez les jeunes (39% chez
les 18-24 ans et 45% chez les 25-34 ans), les cadres (40%)
et les sympathisants de gauche (45%).
Georges BUISSON
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